"Les cuisiniers solidaires", lauréat des 14e Trophées bretons du développement durable dans la catégorie "Ensemble"

La remise des Trophées bretons s'est déroulée ce mardi 22 septembre, à distance, pour cause d’épidémie de Covid. Primés dans la catégorie "Ensemble" Vannes, les Cuisiniers Solidaires militent depuis 2015 contre le gaspillage alimentaire tout en favorisant les rencontres et le lien social. 
Les cuisiniers solidaires un soir de réveillon.
Les cuisiniers solidaires un soir de réveillon. © Cuisiniers solidaires
Au tout début, se souvient Akim Khounchef, le fondateur des "Cuisiniers Solidaires", il a d’abord été question de gaspillage et de cuisine : "C’était au mois de décembre 2014, il faisait froid, je suis allé voir un commerçant du centre commercial et lui ai demandé ce qu’il faisait des légumes qu’il ne vendait pas. J’avais mon petit réchaud, avec j’ai cuisiné un potage que j’ai distribué devant son magasin".  Et puis est venu le temps des rencontres, du partage : "On a fait ça les samedis, de temps en temps. Les gens passaient, s’arrêtaient, ont proposé leur aide pour éplucher les légumes, c’est comme ça que tout a commencé."

Depuis, l’association en a parcouru du chemin, multipliant les actions dans les quartiers, dans les écoles, des entreprises, invitée dans des manifestations culturelles, citoyennes. Les lieux, les rencontres sont à chaque fois différents, mais la recette varie peu et elle a fait ses preuves. 
 

Cuisiner pour passer de bons moments ensemble


Là où l'association intervient, chacun est invité à vider les fonds de son réfrigérateur. "Les cuisiniers solidaires" assurent toute la partie logistique et peuvent apporter avec eux tout un stock de produits invendus récupérés auprès de leurs désormais nombreux fournisseurs : la Banque alimentaire, des producteurs locaux, des commerçants. Ensuite, tout le monde se met autour de la table de travail. Et immanquablement, l’expérience se finit par un grand repas. Apprendre à mieux se connaître, retisser du lien social, c’est un autre objectif de l’association. 

"Le but, c’est de faire la cuisine ensemble. On se mélange, on échange nos recettes, j’apprends des autres et les autres apprennent de moi. Avec les mêmes produits, les mêmes aliments, on va tous avoir des idées différentes" , confie Akim Khounchef.
 

"Les cuisiniers solidaires" sur tous les fronts


Bien sûr, avec l’épidémie de la Covid, il a fallu quelque peu modifier certaines habitudes. S’adapter à la situation. Mais pas question pour autant de cesser toute activité. "Les cuisiniers solidaires" ne manquent ni d’énergie ni d’imagination : 

          - Organisation de goûters solidaires et anti-gaspi à la sortie des écoles en lien avec les parents d’élèves. 

          - Glanage de légumes des producteurs locaux. 

          - Cueillettes de mûres - "il y en a eu beaucoup cette année", constate Akim Khounchef -, pour la préparation et la distribution de confitures maison. Création d’un jardin partagé au sein des jardins familiaux de la ville de Vannes, une nouvelle source d’approvisionnement.

          - Distribution de paniers "coup de main" au profit des personnes les plus en difficulté : "Des auto-entrepreneurs, des artistes, des gens qui, à cause de la Covid, n’ont pas pu beaucoup travailler et se retrouvent dans la panade. Ce sont eux qui viennent faire les paniers avec nous, de quoi manger pendant quinze jours. Là encore, cela permet les rencontres", précise Akim Khounchef.
 

2 000 paniers distribués depuis le confinement


Parmi les personnes qui ont bénéficié de cette aide, Sila Herrera, est venue encadrer des enfants du quartier de Ménimur au sein d’un atelier intitulé "Dessine-moi mon quartier". Ensemble, ils ont réalisé une fresque de 18 mètres qui sera exposée dans la ville (laquelle, ce n’est précisé nulle part où cela se passe). Des bénévoles des Cuisiniers Solidaires s’étaient joints à eux, et chaque séance de travail s’est terminée… par un goûter !

Quoiqu'il arrive, "les cuisiniers solidaires" ne manquent jamais une occasion pour partager de bons moments ensemble, de préférence, autour d’une bonne table. Et bientôt même, chez eux. L’association prévoit en effet d’ouvrir d’ici la fin de l’année son restaurant, anti-gaspi et solidaire, avec à la clef la création de deux emplois qui viendront s’ajouter aux deux déjà existants. 
 
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