"Une richesse exceptionnelle", Baptiste Ridira raconte son expérience du Brevet d'entraineur de football professionnel

Après 14 mois de formation intensive, Baptiste Ridira, entraineur du Saint-Pryvé Saint-Hilaire depuis huit ans, partage son retour d'expérience du diplôme permettant d'entrainer dans le monde professionnel.

Le Brevet d'entraîneur de football professionnel est une distinction personnelle. Et pourtant, durant l'heure d'entretien passée avec Baptiste Ridira, il n'a jamais cessé de le lier à son entourage personnel et professionnel, surtout, avec son club de Saint-Pryvé Saint-Hilaire. Comme un numéro 10 distillant de bons ballons pour régaler ses partenaires. 

Pour lui, ça ne fait aucun doute, sans eux, il n'en serait pas là. "Ça vient ponctuer une année positive pour le club (maintenu en N2) et pour moi. C'est aussi une réussite collective parce que le club m'a permis d'évoluer depuis huit ans et d'arriver à ce résultat-là", appuie Baptiste Ridira.

Partage : le maître-mot de la formation

Le BEPF, ce n'est pas seulement du pur travail tactique 100% football. C'est aussi savoir déléguer de nombreuses tâches à son staff et prendre du recul. Avec ses 14 semaines de formation en un peu plus d'un an, Baptiste Ridira y a été obligé. "Sur certaines semaines où je rentrais le jeudi soir, je laissais la séance de veille de match à Mathieu Pousse (son adjoint) pour être dans la continuité de la semaine. C'est aussi ce qui nous était demandé dans le cadre de la formation", explique t-il. 

Au delà de l'aspect purement formatif, avec du contenu, des cours, de la théorie puis de la mise en pratique, il y a aussi la richesse des échanges que l'on a pu avoir tout au long de la formation. C'est incroyable, j'ai plus échangé ou partagé sur le monde du football professionnel cette année qu'en huit ans !

Baptiste Ridira, entraîneur diplomé du BEPF.

Partage, Baptiste Ridira l'a répété à maintes reprises. "On a la chance d'échanger avec des gens qui représentent le monde professionnel, que l'on n'aurait peut-être pas croisés dans d'autres circonstances, avec une simplicité, une franchise et une honnêteté... c'est vraiment d'une richesse incroyable", poursuit-il. Au cours de la formation, le Loirétain a pu croiser de nombreux professionnels du métier : Jocelyn Gourvennec, Mickael Landreau, Christophe Pelissier et Raymond Domenech. 

"Toute l'année, on a travaillé sur la remise en question et le travail profond que tu fais sur toi en tant qu'entraîneur et cette notion de partage. Pour moi cela reste l'essentiel de notre métier, on doit être dans la transmission, dans l'échange... Lorsque nous étions à Rennes, Bruno Génésio a beaucoup insisté là-dessus", se rappelle le technicien de 40 ans. 

"Un éclectisme et une richesse exceptionnelle"

En formation avec Didier Digard, entraîneur de Nice la saison 2022-2023, Bryan Bergougnoux, légende du Tours FC en tant que joueur, Fabrice Abriel (entraîneur du FC Fleury 91) ou encore Sandrine Soubeyrand, joueuse la plus capée de l'équipe de France féminine... Baptiste Ridira a partagé de nombreux bons moments dans une année qui s'apparente à une année universitaire entourée de personnes passionnées par le ballon rond. "Une grande connivence s'est installée entre les dix stagiaires. Il y avait un éclectisme et une richesse exceptionnelle", assure-t-il. 

Le BEPF aborde aussi la gestion et la transmission des émotions, le leadership, le management, l'élocution et tout un travail de communication. Avec les médias, mais aussi avec les joueurs. Ainsi, causeries d'avant-match, échanges avec les joueurs sont étudiés pour gagner en efficacité. "On a beaucoup travaillé sur la précision, je suis quelqu'un de plutôt bavard (rires). Lorsque j'ai des choses à faire passer aux joueurs, j'ai tendance à être un peu long dans les interventions", admet le coach. 

