Vaccination et désert médical : les pharmaciens du Loir-et-Cher se tiennent prêts à vacciner

Alors que doit commencer le 18 janvier la vaccination des plus de 75 ans, les pharmaciens se tiennent prêts à participer à la campagne, dans un soucis de proximité et de maillage du territoire. Reste à attendre le feu vert du gouvernement...

Une pharmacie dans les quartiers nord de Blois, image d'illustration.
Une pharmacie dans les quartiers nord de Blois, image d'illustration. © Marine Rondonnier/France 3 Centre-Val de Loire

Dans le Loir-et-Cher, les pharmaciens sont dans les starting-blocks. Alors que la vaccination contre la Covid-19 s'ouvre aux personnes de plus de 75 ans le 18 janvier, les pharmacies souhaitent participer à l'effort, en administrant des vaccins eux-mêmes.

Dans la pharmacie de Brice Laurin, dans les quartier nord de Blois, près de 850 personnes ont pu être testées grâce au dépistage antigénique en deux mois et demi. Alors, pour lui, la suite logique, c'est de vacciner. Et "en cas de choc anaphylactique, on est équipés pour faire une injection d'épinéphrine", rassure-t-il. 

Le risque d'une réaction allergique extrême lors de l'administration d'un vaccin, bien que très faible, n'est pas inexistant. Les pharmaciens ont cependant acquis une certaine expérience dans le domaine : "Ca fait trois ans qu'on vaccine contre la grippe saisonnière avec succès", plaide ainsi Eric Doudet, président du conseil régional de l'ordre des médecins du Centre-Val de Loire.

Permettre "à chaque Français d'avoir un vaccin près de chez lui"

Selon lui, participer à la campagne de vaccination est "un souhait de la profession" :

L'avantage est la bonne démographie des pharmacies, un maillage territorial qui permet à chaque Français d'avoir un vaccin près de chez lui. On veut offrir à la population une solution différente des grands centres de vaccination.

Eric Doudet, président du conseil régional de l'ordre des médecins

Une offre dans laquelle les clients de l'officine de Brice Laurin se retrouvent. "Je pense que j'irai à la pharmacie. Il y en a beaucoup plus, et au niveu des horaires, ça sera plus simple pour moi", explique une commerçante. Un autre client confesse de son côté avoir "totalement confiance" en son pharmacien : "Je sais qu'ils font les choses dans l'ordre et dans le respect du protocole. Ca me rassure."

Pour Brice Laurin, la seule difficulté, "c'est par rapport à l'administration". En effet, une fois ouvert, un flacon ne peut se conserver que six heures. Chaque flacon contenant l'équivalent de cinq ou six doses de vaccin, "il faudra avoir au moins six rendez-vous pour éviter, autant que faire se peut, les pertes".

La difficile conservation des vaccins actuels

A l'inverse, la conservation de quelques doses de vaccin ne semble pas poser de problème. Le vaccin Pfizer/BioNTech peut se garder, une fois décongelé, au frigidaire jusqu'à cinq jours. Avant cela, il doit cependant être gardé à une température de -80°C, atteignable par des congélateurs spécifiques.

C'est cet argument de "la conservation extrêmement complexe" des vaccins actuellement sur le marché qu'a invoqué le ministre de la Santé devant la Commission des Affaires sociales ce 12 janvier, pour justifier la non-sollicitation des pharmaciens et des généralistes pour la vaccination contre la Covid-19 :

Lorsque nous disposerons de vaccins qui eux se conservent [sous-entendu pendant plus que cinq jours, ndlr] entre 2 et 8 degrés, d’usage plus simple et plus classique, nous souhaitons nous appuyer sur l’ensemble du maillage territorial de soignants.

Olivier Véran, ministre de la Santé

Olivier Véran promet la sollicitation, auprès de la Haute autorité de Santé, d'un "protocole de coopération" pour faire participer le maillage de soignants, lorsque de nouveaux vaccins seront disponibles.

De leur côté, les pharmaciens du Loir-et-Cher ont reçu un protocole sanitaire spécifique à la vaccination, et n'attendent plus que le feu vert du gouvernement pour commencer à administrer des doses. Fort de leur expérience avec le vaccin contre la grippe saisonnière, Brice Laurin et ses collègues pensent pouvoir administrer une centaine de vaccins contre la Covid-19 chaque jour.

 

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