Musique : à Tours, le groupe Thé Vanille enregistre un clip en plein confinement

Le groupe Thé vanille face au coronavirus
Le groupe Thé vanille face au coronavirus

Le groupe Thé Vanille, originaire de Tours, s'adapte à la crise sanitaire qui est loin de freiner leur créativité en enregistrant un clip en mode confinement. Les trois membres nous expliquent comment ils font face à cette pandémie.

Par Agathe Giraud

Après le duo Toukan Toukan, la chanteuse Anita Farmine, rencontre avec le groupe Thé Vanille originaire de Tours qui nous fait découvrir une reprise de leur titre "Flying Fishes" en mode confinement.

Le groupe est composé de Nastasia, Théo et Valentin et ils répondent à nos questions :
  • D'où sort ce nouveau clip ? Est-ce une chanson inédite en lien avec le coronavirus, ou la reprise d'un de vos titres?
Nastasia : C'est la reprise d'un de nos titres... 

Valentin : ... Qui n'a pas encore été enregistré ailleurs qu'en live finalement.

Théo : Oui. A l'occasion de la soirée organisée pour les sélections régionales des Inouïs du Printemps de Bourges, Fance 3 Centre-Val de Loire est venu filmer les groupes et nous avons choisi de jouer "Flying Fishes" ! Donc vous pouvez aussi voir la vidéo live de ce morceau !
  • Pourquoi avoir choisi cette chanson et quel message vouliez-vous transmettre?
Nastasia : Le lien n'est pas direct avec le Covid-19 mais le morceau Flying Fishes aborde certains sujets assez actuels... De manière générale, on s'amuse dans l'écriture. On utilise quelques outils du surréalisme.

Pour "Flying Fishes", on décrit des poissons volants à fourrure (qui représentent les gens riches et puissants de ce monde) qui vont lentement se noyer dans le ciel, ignorant les problématiques auxquelles la planète est confrontée (le plastique par exemple...). Ces poissons espèrent vivre dans un futur glorieux sans avoir à changer le système dans lequel ils vivent. Mais c'est écrit dans les étoiles : la planète finira par tous les avaler. 

On parle du fait que ces poissons inventent des histoires, poussent à la surconsommation, mentent au peuple. Les poissons finissent donc par épuiser les ressources des nuages, "drinking from declining clouds", grâce auxquels ils se sustentent.
Très clairement, on parle de notre crainte quant au fait qu'on n'apprenne toujours pas de nos erreurs, attendant d'être vraiment dans un état d'urgence pour agir, un peu comme ce qui se passe actuellement. Et donc la question reste en suspens : quel futur nous attend ?
 
  • La crise sanitaire actuelle vous inspire-t-elle ? Ou, au contraire, préférez-vous aborder d'autres thèmes pendant cette période?
Nastasia : Ca fait quelques temps que certains de nos morceaux abordent des sujets qui peuvent nous inquiéter. L'écriture est un exutoire... On dénonce, mais on rêve aussi.
 
  • Face à la crise, où en sont vos différents projets?
Théo : Le secteur du spectacle vivant ayant été frappé de plein fouet dès le début de la crise sanitaire, nous en avons également fait les frais.
Nous étions à Istres pour un projet "Classe Chanson" auprès de deux classes de CM2 lorsque le gouvernement a annoncé la fermeture des écoles. Coup dur pour les élèves et pour toutes les équipes pédagogiques présentes. La représentation publique prévue le samedi devant leurs familles a donc été annulée.

Depuis tout est gelé. Tous nos concerts prévus ont également été reportés ou annulés. C'est un sacré coup dur pour le monde du spectacle dont la plupart des acteurs vivent grâce au régime de l'intermittence - régime déjà très précaire.
Il est encore trop tôt pour en tirer les conséquences économiques, mais on peut s'attendre à ce que de nombreux artistes / techniciens perdent leur statut et que les structures indépendantes les plus fragiles en ressortent gravement touchées. On pense à tous nos amis-collègues qui sont dans le même cas que nous et on essaye de s'occuper différemment avec patience.

