Attentat sur le Dakar 2022 : Philippe Boutron est sorti du coma, mais les interrogations demeurent

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Écrit par Bertrand Mallen
Le président de l'US Orléans Philippe Boutron
Le président de l'US Orléans Philippe Boutron © JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP

Plus de questions que de réponses, une semaine après l'explosion qui a gravement blessé le pilote orléanais Philippe Boutron, âgé de 61 ans. S'il est désormais sorti du coma, bien peu d'information ont filtré de l'enquête qui porte désormais sur une "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste".

Une semaine après l'explosion qui a gravement blessé Philippe Boutron aux jambes, le président de l'US Orléans est sorti du coma. C'est son fils, Benoît Boutron, journaliste à RMC Sport, qui l'a annoncé sur le plateau de RMC ce 6 janvier en début de matinée.

"On peut lui rendre visite quotidiennement"

"Sur ce type d'accident, il faut prendre les choses étape par étape. Déjà, il est sorti du comaexplique Benoît Boutron. "La chance qu'on a avec les proches, c'est qu'on peut lui rendre visite quotidiennement, il est effectivement grièvement blessé aux deux jambes, on en saura plus dans une dizaine de jours, mais il faut rester prudents à ce stade".

Malgré ces nouvelles rassurantes, "la crainte qu'on a, c'est que les choses n'avancent pas assez vite, et nous, on veut vraiment que des responsables soient désignés", soulève le fils du pilote.

Les intérêts français déjà visés par des attentats dans le passé

Ce vendredi 7 janvier, des éléments de réponse ont été apportés par Jean-Yves Le Drian. "Nous avons dit et aux organisateurs et aux responsables saoudiens qu'il fallait être très transparent sur ce qu'il venait de se passer, parce qu'il y avait des hypothèses selon lesquelles cela pouvait être un acte terroriste", a pointé le ministre des Affaires étrangères. "Il y a déjà eu des actes terroristes en Arabie saoudite contre des intérêts français." En effet, en octobre 2020, une attaque au couteau avait blessé un garde du consulat de France à Jeddah. Deux semaines plus tard, un attentat visait dans la même ville une cérémonie pour l'anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918, en présence de diplomates occidentaux, notamment français, faisant deux blessés.

Sur le plateau de  RMC / BFM TV le 7 janvier, Jean-Yves Le Drian a pour la première fois ouvertement posé la question du maintien ou non de la course. "Nous avons pensé que peut-être cela valait le coup de renoncer à cette manifestation
sportive. Les organisateurs ont décidé de (la) maintenir", a déclaré le ministre.

"Dans ces cas-là, il faut être très précautionneux, au moins mettre en place des dispositifs de protection suffisants et renforcés. Je pense qu'ils l'ont fait mais en tout cas, la question reste posée", a-t-il ajouté. "Il y a peut-être eu un attentat terroriste contre le Dakar", a estimé le chef de la diplomatie française, en appelant les autorités saoudiennes à "la plus grande transparence".

Une enquête en l'aveugle

En effet, des zones d'ombres importantes subsistent. L'explosion, qui a eu lieu le 30 décembre, n'a été annoncée que le 1er janvier, jour du départ de la course. À ce moment-là, les autorités saoudiennes se veulent rassurantes et préfèrent évoquer un "accident". Embarrassés, les services de sécurité locaux annoncent toutefois renforcer les mesures de sécurité autour de la course.

C'est seulement le 4 janvier que le parquet national antiterroriste décide d'ouvrir une enquête du chef de "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste".

Pourquoi ces faits ont-ils été dissimulés ? Quelles actions ont été entreprises dès que le ministère a eu connaissance de l'incident ? Et surtout, de quels moyens disposeront les enquêteurs sur place, au sein de l'un des régimes les plus fermés du monde, à la fois mis en cause dans l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi à Istanbul en 2018 et premier client de l'industrie française de l'armement ?

Pour tenter de répondre à ces questions, le sénateur du Loiret Jean-Pierre Sueur (PS) a annoncé être intervenu ce jeudi 6 janvier auprès du ministère des Affaires étrangères. Pour le sénateur, il est probable que le Quai d'Orsay a été informé très tôt de l'incident et que "la question a dû se poser de retarder le départ de la course".

"Il est très difficile de croire encore qu'il s'agit d'un accident, et c'est pourtant la thèse qui est celle des autorités saoudiennes", soutient le sénateur joint par France 3. Or "la France a le poids nécessaire pour faire en sorte que les enquêteurs disposent de tous les moyens" afin de faire la lumière sur ce qui s'est passé. Or, pour l'instant, bien peu d'informations ont filtré depuis la monarchie pétrolière.

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