En région Centre-Val de Loire, les espaces de coworking veulent croire en l’avenir

Lieux de brassage et de rencontre, les espaces de coworking vivent au rythme des annonces gouvernementales. Après une année 2020 difficile, ils espèrent que le développement du télétravail dynamisera leur activité.

Selon le Synaphe (Syndicat national des professionnels de l'hébergement d'entreprises), la région Centre-Val de Loire compte une cinquantaine d'espaces de coworking. Photo d'illustration.
Selon le Synaphe (Syndicat national des professionnels de l'hébergement d'entreprises), la région Centre-Val de Loire compte une cinquantaine d'espaces de coworking. Photo d'illustration. © PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

"Ça fait quatorze mois qu’on navigue à vue", résume Sabine-Rose Aronsfrau-Moreau, fondatrice de l’Espace by Maaars. Elle fait partie de la cinquantaine d'espaces de coworking présents en région Centre. À chaque décision gouvernementale, la cheffe d’entreprise, installée à Châteaudun (Eure-et-Loir), a dû revoir l’agencement de ses bureaux. Sa salle qui fait 70 mètres carrés peut accueillir aujourd’hui huit personnes au lieu de vingt-cinq habituellement.

Ce quotidien, devenu chaotique, change la philosophie et l’ambiance du lieu. Avant, elle organisait régulièrement des petits déjeuners ou des apéros. "C’est beaucoup moins convivial", regrette-t-elle.

Le réel avantage d’un tiers-lieux, c’est de créer des synergies professionnelles, de faire en sorte que les gens discutent de leurs réussites ou de leurs problématiques. Aujourd’hui, ces échanges sont réduits au strict minimum.

Sabine-Rose Aronsfrau-Moreau, fondatrice de "l’Espace by Maaars", à Châteaudun (Eure-et-Loir)

Finies les conversations autour de la machine à café. Au HQ Tours, créé en 2017, on a remplacé ce moment convivial. "On a une plateforme en ligne Slack qui nous permet d’animer notre communauté d’utilisateurs. Ils peuvent discuter sur des forums ou des chats privés", raconte Julien Dargaisse, son président.

Moins de rentrée d’argent, plus de dépenses

Fermés au printemps 2020, ouverts sous certaines conditions à l’automne 2020, l'affluence de ces espaces de coworking est en dents de scie. Et le bilan financier en a pâti. Espace&Co, installée à Orléans (Loiret) pendant cinq ans a fermé ses portes le 31 décembre 2020. "Les confinements successifs et le manque de fréquentation ont eu raison de notre trésorerie", écrivent les dirigeants sur leur site internet.

Sabine-Rose Aronsfrau-Moreau ne donne pas de chiffre, mais "on a moins de rentrées d’argent et on dépense beaucoup plus", calcule-t-elle. Car il faut acheter le gel hydroalcoolique, les masques, les serviettes en papier, etc. Pour l’espace tourangeau, c’est moins 30 000 euros en 2020. Les pertes sont limitées grâce aux résidents, des entrepreneurs abonnés à l’année. "Ça nous a sauvé", confirme Julien Dargaisse. "Je n’ai absolument pas à me plaindre", reconnait, pour sa part, Benjamin Cheminat, le dirigeant de l’atelier Moule à Gaufres, basé à Orléans, qui pense même à ouvrir un second espace de coworking.

Privilégier le télétravail dans un espace de coworking

Malgré les difficultés, nos interlocuteurs veulent croire en l’avenir. Parce que le marché du travail se transforme. De plus en plus d’entreprises les contactent pour connaître les modalités de mise à disposition de bureaux. Les entreprises veulent se débarrasser de leurs locaux, désormais vus comme un poids financier, qui n’accueilleront plus autant de salariés qu’avant. Le télétravail est passé par là.

"Toutes les études que l’on a montrent qu'il va s’installer durablement dans notre pays", annonce Julien Dargaisse qui est par ailleurs délégué régional du Synaphe, le Syndicat national des professionnels de l’hébergement d’entreprises. Il mise sur le développement du travail à distance, non pas à la maison mais dans un tiers-lieux.

Dans un espace de coworking, on n’est pas chez nous. On va bénéficier d’une ambiance studieuse, de l’absence de gêne dû à l’environnement de la maison.

Benjamin Michenat, dirigeant de "Moule à Gaufres", à Orléans (Loiret)

"Des chefs d’entreprises me disent que bosser dans un tiers lieux, c’est un environnement professionnel. Ils savent que leurs salariés ne vont pas sortir leur machine ou caresser leur chat qui va passer sur leur clavier", ajoute Sabine-Rose Aronsfrau-Moreau.

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