Le combat d'une maire contre le tracé d’un sentier côtier menaçant la biodiversité

Dans le Morbihan, Dominique Ollivier-Frankel, maire de Landaul, soutenue par un collectif et Bretagne vivante, s’oppose à l'aménagement d’un chemin côtier le long de la Ria d'Etel. Selon eux, ce chantier est incompatible avec la biodiversité. Les travaux d’aménagement, qui devaient débuter ce 11 septembre 2023, n’ont toujours pas commencé.

Le chantier du sentier côtier le long de la ria d’Etel, à Landaul, verra-t-il le jour ? L'aménagement d'un chemin côtier le long de la Ria d'Etel suscite bien des oppositions de la part d'élus et de riverains. 

En vertu de la loi de 1976, qui institue des servitudes de passage pour les piétons le long du littoral, l'Etat par l'intermédiaire de la Direction départementale des territoires et de la mer, a lancé un programme de travaux il y a une dizaine d'années. Un tracé du futur sentier a donc été dessiné par l'administration en 2014.

Cependant, les études menées par les services de l'Etat ne parviennent pas aujourd'hui à convaincre les élus des communes concernées que sont Landaul, Landévant et Locoal-Mendon. Car selon ce tracé, le sentier côtier pourrait porter atteinte à la biodiversité. "L'étude d'impact faite en 2013-2014 par un cabinet angevin n'a pas associé les associations environnementales locales.

Seulement voilà, ce tracé a bien fait l'objet d'une enquête publique en 2015, d'une réunion publique le 22 septembre de la même année, avant d'être avalisé en 2019 par le conseil municipal sous la dernière mandature. Si le permis d’aménager autorisait le début des travaux le 11 septembre, rien n’a été entamé depuis.

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Un havre de paix pour les loutres 

Pour Dominique Ollivier-Frankell, la maire de Landaul, il n'est pas question d'accepter ce nouveau sentier qui passerait au plus près de la ria, dans une zone protégée et riche de nombreuses espèces animales. "Tous ces sentiers sont vraiment au bord à trois mètres du rivage", explique l'élu. "On veut bien un sentier, on veut bien accueillir des populations car on veut bien partager ce petit joyau que l’on, mais pas n’importe comment et pas à n'importe quel prix !"

Car Landaul est située au fond de la ria d'Etel, une zone sauvage classée natura 2000. On y trouve notamment des loutres. "Nous, on pense que cela va être néfaste à la loutre", confie Jimmy Lothoré, membre du collectif Landaul-Landévant pour la protection de la loutre et la biodiversité. 

Concernant les centaines d'oiseaux de 25 espèces différentes qui fréquentent la ria, ils pourraient ne plus trouver ici de bonnes conditions d'existence. Les membres du collectif Loutre Landévant-Landaul estiment en effet que le tracé actuel aura une action irréversible sur la biodiversité. "Les effets néfastes des travaux comme ceux du passage des randonneurs seront irréversibles." 

Un tracé alternatif proposé

La mairie et les associations de protection de l'environnement ont donc proposé d'autres solutions à l'État, notamment un tracé moins coûteux. "Nous, on a des alternatives qui sont d'utiliser des chemins ruraux ou des chemins d'exploitations agricoles qui vont pour la plupart jusqu'au bord de l'eau qui sont piétonniers sans problème," détaille Jimmy Lothoré. 

À ce propos, la maire de Landaul a donc rencontré le préfet, le sous-préfet ainsi que les agents de la DDTM. Quelques aménagements ont été acceptés, mais pour la maire qui a l'intention de se battre jusqu'au bout, ils restent insuffisants. "Venu sur place, le préfet a renoncé aux travaux sur deux zones, mais le compte n'y est pas. Plusieurs secteurs sensibles sont encore en danger", expliquent les membres du collectif. "Des recours ont été faits devant le tribunal administratif tant sur le tracé que sur les travaux, mais ils ne sont pas suspensifs".

L'association Bretagne Vivante, qui n'avait pas été consultée, a également adressé à la mairie et aux services de l'État un rapport de 16 pages.

Les travaux, qui auraient dû commencer lundi, n'ont toujours pas débuté. Quant aux services de l'État que nous avons sollicités, ils n’ont pas souhaité donner suite à notre demande d'interview.

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