Régionales : la Bretagne, une exception ?

© Jean-François Monier / AFP
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Ce premier tour des élections régionales 2015, permet-il de parler d'"exception bretonne" ? Romain Pasquier, politologue, nous éclaire sur le sujet.

Par Baptiste Galmiche

La Bretagne fait partie des deux régions dans lesquelles le PS est arrivé en tête au premier tour. Peut-on parler d'une exception bretonne concernant les résultats ? Comment se positionne la Bretagne par rapport au reste de la France ? Comparaison des résultats du premier tour des élections de 2010 et de 2015.

Un vote socialiste



Les Bretons sont décidément plus socialistes que la moyenne nationale. En 2010, l'écart de voix entre la Bretagne et la moyenne nationale était d'environ 8 points ; il est monté à 11,49 points en 2015. De la même manière, les Bretons votent moins pour le parti "Les Républicains" que la moyenne nationale. L'écart est passé de 2,29 points à 3,79 points (+1,5 point).

Pour le politologue Romain Pasquier, plusieurs facteurs justifient cet écart. "Il y a d'abord la personnalité de Jean-Yves Le Drian qui est depuis longtemps un personnage politique fort. Une personnalité qui s'est davantage encore imposée en 2015 en raison du contexte géopolitique troublé."

Autre fait marquant : les Bretons ont plus voté Front national en 2015 qu'en 2010 (+ 12 points). Cependant, cette hausse s'est faite moins rapidement qu'au niveau national (+ 16 points). "Les conditions socio-économiques ne sont pas les mêmes que dans le reste de la France. Il faut également noter que l'immigration est moins importante en Bretagne."

Le vote régionaliste en Bretagne



Lors des élections régionales de 2015, quatre régions ont présenté des listes régionalistes : l'Alsace, la Bretagne, la Corse et les Pays-de-la-Loire. Avec 7,25 % de suffrages exprimés, les deux listes régionalistes bretonnes arrivent en deuxième position, loin derrière la Corse et ses 27,92 %. Elles sont devant l'Alsace (+ 2,51 points) et les Pays-de-la-Loire (+ 5,98 points).

Pour le politologue Romain Pasquier, "du point de vue des objectifs que le parti s'était fixés, ce résultat est faible. Ils ne passent pas au second tour, car ils n'obtiennent pas les 10 % nécessaires. Et comme ils ne fusionnent pas, ils n'auront aucun représentant." Cependant, en valeur absolue, le score est fort. Romain Pasquier y voit plusieurs raisons : "Déjà, il faut souligner que ce vote se concentre surtout en centre Bretagne. Plus on va vers l'Est, moins les régionalistes obtiennent de voix.​" De fait, le parti de Christian Troadec obtient 10,6 % dans le Finistère, et largement moins de 10 % dans les autres départements. "Il ne faut pas oublier non plus le mouvement des Bonnets rouges qui a beaucoup joué dans ce scrutin", ajoute le politologue.

L'exception bretonne se confirme lors des Régionales de 2015. La personnalité de Jean-Yves Le Drian y contribue beaucoup. "La Bretagne est un bastion du Parti socialiste depuis quinze ans", conclut Romain Pasquier.

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