Collectif Massimu Susini : "Nous ne sommes pas dans un processus de règlement de compte avec une famille"

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Écrit par Axelle Bouschon
Les membres du collectif réclament la confiscation obligatoire des avoirs criminels.
Les membres du collectif réclament la confiscation obligatoire des avoirs criminels. © Camille Wormser / FTViaStella

Le collectif Massiumu Susini s'est réuni pour une conférence de presse, ce samedi 22 août, devant le palais de justice d'Ajaccio. Il appelle à l'apaisement des tensions avec la famille de Jean Antoine Carboni, assassiné 12 août. Les deux camps s'étaient invectivés par communiqués interposés. 

Après plusieurs jours de tensions et d'invectives échangées par communiqués interposés, les membres du collectif  Massimu Susini appellent à l'apaisement des tensions avec la famille de Jean-Antoine Carboni, assassiné le 12 août dernier.

Le collectif s'est réuni ce samedi 22 août matin devant le palais de justice à Ajaccio. Pour ses membres, pas question de laisser des dérives progresser.

"Aujourd'hui, on veut nous entraîner dans ce cliché « Ah ça y est, la guerre entre deux familles a démarré, on attend le prochain assassinat », mais c'est putride, ça pue. Ce type d'argumentaire n'a aucun sens" se révolte ainsi Jérôme Mondoloni, du collectif Massimu Susini.

"Nous ne sommes pas dans un processus de vengeance de Massimu Susini, dans un processus de réglement de compte avec une famille ou des familles, insiste-t-il, nous sommes là pour éclairer l'Etat et la CDC sur les moyens possibles aujourd'hui sans révision de la constitution pour agir en Corse contre le crime organisé."
 

Nous sommes là pour éclairer l'Etat et la CDC sur les moyens possibles aujourd'hui sans révision de la constitution pour agir en Corse contre le crime organisé

Jérôme Mondoloni


Un appel au calme déjà lancé par François Susini, père du défunt Massimu Susini, le 18 août dernier.

Et rapidement suivi par la famille Carboni, dans un communiqué publié le même jour : "Notre cri de douleur a été transformé et mal interpreté. Ce que nous réclamons aujourd'hui, c'est que la mémoire, la vérité et la justice soient les piliers sur lesquels puisse se construire la Corse de demain."

 

Projet de loi anti-mafia

Un calme retrouvé qui serait le bienvenu dans la région de Cargèse.

Ici, le visage et le nom du nationaliste Massimu Susini, assassiné devant sa paillote "1768" le 12 septembre 2019, orne encore de nombreux murs.

Le 7 août dernier, cette même paillote a fait l'objet d'une tentative d'incendie

Preuve pour le collectif qu'il est urgent de continuer à "lutter contre la mafia en Corse", notamment "en continuant de proposer, comme nous l'avons déjà fait, aux élus et à l'Etat, des moyens nouveaux et adaptés pour se débarrasser d'un péril à l'ampleur tentaculaire", estime Vincente Cucchi, membre du collectif.
 

Pour détruire la mafia, il faut assécher les sources de financement par les voies légales, confisquer les biens de manière préventive

Jérôme Mondoloni

"Pour détruire la mafia, il faut assécher les sources de financement par les voies légales, confisquer les biens de manière préventive, insiste de son côté Jérôme Mondoloni. Et il faut pouvoir rentrer dans leur équipe, car c'est en rentrant à l'intérieur du système qu'on pourra le faire exploser. Sinon, c'est perdu d'avance."

Le collectif Massimu Susini, qui réclame l'introduction dans la loi du crime d'association mafieuse, devrait être reçu par le procureur général Jean-Jacques Fagni au mois de septembre, pour discuter d'un projet de loi anti-mafia. 

Une grande première en Corse.
 
Le collectif Massimu Susini appelle à l’apaisement des tensions avec la famille Carboni

 

Enquête en cours

Pour rappel, Jean-Antoine Carboni, dit Tony, a été tué par balle le 12 août dernier.

Le jeune homme de 36 ans, pompier de métier et habitant du village de Piana, sortait d'une soirée privée, et se trouvait alors sur un parking situé sur la commune d'Ota (Corse-du-Sud), en bordure de la route départementale 84.

Seule au moment des faits, la victime a été retrouvée aux alentours de 4h30 par un autre convive, gisant face contre terre.

Les premières constatations ont établis que le jeune homme a été touché par plusieurs dans l'abdomen par arme de chasse. La Juridiction Inter-Régionale Spécialisée de Marseille, qui lutte contre le crime organisé, s'est saisie le 14 août du dossier.
 

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