Nastasia : Nous allions tourner un clip aussi ! Du coup c'est reporté ! Ce qui est frustrant mais très excitant à la fois car on sait tout ce qui nous attend à la reprise !
Et puis c'est intéressant aussi : nous vivons une expérience commune, partout dans le monde. On espère que ça va nous rapprocher les uns des autres, nous faire prendre conscience de ce qui est réellement important, peut-être que ça réveillera chez certains une envie d'agir pour la planète. 
  • Depuis le confinement, comment s'organise la vie du groupe? :
Théo : Et bien c'est très compliqué. Notre studio de répète est fermé et nous n'aurions de toute façon pas le droit de nous y déplacer s'il était ouvert. Nous ne sommes pas confinés ensemble ni dans la même ville (Valentin est dans la Drôme) donc beaucoup d'Internet et de travail sur ordinateur. Pour ma part, je ne peux plus faire de batterie donc je travaille sur un oreiller pour ne pas perdre la technique. C'est une nouvelle organisation mais nous trouvons le rythme au fur et à mesure des jours qui passent. Beaucoup beaucoup beaucoup d'internet pour résumer.

Nastasia : On va essayer de se mettre aux apéros-boulots aussi, si on a assez de crédit internet et de bières dans le frigo !
  • Comment vous êtes-vous organisé pour enregistrer et tourner votre clip pendant le confinement ?
Valentin : La chose ne fut pas si simple... On a vraiment l'habitude de jouer ensemble, en même temps, dans la même pièce, en se regardant beaucoup aussi.
Chacun dans notre coin, nos repères rythmiques sont un peu chamboulés . On a commencé par enregistrer la piste guitare puis la voix afin d'avoir l'histoire à accompagner. Puis une nouvelle fois les guitares pour mieux suivre la voix.
L'accompagnement percussif ménager est venu relever tout ça comme la cerise sur le gâteau ! Et puis à force de partages de connexion 3G dans les montagnes, les prises de son se sont agencées sur un petit montage vidéo.

Nastasia : Oui, c'était drôle ! Pour ma part, j'ai enregistré directement avec le kit main-libre dans la cour de ma maison. Pendant que je chantais, je regardais Valentin en vidéo en train de danser sur ses accords...  Ce qui me faisait bien rire, on ne va pas se mentir ! Et puis Théo a bien géré avec ses percus, sa trousse, son four, ses lentilles... C'est trop bien parce que c'était un peu la surprise de savoir ce qu'il allait nous inventer !
 
  • Et pour mieux vivre ce confinement, vous faites d'autres activités?
Nastasia : Pour ma part, je fais du sport dans mon salon tous les matins pour éviter les crises d'angoisse, ça aide beaucoup ! J'alterne entre yoga et renforcement musculaire. Je cuisine beaucoup aussi... Je regarde les Matrix, Pokemon, Samourai Champloo, Modern Family, Top Chef et Westworld qui a repris aussi !

Je finis un livre passionnant qui devrait être lu par tout le monde. Il s'agit de Sorcières : La Puissance Invaincue des Femmes de Mona Chollet. Je conseille aussi vivement Les Sentiments du Prince Charles de Liv Strömquist !

Valentin : J'ai la chance de me trouver sur les hauts plateaux de la Drôme, mes journées passent très vite ! Allumer le feu, faire à manger, lire, se balader dans la montagne, rencontrer les producteurs locaux (brasseurs, yaourtiers, ...). Je suis en confinement avec un ingénieur-lumière et une comédienne. On entame donc plusieurs petits projets sur le thème du polyamour et du confinement, cela occupe plutôt bien l'esprit. Mais je dois avouer que mon occupation favorite est de me faire hypnotiser par les flammes au coin du feu. Et de profiter du présent sans trop se projeter dans notre futur plus qu'incertain ! Haut les coeurs, retour à la simplicité et vive la vie !

Théo : Je dompte des chats et prends le temps de discuter avec mes voisins. Je cuisine beaucoup. Je lis aussi, beaucoup de recettes et également La Longue Route de Bernard Moitessier, une belle histoire de confinement, de tour du monde en solitaire. Je rêve aussi et j'écoute beaucoup de concerts live mis en ligne par Arte.

Découvrez le confinement d'autres artistes, auteurs ou encore sportifs de la région dans notre carte intéractive :

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