Grosses factures et coups bas : les langues se délient à Romorantin après le classement sans suite de l'enquête sur Jeanny Lorgeoux

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L'affaire dite des « dîners dorés » relève de la "délation", affirme le maire de Romorantin-Lanthenay, et de la simple liberté de l'information publique pour une partie de son opposition.

La décision du parquet est tombée ce 27 mai. Après un an d'enquête, le procureur de la République de Blois a décidé de classer sans suite l'enquête visant le maire de Romorantin-Lanthenay, Jeanny Lorgeoux.

"La justice m'a lavé de tout soupçon"

Suite à des révélations de Mediapart, il était apparu que l'édile avait dépensé, sur le budget de la ville et de la communauté de communes, 66 000 euros en factures émises par le Grand hôtel du Lion d'Or, restaurant étoilé de la commune. Pour le parquet, aucune infraction n'est caractérisée, puisque ces sommes ont bien été votées et affectées à des comptes permettant ces dépenses.

"Après un an de dénonciation, la justice, qui prend son temps et a raison de le faire, m'a lavé de tout soupçon", a clamé le jour même Jeanny Lorgeoux, joint par France 3. Saluant la justice "indépendante et impartiale" qui lui a donné raison, le maire a dans le même temps dénoncé un "coup tordu politique" contre lui. 

Tout ça illustre une dérive des mœurs politiques, où la délation prend le pas sur le débat.

Jeanny Lorgeoux, maire de Romorantin

Les dépenses du maire : "délation" ou simple information publique ?

Pour le maire aucun doute, il accuse l'un de ses opposants à la dernière élection municipale d'être la "source unique" de la "délation". "Soit il a lui-même envoyé ces documents à Mediapart, soit il l'a transmis indirectement via une tierce personne ou un système de boîte aux lettres", affirme l'édile. Il en veut pour preuve un mail que cet élu municipal d'opposition a envoyé à la direction des finances publiques pour demander à voir lesdites factures, qui sont par ailleurs des documents publics.

"Les finances publiques sont... publiques" se contente de répondre l'intéressé, arguant que n'importe qui peut faire la même demande. Il s'est refusé à tout commentaire pour ne pas "alimenter la polémique" mais nie fermement avoir été l'auteur de cette alerte, qui, fait-il observer, n'a rien d'une délation.

Pour sa part, le maire de Romorantin s'est montré remonté contre son opposant. Au téléphone, il affirme "réfléchir" avec son équipe aux suites judiciaires à donner à cette affaire, sans écarter la possibilité d'un dépôt de plainte pour "dénonciation calomnieuse".