Emmanuel Macron face aux problèmes "du quotidien" lors de sa visite dans le Cher

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Écrit par Bertrand Mallen
Emmanuel Macron sera à Bourges et Vierzon ce 7 décembre
Emmanuel Macron sera à Bourges et Vierzon ce 7 décembre © SÉBASTIEN MUYLAERT / MAXPPP

Le président de la République s'est rendu à Vierzon puis Bourges ce mardi 7 décembre, avant de se rendre à Châteaumeillant. Au cours de cette visite dans le département du Cher, il a évoqué l'action Cœur de ville, mais aussi les problèmes du quotidien des habitants de ces communes rurales.

Les villes moyennes et les ruralités sont à l'honneur de l'agenda présidentiel ce mardi 7 décembre. Pour la première fois de son mandat, Emmanuel Macron se rend dans le Cher, d'abord à Vierzon, puis à Bourges et Châteaumeillant, avant de prendre la route de l'Allier le lendemain. Le chef de l'État va rester éloigné de l'Élysée jusqu'au soir du 8 décembre à l'occasion de ce que son entourage appelle une "immersion" dans le quotidien des Français ruraux.

T'as voulu voir Vierzon

Le premier objectif de cette visite a été de faire le point sur le plan national "Action Coeur de ville" entamé en 2018 au profit des centres-villes des communes moyennes comme Vierzon. Sur place, Emmanuel Macron a été accueilli par le maire Nicolas Sansu (PCF), qui a pu s'appuyer au cours des années sur le Programme national de revitalisation urbaine, puis sur l'Action Cœur de ville, pour financer "de très gros projets qu'on n'aurait jamais pu financer autrement", comme il l'expliquait l'an passé à France 3. Des projets comme le B3, un ancien bâtiment industriel et futur campus numérique devenu le "vaisseau amiral de la reconquête du centre-ville".

L'Action Cœur de Ville a "permis de mettre en commun tous les dispositifs pour revitaliser le cœur de ville" insistait le maire de Vierzon sur France Bleu le matin même. "Quand le cœur bat, les muscles et les organes vont bien. N'oublions jamais que si le cœur ne bat pas, une ville va mourir". De fait,le maire affirme avoir "reconquis une trentaine de commerces en cœur de ville en trois ou quatre ans".

L'Action Cœur de ville à l'honneur

Mais d'autres thématiques suscitent l'inquiétude des élus, comme le manque de moyens alloués aux collectivités locales. "Nos collectivités sont malmenées avec des budgets qui se réduisent à peau de chagrin. Il va falloir un rééquilibrage. On a perdu plus de deux millions d'euros, c'est 7 à 8% du budget de fonctionnement", insiste Nicolas Sansu au micro de France Bleu.

Le long de l'artère principale de la commune de 25 000 habitants, le président de la République a échangé avec les habitants et les commerçants qui l'ont interpellé sur le maintien des services publics, les déserts médicaux ou encore la faiblesse de certaines retraites. "C'est des petites retraites qu'on a tous", a lancé un ancien agent d'entretien, en affirmant toucher 800 euros par mois. "On a revalorisé le minimum vieillesse", a assuré le président. 

À Bourges, les problématiques de l'insertion sociale et de l'aide à domicile

À midi, le chef de l'État a fait halte au relais routier de Bourges, qui se présente comme "l'endroit idéal pour vous détendre sur votre route".  À son arrivée, plutôt discrète, les clients ont continué à manger tranquillement, sans guère lui prêter attention. Une fois dans la capitale berrichonne, le chef de l'État s'est entretenu avec des auxiliaires de vie sociale pour échanger sur leurs conditions de travail et de vie. Un échange qui a eu lieu à l'Entraide 18, un Groupe d'économie sociale et solidaire (GESS) de 300 salariés né du regroupement de plusieurs associations consacrées à l'aide à domicile et de l'insertion sociale, notamment. 

"Je vois dans cette visite une reconnaissance du travail effectué ici", note le président d'Entraide 18, François Deschamps. Pour autant, il espère pouvoir évoquer avec le chef de l'État les problématiques du secteur, notamment la revalorisation des frais kilométriques des aides à domicile, bloquées à 35 centimes par kilomètres depuis des années.

Il souhaitait aussi attirer l'attention sur les problématiques de recrutement et de formation des salariés: "C'est un métier qui plaît, un beau métier, mais qui n'est pas simple. Avec l'ancienne grille de salaire, qui a été supprimée par le Grenelle de la santé, un jeune qui rentrait dans le métier à vingt ans voyait sa rémunération évoluer très peu même en prenant de l'expérience."

En fin de journée, Emmanuel Macron s'est enfin rendu à Châteaumeillant pour assister au dernier conseil municipal de l'année, une commune choisie car elle fait partie des bénéficiaires du "programme 'petites villes de demain', qui accompagne la revitalisation des petites villes", précise un communiqué de la présidence.

A cinq mois de l'élection présidentielle, cette visite en forme de bilan de l'action gouvernementale a déjà des accents de campagne pour celui qui n'est pas encore officiellement candidat.  A un journaliste lui demandant, à Vierzon, s'il était en campagne, Emmanuel Macron a répondu: "Je me déplace depuis quatre ans et demi, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire !

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