Covid-19 : toujours plus de contaminations en Centre-Val de Loire

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Écrit par Thomas Hermans

Les sous-variants d'Omicron font leur effet : dans la région, le nombre de cas positifs au Covid-19 a augmenté de 50% en une semaine. Les autorités sanitaires appellent les plus fragiles à faire leur deuxième dose de rappel, pour éviter une saturation des services hospitaliers.

Ça y est, la 7e vague tant redoutée est bel et bien là, à la vue des chiffres épidémiques en France et en Centre-Val de Loire. Au niveau national, on compte près de 80 000 cas positifs en une semaine, un chiffre inédit depuis la deuxième moitié du mois d'avril. Depuis, le nombre de contaminations hebdomadaires s'était effondré, atteignant 17 500 mi-mai.

Mais depuis, les BA.4 et BA.5 (sous-variants du largement majoritaire Omicron) se sont répandus un peu partout dans le pays. Le BA.5 est ainsi devenu majoritaire en Centre-Val de Loire à la mi-juin. Sur la semaine 25, Santé Publique France note que le taux d'incidence a augmenté de 50% au niveau national, s'accompagnant d'une recrudescence des hospitalisations.

En Centre-Val de Loire, le taux d'incidence a dépassé, pour la première fois depuis deux mois, les 600 cas pour 100 000 habitants. Sur la semaine du 19 au 25 juin, l'Agence régionale de santé (ARS) donne un taux de 637,7 sur l'ensemble de la région, contre 412,4 les sept jours précédents.

Croissance rapide

Dans le détail, les départements longeant la vallée de la Loire sont les plus touchés par l'augmentation de l'incidence :

  • Cher : 530,70 (+221 en une semaine)
  • Eure-et-Loir : 625,70 (+224)
  • Indre : 566,50 (+235,8)
  • Indre-et-Loire : 709,00 (+246,8)
  • Loir-et-Cher : 672,60 (+176,9)
  • Loiret : 634,50 (+229)

Du côté des hospitalisations en revanche, la région n'enregistre pas encore d'augmentation, contrairement au niveau national. 34 personnes sont ainsi hospitalisées en soins critiques en Centre-Val de Loire, soit une de moins qu'une semaine auparavant. Selon l'ARS, cette stabilité est à mettre au crédit de la vaccination qui "protège malgré tout ceux qui ont un schéma complet".

Une dose pour ne "pas passer l'été à l'hôpital"

L'agence régionale en appelle ainsi aux personnes de plus de 60 ans éligibles à leur deuxième dose de rappel de venir la faire sans délai en prenant rendez-vous en pharmacie ou à l'hôpital. "On constate que les personnes qui se font hospitaliser ont des fragilités, des comorbidités, et que leur dernière dose remonte à loin", note de son côté Leslie Grammatico-Guillon, épidémiologiste au CHRU de Tours. Là-bas, les personnes souhaitant avoir leur rappel sont de plus en plus nombreuses : entre 150 et 200 ce mercredi 29 juin. 

Un nombre encore insuffisant pour les soignants. Ainsi, moins d'une personne de plus de 60 ans sur cinq a fait son deuxième rappel dans la région. "C'est largement insuffisant, assure Zoha Maakarou-Vermess, infectiologue au CHRU. Il faut la faire si on ne veut pas passer l'été à l'hôpital.

D'autant qu'une vague d'hospitalisations Covid estivale ajouterait de nouvelles difficultés à des hôpitaux à bout de souffle, touchés par des vagues de burn-out de soignants depuis quelques mois, comme aux urgences d'Orléans ou de Loches. "Les hôpitaux se préparent toujours, mais c'est vrai que si on a une autre vague comme au tout début de la pandémie, ça va être très compliqué", concède l'ARS.

L'agence recommande donc toujours deux solutions : la vaccination, notamment des personnes fragiles, et le retour des gestes barrières. Sans quoi un pic épidémique et une saturation des hôpitaux pourraient bien s'imposer dans le courant de l'été.