Infirmières à domicile, auxiliaires de vie... l'aide aux personnes âgées fait face au coronavirus

Une employée de Spitex prépare les doses de médicaments d'un clients en Suisse en 2016, image d'illustration. / © Gaetan Bally/MaxPPP
Une employée de Spitex prépare les doses de médicaments d'un clients en Suisse en 2016, image d'illustration. / © Gaetan Bally/MaxPPP

Comme partout en France, les aides et soins à domiciles doivent s'adapter à l'épidémie de Covid-19 en Centre-Val de Loire. Entre consignes d'hygiène et fond de peur, comment protéger les personnes âgées, particulièrement fragiles à la maladie.

Par Thomas Hermans

La consigne est simple : chacun chez soi. C'est le seul moyen pour empêcher la propagation trop rapide du coronavirus. Pourtant, chaque jour, des milliers de gens bravent l'interdiction, et approchent de très près, chez elles, de nombreuses personnes âgées, population à haut risque face à la Covid-19.
 

Elles sont auxiliaires de vie, aides à domicile ou infirmières. Et elles assurent un service d'accompagnement indispensable à des personnes âgées, dépendantes ou en situation de handicap. Alors évidemment, la pratique de leurs métiers doit muter, ou tout du moins s'adapter, en cette période de confinement.
 

"De l'hygiène plus plus !"


Première mesure évidente : "De l'hygiène plus plus", selon Claudie Roumier, infirmière libérale à Muides-sur-Loire dans le Loir-et-Cher. Elle poursuit : "Quand on entre chez le patient, on se lave les mains, on désinfecte le matériel, on met un masque chirurgical parce que nos bras ne font pas un mètre, relavage après les soins, et après avoir ouvert la portière de la voiture, un coup de gel hydroalcoolique."

Car au contact de nombreuses personnes âgées - elles représentent 80% de la clientèle de Claudie Roumier - sensibles à la Covid-19, il ne faut prendre absolument aucun risque. Pourtant, "on ne les sent pas vraiment paniqués, précise-t-elle. Ca les rassure que je porte un masque, qui est une double protection pour eux et pour moi".

D'autant que les interventions à domicile sont devenues la norme pour Claudie Roumier. La maison de santé dans laquelle elle travaille a fermé sa salle d'attente, et plus aucun rendez-vous ne se déroule sur le site.
 

"On n'a pas peur. On va gérer."


Pour Julie Maison, infirmière à Cheverny, "il n'y a pas vraiment de méfiance de la part des patients. Ils ont juste besoin d'être rassurés sur les documents pour sortir par exemple." Selon sa collègue Karine Coeuret, les habitudes n'ont pas réellement changé : "On ne prend pas plus de précautions que d'habitude, on en prend déjà énormément."

Elle note une légère hausse de l'activité, dûe selon elle "à la déprogrammation des actes non urgents par les hôpitaux", qui se préparent à accueillir une vague de malades de la Covid-19. Julie Maison prévoit quant à elle de nouveaux soins à prodiguer à cause de "l'arrivée de Paris de quelques familles. Mais on n'a pas peur. On va gérer."
 

Reste que ces actes de soins vont devenir de plus en plus nécessaires si le système de santé se trouve surchargé par les cas de Covid-19. Un constat partagé par les auxiliaires de vie : "Les aides à domicile font un travail de personnel soignant", considère Laure Blanc, directrice du réseau ADMR de l'Indre-et-Loire. 

Pour limiter tout risque de propagation aux personnes visitées, l'ADMR 37 a ainsi décommandé toutes les visites pour du ménage ou du repassage. Les aides à domiciles se concentrent désormais sur "les actes essentiels de la vie", pour assurer la santé et la propreté des personnes.
 

La peur d'être un agent de propagation


Laure Blanc note malgré tout une baisse du nombre de rendez-vous même pour ces actes essentiels : "la fermeture des lieux publics a eu un impact épouvantable sur le public, et plein de gens nous ont dit de ne plus venir lundi, préférant régler le problème avec la famille".

D'ailleurs, une petite entreprise d'aide à domicile orléanaise nous a répondu avoir décidé de mettre toutes ses employées en chômage partiel après les refus des familles de "la dizaine de personnes prises en charge", selon le gérant.
 

Une peur généralisée qu'expérimentent directement les auxiliaires de vie, qui "craignent de propager le virus, explique Laure Blanc. Même si ça fait 15 jours qu'elles ont des directives et des gestes barrières qui sont bien respectés."

Pourtant, presque toutes les aides à domicile ont répondu présente lundi, "parce qu'elles sont naturellement tournées vers les autres", note la directrice de l'ADMR 37. 

Quant au confinement, toutes savent qu'il va aider à ralentir la propagation du virus, "à condition que chacun prenne ses responsabilités et respecte les autres", note Karine Coeuret.
 

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