1 500 personnes à Pontivy pour défendre l’hôpital. En Centre-Bretagne, "on a le droit d’être soignés comme tout le monde"

Le collectif de défense de l’hôpital Centre-Bretagne (CHCB) organisait sa première manifestation ce 20 janvier. Quelques 1 500 personnes sont venues battre le pavé de Pontivy. Alors que le service des urgences est régulé la nuit, que les médecins quittent l’établissement, les manifestants réclament le droit d’être soignés, comme tout le monde.

"On essaye de sauver notre hôpital parce que ça fait des années qu’on nous balade. On ferme des lits, les médecins s’en vont. Qu’est-ce qu’il va rester ?" s’indigne Patrick.

Pour sa première manifestation, le collectif de défense de l’hôpital Centre-Bretagne a fait le plein.

Au moins 1 500 personnes se sont déplacées malgré le froid. "C’est une situation qui inquiète les habitants, explique Laurence Lorans, porte-parole du collectif. Les gens voient que le personnel soignant a des difficultés à exercer son métier."

Des départs en cascade

En décembre, trois médecins, dont le chef des services d’urgence ont démissionné de l’hôpital. Trois départs qui s’ajoutent à la dizaine de postes vacants. "Certains quittent l'hôpital en culpabilisant de ne pas avoir pu bien faire, d'autres vont jusqu'au Burn Out, tous expriment leur souffrance au travail", déplore le secrétaire de la CGT de l'hôpital.

Depuis la mise en oeuvre de la loi Rist qui plafonne les tarifs des remplacements, l’hôpital ne parvient plus à recruter. 

Lors de sa prise de parole, la députée Renaissance Nicole Le Peih a été copieusement sifflée. Le nombre de médecins ne cesse de diminuer et le gouvernement continue de réduire le budget de la santé dénoncent les manifestants. 

Moins de personnel, moins de lits. Moins de lits, moins de soins !


"Comme il n’y a pas assez de personnel, on ferme des lits, et comme il n’y a plus de lits, les gens attendent des heures et des heures aux urgences. Ce n’est pas possible," dénonce Christine.

Résultat, des patients s’énervent. En décembre, des soignants ont été agressés. Et la situation ne cesse de s’aggraver. La deuxième ligne du SMUR a été fermée. Depuis le mois de mai 2023, le service des urgences est régulé la nuit, parfois même aussi la journée. Le Plan blanc ( qui permet de mobiliser du personnel ) a été déclenché en novembre. 

"On a besoin d’un hôpital ici" affirme Monique, venue de Guéméné sur Scorff. "C’est un droit, comme l’école. Nos anciens se sont battus pour cela."

 "A Pontivy, on a le droit d’être soignés comme partout ailleurs, insiste Laurence Lorans. Le bassin de vie compte 130 000 habitants, et c’est une population qui vieillit qui a donc besoin d’une médecine de proximité qui lui permette de se soigner correctement. "

(avec Nicolas Corbard)