VIDÉO. La question pas si bête. Faut-il limiter la fréquentation du golfe du Morbihan en haute saison ?

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Le reportage de Séverine Breton et Karine Hannedouche ©France 3 Bretagne

La belle saison arrive et les touristes aussi. Dans le Morbihan, alors que la semaine du Golfe 2023 s'apprête à accueillir une multitude de vieux gréements, de très nombreux spectateurs et touristes sont attendus dans le département breton. Les vacances d'été et son flot de visiteurs vont suivre. Quid de l'impact de cette sur-fréquentation touristique dans le golfe et sur les îles.

Plages, chemins de randonnée, paysages à couper le souffle... Le golfe du Morbihan a de quoi séduire et les nombreux vacanciers qui débarquent chaque année le lui rendent bien. 

Il n’existe pas vraiment de définition du surtourisme. Il n'y a pas de chiffres, de seuil au-delà duquel les lieux et les hommes commencent à souffrir… Mais si les pierres de Carnac pouvaient parler, elles diraient sans doute les indélicats qui piétinent, escaladent…

Dans les années 90, pour protéger les menhirs, il a fallu les enfermer derrière un grillage. Faudra-t-il enfermer, quadriller, limiter la fréquentation touristique dans notre région ? 

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De 600 habitants à 6 000 visiteurs

En mai, le bateau vers l’île-aux-Moines déverse son flot de touristes toutes les 30 minutes. Si l’hiver, l’île abrite 630 habitants, l’été, elle accueille parfois plus de 6 000 visiteurs. Belle-île, Groix... toutes les îles bretonnes sont dans le même cas de figure. C'est une aubaine pour le commerce mais pas forcément pour les résidents. 

Quelques minutes au volant en compagnie de Philippe Le Bérigot, maire de l'île-aux-Moines, suffisent pour s’en convaincre. Dans sa voiture, une des rares de l'île aux moines, le maire doit s'armer de patience pour traverser le bourg. Dur dur de slalommer entre les touristes déambulant à leur rythme.  "Même sil n'y a pas grand monde aujourd'hui, décrit-il, on se rend compte de la problématique exponentielle que l'on rencontre en juillet août. Nous avons la seule route départementale avec autant de piétons et si peu de voitures.

Impacts dus à l'environnement 

L’île compte aujourd’hui 300 maisons et 900 résidences secondaires. Elle a la chance d’être reliée au continent pour son eau, son électricité. Mais la venue de milliers de touristes a un impact sur son environnement, la faune et la flore. Il faut parfois guider leurs pas avec des barrières, restreindre les déplacements. 

À l'horizon, le spectre de l'expérience Belle-île qui grande vainqueur du plus beau GR de France, a décidé de bouder la remise de prix pour éviter de faire encore plus de publicité et attirer encore plus de touristes... 

Quid de la fréquentation réelle 

L’an dernier, la commune a installé des compteurs pour avoir des chiffres sur la fréquentation réelle de l’île. Car le tourisme, c’est un peu comme avec la météo… il y a la température et le ressenti. Il faut trouver un équilibre. Trop de visiteurs, c’est le risque d’avoir des iliens et des touristes mécontents, pas assez, c’est la vie sur l’île qui serait menacée. 

"Nous n'aurions pas un médecin, un pharmacien toute l'année, avance le maire. Ni de bureau de poste ou de DAB, parce qu'en hiver on a que 300 habitants.

Ici et là, dans le monde, comme dans les Calanques de Marseille, des sites ont commencé à instaurer des jauges pour limiter les accès à certains lieux. Un jour, peut-être, il faudra réserver pour se promener dans le golfe du Morbihan. Un moindre mal pour profiter de sa magie sans l’abîmer. 

(Avec Séverine Breton)

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