Il s'est alors attelé à corriger ce défaut tout au long de la formation. "Un des postes sur lesquels il a fallu que je prenne sur moi et que je travaille cette année, c'était le fait d'être concis, précis et ciselé sur mes interventions." Un travail à poursuivre selon lui, le tout, évidemment sans perdre son identité d'entraîneur. 

Il y avait une vraie découverte pour encore mieux envisager les codes du haut niveau, de s'en imprégner et de faire en sorte de construire une projection qui, demain, doit me permettre d'accéder à ce niveau-là.

Baptiste Ridira, entraineur du Saint-Pryvé Saint-Hilaire.

Durant la formation, ce que Baptiste Ridira a aussi largement apprécié, ce sont les périodes de stages, en immersion dans des clubs professionnels. Nancy (N1), Annecy (L2), Le Havre (L1), Rennes (L1), Bastia (L2) et Lorient (L1), leur ont ouvert leurs portes. Et pour son stage obligatoire à l'étranger, le technicien loirétain a découvert le club de Lausanne, en première division suisse. 

"C'était exceptionnel. J'ai passé ma semaine au milieu des interactions entre les membres du staff suisse, ils m'ont complètement ouvert les portes de leur club", se rappelle-t-il. De nombreuses expériences qui lui ont donné de nombreux nouveaux outils à sa disposition qu'il pourrait appliquer au fur et à mesure dans son club. 

Des sollicitations en N2, des contacts en N1

Pendant le BEPF, tout ce qui est transmis et partagé est dans la configuration d'un club professionnel ou s'en rapproche grandement. Un cadre qu'il n'a pas à Saint-Pryvé et qui pourrait lui donner envie de voir ailleurs. 

"Je dois rencontrer mes dirigeants puisque je suis en fin de contrat au 30 juin 2024. J'avais une prolongation de contrat convenue en cas de maintien, donc on doit voir l'aspect administratif. À court terme, je prépare la saison prochaine", explique Baptiste Ridira. Malgré l'obtention du diplôme, l'entraîneur l'assure : "je n'ai pas balancé mon CV partout et je n'ai pas d'agents qui m'ont proposé dans tous les clubs de France"

Devenir adjoint, une étape pour parvenir au haut niveau ? 

À court terme, le Loirétain poursuivra son aventure à Saint-Pryvé. Pour le moyen et long terme, il est évidemment à l'écoute de nouveaux projets. "J'aspire à pouvoir appliquer tout ce que j'ai pu vivre en formation dans un contexte différent, sauf si j'arrive à gravir les échelons avec Saint-Pryvé", détaille-t-il. Pour autant, il a une crainte : "l'année de trop". 

La vie est une éternelle formation. Travailler avec quelqu'un en tant que numéro 1 ou numéro 2, il y aura plein de choses à apprendre et à échanger. Ce sera forcément riche.

Baptiste Ridira, entraîneur diplômé du BEPF.

Il espère une carrière d'entraîneur principal plus haut, mais pour autant, il n'exclut pas un rôle d'adjoint. "C'est quelque chose qui s'est construit sur cette année. En rentrant en formation, c'était non, je voulais rester numéro 1. Avec les sessions pédagogiques, j'ai eu de bonnes sensations et à très haut niveau, c'est peut-être plus le rôle d'un adjoint d'avoir cette proximité avec les joueurs", détaille Baptiste Ridira, qui poursuit : "peut-être que la découverte du très haut niveau passera par ce rôle d'adjoint". 

Les deux meilleurs exemples aujourd'hui sont Pierre Sage et Sébastien Bichard, ex-adjoints d'Habib Beye au Red Star (N1) respectivement devenus, coachs de l'Olympique Lyonnais et du Clermont Foot. "C'est une trajectoire possible, je ne ferme aucune porte par rapport à ça. Par contre, à l'heure actuelle, je ne me dis pas que je serai adjoint en National. Si je dois le devenir, ce serait pour pouvoir avoir une forme d'accès au très haut niveau (Ligue 1 ou Ligue 2)", conclut Baptiste Ridira. 

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