Antiterrorisme en Corse : deux personnes mises en examen pour des attentats

Deux des trois hommes placés en garde à vue en début de semaine dans le cadre d'une procédure ouverte pour des dégradations et destructions par incendie ont été mis en examen par un magistrat instructeur du Parquet national antiterroriste (Pnat). Ils ont été placés en détention provisoire.

Présentés ce samedi 20 janvier à un magistrat instructeur du Parquet national antiterroriste (Pnat), deux hommes ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme".

L'enquête "porte sur une vingtaine de faits de dégradations et destructions par incendie commis en 2022-2023", indique une source judiciaire. 

Âgés de 22 ans, les deux hommes sont soupçonnés d'avoir "participé à une dizaine de faits chacun", précise cette même source.

Ces deux mises en examen s'inscrivent dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le Parquet national antiterroriste (Pnat) pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme", et "destruction, dégradation, et détérioration par moyen dangereux", le tout "en relation avec une entreprise terroriste".

Selon une source proche du dossier, la procédure porte sur des attentats attribués au mouvement GCC (Ghjuventù clandestina corsa) ou lors desquels le sigle de l'organisation clandestine a été retrouvé inscrit sur les lieux. Pour rappel, ces différentes revendications n'avaient alors pas pu être formellement authentifiées.

Les deux hommes mis en cause avaient été interpellés en Corse, notamment à Ajaccio, mardi 16 janvier, puis transférés sur le continent en vue de leur placement en garde à vue dans les locaux de la sous-direction antiterroriste, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). 

Avocat de l'un des deux mis en cause, Jean-François Casalta "ne souhaite pas s'exprimer sur le fond du dossier mais sur la forme" :

"Comme traditionnellement dans les dossiers de ce genre, on peut déplorer la disproportion des moyens qui ont été mis en œuvre pour l’interpellation, les conditions de transfert à Paris, les yeux bandés, et la longueur de la garde à vue. On est arrivé au terme des 96 heures, et mon client n’a été présenté que 14 heures plus tard. C’est-à-dire que l’on cumule 110 heures entre la garde à vue et le défèrement. Tout cela est inutile car il y a finalement eu très peu d’audition. On aurait pu mettre ce temps à profit pour aller beaucoup plus vite plutôt que de laisser des gens dans les geôles des jours et des jours, en plus à Paris."

Une garde à vue levée dans ce dossier

Un troisième individu, actuellement incarcéré, a également été entendu dans ce même dossier. Il avait été extrait de sa cellule cette semaine afin d'être auditionné. À l'issue de sa garde à vue, qui a été levée, il n'a pas été présenté au magistrat instructeur. À ce stade, aucune charge n'a été retenue contre lui dans cette affaire. 

En début de semaine, un quatrième homme avait également été appréhendé. Son interpellation concernait une autre procédure distincte ouverte pour "destruction par moyen dangereux en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste".

Après avoir été entendu par les enquêteurs, il a été laissé libre jeudi 18 janvier, sans aucune poursuite à son encontre.