Prix de l'énergie : des salles de cinéma obligées de fermer, d'autres de plus en fragiles face à l'explosion des tarifs

À Dreux, le cinéma est contraint de fermer une journée par semaine pour faire baisser sa facture d'électricité. Dans tous les moyens et gros cinémas, l'explosion des prix de l'énergie pèse, et inquiète.

Désormais, le lundi, les salles obscures du Ciné Centre de Dreux sont encore plus obscures que d'habitude. La faute à l'explosion des prix de l'électricité, apprend-on dans L'Écho républicain. "Il a fallu faire un choix", explique le co-directeur du cinéma drouais, Laurent Brunet, à France 3. En gros, sacrifier une journée par semaine, celle où le moins de recettes rentrent, pour garder ses finances à flot. 

Car, à l'heure actuelle, "les gros cinémas prennent une grosse claque, parce qu'il ont une consommation phénoménale entre le chauffage, la climatisation, les projecteurs et l'éclairage", détaille Nathalie Ferrand. Déléguée générale de l'Association des cinémas du Centre, elle parvient à prendre le pouls de la situation financière des salles de la région. Des salles déjà ébranlées "par une perte d'entrées de 25 à 30% par rapport à 2019", à laquelle s'ajoute l'inflation des énergies. 

"Ce qui pèse le plus, c'est le chauffage, la climatisation et les projecteurs"

Laurent Brunet a pris la décision de fermer le lundi début août. Il a failli rouvrir à la rentrée, et puis au dernier moment, il s'est résolu. Avec un lundi peu fréquenté, la stratégie était limpide : "C'est un septième de nos dépenses énergétique hebdomadaires qu'on économise, mais c'est beaucoup moins en proportion des entrées qu'on perd", explique le co-gérant. 

Septembre est traditionnellement, pour tous les cinémas, un mauvais mois, c'est la rentrée et les gens ne vont pas au cinéma.

Nathalie Ferrand, déléguée générale de l'Association des cinémas du Centre

Alors autant fermer maintenant, quand les recettes perdues sont les moindres. Selon Nathalie Ferrand, aucun autre cinéma de la région Centre-Val de Loire n'a encore décidé de rester clos une journée par semaine pour des raisons économiques, même si "Vierzon devrait aussi fermer quelques jeudis", affirme-t-elle. 

Au Ciné Centre de Dreux, l'énergie est le deuxième poste de charges variables le plus important, juste derrière la masse salariale. Et encore, Laurent Brunet s'estime "chanceux dans mon malheur" d'avoir signé un contrat d'électricité fin 2021 plutôt qu'en 2022.

Mais aussi d'avoir déjà entrepris des investissements en amont, pour réduire sa consommation. "En gros, ce qui pèse le plus, c'est le chauffage, la climatisation et les projecteurs", explique-t-il. Pour ce qui est de la température, "on est assez bien isolés". Quant aux projecteurs de ses neuf salles, trois sont, depuis 2019 et une aide de la région, à laser. "Ils sont beaucoup moins énergivores.

Pour les six restants, "numériques à xénon, qui pompent beaucoup", le flou demeure. Le gérant affirme "vouloir les changer", mais n'en a pas les moyens. "On a moins d'entrées, donc moins de fonds, donc comment on finance six projecteurs à 50 000 euros chacun ?"

Investissements et protocoles

Au multiplex CGR de Bourges aussi, quelques investissements ont déjà été réalisés. "On avait fait des travaux pour améliorer la performance de la climatisation, plus récente et qui consomme moins", explique le directeur Devy Thuillier. Il mise aussi sur l'adaptation, avec une nouvelle procédure d'utilisation de la clim "beaucoup plus stricte", et une gestion différente de l'éclairage du hall et des salles. L'enseigne extérieure, qui s'éclairait auparavant jusqu'à 1h30 du matin, est désormais éteinte à minuit et demi. "On va même raccourcir encore plus, les derniers clients en retard arrivent à 23h15 donc ça ne sert plus à rien d'éclairer après minuit."

Autant de petits gestes qui, accumulés, permettent de réduire le lourd impact de l'augmentation des prix sur la facture d'électricité du CGR berruyer. Pas de l'absorber complètement, mais tout est bon à prendre. 

Le 19 septembre s'ouvre à Deauville le congrès de la Fédération des cinémas français (FNCF), à laquelle Laurent Brunet, du Ciné Centre de Dreux, participera. Et lors de laquelle la question de la facture énergétique des cinés devrait être ardemment débattue.

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