Cher : la tension monte entre des viticulteurs du Sancerrois et la chambre d’agriculture sur un projet d’aire de lavage

Ce jeudi 11 juin, une quarantaine de viticulteurs de la région de Sancerre a manifesté devant la chambre d’agriculture du Cher, à Saint-Doulchard. Ils jugent les aides débloquées par l’État insuffisantes pour leur projet d’aire de lavage de pulvérisateurs viticoles.

Le but de cette aire de lavage : le traitement des effluents phytosanitaires issus du nettoyage des engins.
Le but de cette aire de lavage : le traitement des effluents phytosanitaires issus du nettoyage des engins. © Collection Watier / MaxPPP

Du petit lait déversé au pied du bâtiment de la Maison de l’agriculture. Un geste symbolique pour montrer leur colère. Ce jeudi 11 juin, une quarantaine de viticulteurs du Sancerrois a mené une action collective devant la Maison de l’agriculture à Saint-Doulchard (Cher) pour manifester leur mécontentement face aux subventions à leur projet de station de lavage de pulvérisateur, qu’ils jugent insuffisantes. Destiné aux traitements des effluents, ce projet doit venir répondre aux nouvelles normes environnementales.

"C’est lassant, frustrant, et incompréhensible"

Réunis sous le nom du Syndicat de l’aire de lavage du Grand Sud Sancerrois, ces vignerons de Bué, Sancerre, Vinon, Crézancy-en-Sancerre ou encore Thauvenay estiment le coût de ce projet à 500 000 euros. “Pour le moment, seule la région a compris l’intérêt et les enjeux de ce dossier puisqu’elle doit nous apporter 120 000 euros, soit 14 % du budget, dans le cadre du PCAE (N.D.R.L. plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles), explique Anthony Girault, viticulteur à Bué et co-président du syndicat.

Les viticulteurs pointent du doigt la responsabilité de la chambre d’agriculture du Cher en lui reprochant de ne pas avoir défendu leur dossier auprès de l'Agence de l'Eau Loire Bretagne. “En Bourgogne, il existe une dizaine d’aires de lavage financées entre 60 et 80 %”, compare Nicolas Millet, co-président du syndicat. “Ici, on n’a pas voulu être trop gourmands, on demande à être financés à hauteur de 40 %.”

Depuis deux ans, le syndicat a fait le choix de travailler avec la chambre d’agriculture de la Côte d’Or pour bénéficier de leur “expertise”. “Éthiquement, ce n'est pas très logique, mais on se heurte à une porte fermée de la part de la chambre d’agriculture du Cher depuis cinq ans. C’est lassant, frustrant, et incompréhensible.”

"Faire porter la responsabilité à la chambre d‘agriculture est une erreur"

Pour le président de la chambre d’agriculture du Cher, Etienne Gangneron, les viticulteurs se trompent de cible. “Faire porter la responsabilité à la chambre d‘agriculture est une erreur”, estime celui qui n'a pas digéré ces “attaques” devant la Maison de l'agriculture ce jeudi 11 mai.

Ce dossier, bien qu’il soit important et intéressant, n’est pas éligible et finançable par le dispositif de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne. On le sait depuis longtemps et on essaie de trouver des solutions. Etienne Gangneron, président de la chambre d'agriculture du Cher.

Par ailleurs, le patron de la chambre d'agriculture du Cher affirme que le projet du Syndicat de l’aire de lavage du Grand Sud Sancerrois et ceux mis en place en Côte d'Or ne sont pas comparables : “ce n’est pas la même région, ni la même agence de l’eau, qui elle est très riche grâce à toutes les redevances liées à l'industrie de la Vallée du Rhône. Ici, on est la plus grande région avec le moins de financements.”

Après leur passage devant la Maison de l’agriculture, les viticulteurs du Sancerrois sont allés déposer des bidons vides de produits phytosanitaires devant la préfecture du Cher, où une délégation a été reçu pour porter leur dossier devant les services de l’État.

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