Les cinémas du Centre-Val de Loire ont le sourire après une semaine de réouverture : voici les films qui ont la cote

Rouverts depuis une semaine, les cinémas français ont vu revenir les spectateurs, malgré des jauges à 35% et l'absence de séances du soir. En Centre-Val de Loire, les exploitants de salles urbaines ont le sourire.

Photo d'illsutration.
Photo d'illsutration. © Loïc Venance/AFP

"On est super contents !" Une semaine après la réouverture -en même temps que les terrasses et les autres établissements culturels le 19 mai- des salles de cinéma, Romain Prybilski ne cache pas sa satisfaction. Aux Lobis de Blois, cinéma d'Art et d'essai dont il est le directeur, "on a enregistré 1 250 entrées payantes, c'est l'équivalent de ce qu'on ferait en temps normal".

Comprenez en semaine de fin mai 2019, sans confinement ni coronavirus en circulation... et ce alors même que les salles ne peuvent accueillir que 35% de leur capacité en spectateurs, et que les séances habituelles de 20h et 22h sont supprimées, couvre-feu oblige. "Surtout qu'il fait beau la journée et les gens viennent quand même, donc c'est encourageant", ajoute-t-il.

Le constat est également positif au multiplex CGR de Tours-Centre : ses huit salles ont accueilli 2 700 spectateurs sur la première semaine de réouverture. "C'est 12% de plus que la même semaine en 2019", se réjouit Mehdi Belhadj, directeur de l'établissement. Dans nombre de cinémas, "beaucoup de séances sont complètes, et ils auraient fait encore mieux sans jauge", explique la déléguée générale de l'association des cinémas du Centre, Nathalie Ferrand, citant l'exemple des Studios à Tours.

"Le meilleur moyen de savourer un film"

Sans surprise, la comédie dépressive Adieu les cons d'Albert Dupontel, qui a tout raflé aux derniers César, a bien marché dans toute la région, précise Nathalie Ferrand. Suivent l'Oscar du meilleur film étranger Drunk du Danois Thomas Vinterberg, ADN de Maïwenn, ainsi que Mandibules de Quentin Dupieux, qui "n'est pas sorti partout mais marche bien en ville".

On sentait que les spectateurs avaient envie de revenir. On recevait des mails, des appels... Et on a senti que ça réservait de façon conséquente. Toute la semaine, on est restés dans le hall avec les spectateurs, à discuter avec eux. Ils étaient ravis de revenir.

Mehdi Belhadj, directeur CGR Tours-Centre

Pour Mehdi Belhadj, "il y a avait un besoin de retrouver la salle, qui reste le meilleur moyen de savourer un film". Cette pêche des spectateurs a redonné le sourire aux exploitants, restés sur la semi-désillusion de 2020 et la frilosité des distributeurs durant l'été dernier.

Ils espèrent donc miser sur un atout inhabituel pour eux (autant qu'un casse-tête pour les distributeurs) : l'embouteillage de films à sortir, qui se profile de plus en plus, résultat de mois et de mois de fermeture complète des deux côtés de l'Atlantique. En tout, 450 films sont attendus dans les salles... en moins de quatre mois.

De la place pour tout le monde ?

Au milieu de cette cohue prophétisée, quelle place pour les petites productions et autres films indépendants ? Romain Prybilski, des Lobis de Blois, se réjouit du "choix de nos spectateurs", qui "viennent aussi voir des propositions plus aventureuses". Exemple : l'avant-première française de L'indomptable feu du printemps, film venu du Lesotho, a attiré 62 personnes aux Lobis lundi. Preuve, pour le gérant, qu'il pourrait y avoir finalement de la place pour tout le monde.

Tous semblent en tout cas optimistes quant à la suite de l'été. "L'année dernière, on avait été très affectés parce qu'on devait tenir les trois mois d'été, et le début de l'automne, sans aucun blockbuster américain", se souvient Mehdi Belhadj, qui estime à 40% les recettes générées au CGR Tours-Centre par les blockbusters pendant un été "classique". Leur retour annoncé cet été lui fait donc expérer de bonnes entrées estivales, surtout une fois les jauges et le couvre-feu levés. 

Ce qui ne veut pas dire lever les jauges et faire des entrées à tout prix. "La sécurité est le plus important, donc si on estime qu'on doit rester à jauge réduite, on restera à jauge réduite", même après la levée des restructions du gouvernement, assure Romain Prybilski. Les règles sanitaires semblent d'ailleurs avoir joué un rôle dans le retour des spectateurs en nombre cette semaine :

Lors de la réouverture en 2020, il y avait une vraie crainte des spectateurs, parce qu'on n'avait pas le vaccin et qu'on ne savait pas quoi faire du masque. C'était un peu le bordel. Maintenant, on est bien rodés en sécurité sanitaire, et ça rassure les gens.

Romain Prybilski, directeur du cinéma Les Lobis à Blois

Evidemment, tous les cinémas du Centre-Val de Loire n'ont pas vécu la même première semaine providentielle. "Il n'y a pas d'uniformité, et dans les petites salles, ça peut être rempli le week-end mais dans le courant de la semaine, c'est loin d'être plein", avertit Nathalie Ferrand.

Les cinémas de la région sont en tout cas bien décidés à reprendre leurs bonnes vieilles habitudes. Les Lobis de Blois accueillent ainsi ce jeudi à 18h une avant-première du film 5ème Set, en présence de l'équipe du film : le réalisateur Quentin Reynaud et les acteurs Alex Lutz et Ana Girardot. Le même casting fera également escale aux Carmes à Orléans ce vendredi 28 mai.

 

SORTIES DE LA SEMAINE. Les exploitants vous conseillent :
  • Promising Young Woman, d’Emerald Fennell.

"Un film féministe américain absolument super." - Romain Prybilski, Les Lobis

  • The Father, de Florian Zeller

"C’est un coup de cœur de l’équipe. Anthony Hopkins est toujours en forme, ça fait du bien de le revoir. Et le film est incroyablement écrit." - Mehdi Belhadj, CGR Tours-Centre

"Ca n’a pas l’air d’être un film sur une simple relation père-fille, c’est universel. Et je pense qu’Olivia Colman est une des plus grandes actrices actuelles." - Nathalie Ferrand, association des cinéma du Centre

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