Blois : "colère" contre Tecalemit Aerospace, qui délocalise son activité et 160 salariés vers la Sarthe

L'équipementier aéronautique Tecalemit Aerospace va fusionner son site de Blois avec celui de Luceau, situé dans la Sarthe. 160 salariés du site blésois vont continuer leur activité à 100 km de là.

La crise du coronavirus a eu un impact sévère sur l'industrie aéronautique, pour lequel de nombreuses entreprises de Centre-Val de Loire font de la sous-traitance. Photo d'illustration
La crise du coronavirus a eu un impact sévère sur l'industrie aéronautique, pour lequel de nombreuses entreprises de Centre-Val de Loire font de la sous-traitance. Photo d'illustration © Romain Boulanger / Maxppp
La crise a été violente pour le secteur de l'aéronautique, dont la région Centre-Val de Loire abrite de nombreuses entreprises de sous-traitance. A Blois, l'équipementier Tecalemit, spécialisé dans les tuyauteries, va relocaliser l'activité du site et ses 160 postes salariés à Luceau, dans la Sarthe. L'usine de Luceau avait été reprise par Tecalemit il y a deux ans, lors du rachat de certaines activités de son concurrent Daher.

"Nous proposons aux salariés de Blois d'occuper exactement la même fonction à Luceau", a expliqué lundi à l'AFP le directeur général Franck Colcombet, expliquant que cette mesure allait permettre "de protéger la totalité de l'emploi, sans faire de licenciements".
 

Une façon d'agir "indigne et honteuse" pour le maire de Blois

Mais à Blois, site historique de l'entreprise, la nouvelle ne passe pas, que ce soit auprès des salariés ou auprès du maire, Marc Gricourt (PS), qui s'est désolé dans un communiqué d'apprendre "par voie de presse" et "sans discussion possible" le départ de Tecalemit. "Les raisons évoquées" par l'équipementier "sont obscures", poursuit le maire. "Il y a quelques mois encore, le site blésois recrutait", et le secteur aéronautique a bénéficié d'aides à hauteur de 15 milliards d'euros pour faire face à la crise.
 

Cette façon d’agir, en douce, est indigne et honteuse. Les salariés sont floués, les collectivités locales trompées. A maintes reprises, l’entreprise a été soutenue dans ses projets, que ce soit par des fonds Feder ou des aides d’Agglopolys, du Conseil régional et départemental.

Marc Gricourt, maire de Blois

"Un salarié est un être humain et non un pion que l’on pourrait déplacer par bus, tous les jours, sur près de 200 km aller-retour", achève l'édile, qui a apporté son soutien aux salariés de Tecalemit et à leurs syndicats. Le même jour, Stéphane Baudu, député (MoDem) de la 1ère circonscription du Loir-et-Cher, a appelé au "dialogue" entre l'entreprise, l'Etat et les collectivités locales, afin d'empêcher "une vague de délocalisations opportunistes".
 
 

"D'un point de vue produits, ces deux sites sont tout à fait complémentaires"

De son côté, Franck Colcombet a expliqué le choix de fermer Blois par le fait que ce site était plus touché par la crise de l'aéronautique - il intervient notamment sur le programme à l'arrêt du Boeing 737 MAX - et que certains équipements de Luceau étaient difficilement déménageables. "D'un point de vue produits, ces deux sites sont tout à fait complémentaires, avec des procédés de fabrication similaires", a ajouté Franck Colcombet, en précisant qu'ils fonctionnaient actuellement à la moitié de leur capacité.

Pendant 18 mois, l'entreprise prendra en charge le coût de transport des salariés de Blois et leur temps de trajet sera décompté de leur temps de travail. "Notre objectif est que l'ensemble de nos salariés accompagne cette bascule", a expliqué Franck Colcombet qui dit avoir reçu un accueil "compréhensif" des salariés, bien conscients de la crise historique traversée par le secteur. En une quinzaine d'années, la société basée à Lyon est passée de 6 à près de 70 millions d'euros de chiffre d'affaires.
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