La Xylella Fastidiosa détectée pour la première fois sur un olivier de verger en Corse : les oléiculteurs inquiets

Publié le Mis à jour le
Écrit par P.S.

Un olivier d'une trentaine d'année implanté dans un verger de production en Balagne a été détecté positif à la Xylella Fastidiosa, une bactérie tueuse de vignes et d'oliviers, qui était déjà présente en Corse mais n'avait pas été officiellement reconnue sur les oliviers.

Les oléiculteurs de Corse mettent en garde : pour la première fois, la Xylella Fastidiosa a été détectée par les services de l'Etat sur un olivier d'une trentaine d'années dans un verger de production en Balagne, bassin historique de la production oléicole en Corse. L'arbre a été immédiatement  détruit par mesure de sécurité.

"Mille prélèvements par an sont réalisés sur des végétaux en Corse pour recherche de Xylella Fastidiosa, dont la surveillance de cent parcelles d'oliviers, précise la Préfecture de Haute-Corse. Depuis le début de la surveillance, ces prélèvements sur oliviers sont négatifs sauf un, revenu positif en octobre 2021. Mais la positivité était faible et ne permettait pas de déterminer la souche (multiplex, qui existe déjà en Corse, ou Pauca qui n'a jamais été détecté)." Par la suite vingt-six prélèvements ont été effectués sur cet arbre, qui sont tous revenus négatifs. "Par mesure de précaution l'arbre a été détruit, avec l'accord du propriétaire, comme la réglementation nous y obligeait (en raison d'un premier prélèvement positif), afin d'écarter tout risque", poursuit la Préfecture. La destruction de l'arbre est intervenue en fin d'année 2021.

Reconnue officiellement sur cet arbre

En 2018, les oliviers de deux ronds-points du grand Ajaccio, à Baléone et Caldaniccia, s'étaient aussi avérés positifs mais n'ont jamais été officiellement reconnus comme tels, d'après le syndicat interprofessionnel des oléiculteurs de Corse (Sidoc). "La bactérie est rarement identifiée officiellement. Depuis le début, les méthodes d’analyse de détection officielles manquent de fiabilité. Le laboratoire national de l’ANSES seul compétent en France, conserve un train de retard sur les méthodes scientifiques les plus récentes. Contrairement à l’Espagne ou l’Italie", alerte le syndicat. En Italie, la bactérie a décimé des milliers d'oliviers.  

"Depuis la découverte de la souche Multiplex sur l’île, les oléiculteurs annonçaient qu’il fallait s’attendre à un impact sur les oliviers : ils ont été traités de Cassandre. On a tenté de minimiser l’impact de cette souche", regrette le Sidoc.

"Les souches en Corse ne peuvent être éradiquées"

Pour le syndicat, "il faut bien admettre que les souches présentes en Corse ne peuvent être éradiquées." L'introduction de nouvelles souches sur notre île pourrait créer des recombinaisons génétiques incontrôlables. Le Sidoc rappelle donc l'importance de limiter les risques en interdisant l'introduction de végétaux en Corse et demande "une véritable politique agricole, courageuse, honnête, qui envisage l’ «après xylella» (recherches des espèces et variétés tolérantes…)".

La bactérie Xylella fastidiosa, transmise et véhiculée par des insectes vecteurs, s'attaque à un très large spectre de végétaux : vignes, oliviers, arbres fruitiers (Prunus), agrumes, caféiers, chênes, luzerne, etc. Bactérie du xylème, Xylella fastidiosa empêche la plante de s'alimenter en gênant les mouvements de la sèvre brute. Les symptômes de ses manifestations sont peu spécifiques (flétrissement, brûlures foliaires) et rendent difficile sa détection.

Actuellement, il n'existe pas de moyens curatifs pour lutter contre cette bactérie. La décision européenne, visant à empêcher l'introduction et la propagation de la bactérie sur le territoire, préconise l'arrachage et la destruction des plants contaminés.