JUSTICE. Une aide-soignante exclue pour refus d'administration de laxatifs aux résidents d'un EHPAD

Le Tribunal Administratif de Rennes donne raison au directeur de l'EHPAD "Le Laurier vert" à la Gacilly (Morbihan). Il avait décidé en septembre 2021 d'exclure pendant deux mois une des aide-soignante de son établissement. Motif : le refus d'administrer des laxatifs à des résidents comme l'avaient prescrit les infirmiers de l'établissement.

En Septembre 2021, Christelle X avait été exclue pendant deux mois de l'EPHAD "Le laurier vert" à La Gacilly (Morbihan) où elle travaillait comme aide-soignante. Motif de la direction : La non-distribution de laxatifs alors que les infirmiers les avaient prescrits pour certains résidents.

Refus de donner des médicaments et un comportement inadapté

D'autre part, certains de ses collègues avaient rapporté un "comportement inadapté" de l'aide-soignante. Des infirmiers notamment qui évoquent une scène qu'ils jugent "dégradante" quand Christelle X refuse d'accompagner aux toilettes une résidente âgée en lui disant "qu'elle n'avait qu'à se soulager dans sa protection."

D'autres collègues de l'aide-soignante évoquent le fait qu'elle ne suivait pas non plus les prescriptions infirmières en déplorant qu'elle laisse aux résidents "une autonomie non compatible avec leurs capacités."

Des prises de décision individuelle récurrentes qui selon le directeur ont été de nature à désorganiser l'EHPAD.

Choquée par le décès d'une résidente qu'elle manipulait seule

Pour faire annuler son exclusion qu'elle jugeait "disproportionnée", l'aide-soignante avait saisi le tribunal administratif de Rennes. Et pour sa défense, Christelle X avait avancé deux faits. Le premier en ayant subi le décès en octobre 2020 d'une patiente qu'elle manipulait seule sans aide alors que "la consigne prévoyait deux personnes pour effectuer cette manœuvre" se défend-elle. Le second au sujet d'une agression dont elle avait été victime en mai 2021.

De son côté, le tribunal administratif de Rennes a pris en compte le fait que Christelle X était considérée comme une salariée "disponible", "de bonne foi" et qu'elle avait bien subi un "traumatisme" lié à l'accident d'octobre 2020. Néanmoins, il estime que les faits reprochés sont de nature "à justifier une sanction disciplinaire." quand bien même "aucune "conséquence médicale" pour les résidents n'a été constatée.

Le juge a confirmé la sanction d'exclusion et a condamné Christelle X à payer 500 euros à l'EPHAD pour ses frais de justice.

Avec PressPepper.