Justice : la demande de remise en liberté de Guy Orsoni rejetée

Publié le Mis à jour le
Écrit par A.A. et H.L
Illustration. Guy Orsoni.
Illustration. Guy Orsoni. © FTVIASTELLA

Ce jeudi 18 novembre, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a refusé la demande de remise en liberté de Guy Orsoni. L'homme de 38 ans reste incarcéré dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Jean Livrelli, vraisemblablement tué par erreur à Bastelica le 23 août 2018.

Guy Orsoni restera en prison. Ce jeudi, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a rejeté sa demande de mise en liberté dans l'enquête sur l'assassinat de Jean Livrelli. 

Dans ce dossier instruit par la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille (Jirs), l'homme de 38 ans, incarcéré au centre pénitentiaire d'Aix-Luynes et fiché au grand banditisme est mis en examen pour "assassinat en bande organisée".

Contactés, les avocats de Guy Orsoni préfèrent connaître la motivation du choix de la cour qui donnera sa réponse lundi. Son avocate Me Callista Antoniotti déplore toutefois le maintien en détention de son client "en dépit du vide probant du dossier". Avant d'ajouter : "L'enquête s'est enfermée dans la teneur d'un renseignement anonyme qui n'est corroboré par aucun élément matériel. On considère que cette affaire est instrumentalisée au détriment de la manifestation de la vérité et de l'exploitation d'autres pistes bien plus pertinentes".

Comme ils le font chaque semaine depuis décembre 2019, date de la mise en examen de leur client dans ce dossier, les trois avocats ont annoncé vouloir déposer une nouvelle demande de remise en liberté dès ce soir.

Assassiné par erreur

Le 23 août 2018, Jean Livrelli, retraité de 67 ans est tué alors qu'il se rend à une partie de chasse au volant de son pick-up noir Nissan. Pour ses amis, c'est la stupeur, personne ne lui a jamais connu d'ennuis.

Rapidement, les enquêteurs s'orientent sur la piste d'une erreur commise par les tueurs. Une piste rendue plausible par le fait qu'un homme connu des services de police habite aussi à Bastelica et possède le même véhicule que la victime.

Jean Livrelli aurait donc été vraisemblablement assassiné par erreur dans le cadre d'une guerre entre deux clans.

Neuf mises en examen

Depuis l'ouverture de l'enquête, neuf personnes ont été mises en examen dans ce dossier. En décembre 2019, Guy Orsoni, Anto Simonu Moretti, tous deux fichés au grand banditisme, et Olivier Demonte sont poursuivis pour "assassinat en bande organisée".

Marc-Marie Mattei et Christophe Scipilliti sont quant à eux poursuivis pour "association de malfaiteurs".

Dans ce même dossier, Marc-Antoine Mattei, Charles-François Mattei, Jean-Toussaint Voglimacci, assassiné depuis en février dernier, et François-Xavier de Peretti avaient déjà été mis en examen en septembre 2020 par un juge d'instruction de la Jirs de Marseille. Les deux premiers restent mis en examen pour "assassinat en bande organisée", le dernier l'est encore pour "association de malfaiteurs".

"Une décision extrêmement décevante"

Lundi 22 novembre, les avocats de Guy Orsoni ont publié un communqué dans lequel ils qualifient cette "décision d'extrêmement décevante". Selon Mes Romani, Antoniotti et Reynaud, "la Cour se devait en premier lieu de constater que l’accusation reposait exclusivement sur un renseignement anonyme, dont on sait qu’il est dépourvu de toute valeur probante".

"Il est détenu depuis près de deux ans, sans qu’aucune investigation réalisée ne puisse venir corroborer le renseignement anonyme mensonger, écrivent les trois conseils. Au contraire, tous les éléments matériels recueillis postérieurement à sa mise en examen, confirment si besoin était, l’impossibilité pour Guy Orsoni d’avoir participé directement ou non, aux faits criminels dont on l’accuse. L’enquête est figée depuis plusieurs mois et la Cour se devait de sanctionner cet immobilisme procédural, en prononçant la remise en liberté immédiate de Guy Orsoni. [...] La défense constate enfin, que d’autres dossiers comparables à celui-ci ont fait l’objet, a juste titre, d’une application scrupuleuse de la présomption d’innocence. Manifestement, Guy Orsoni ne se voit pas réserver un sort similaire et ne peut donc être convaincu d’une parfaite objectivité de la Justice à son égard."

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