Plan de relance économique : "Pour la Corse, le compte n'y est pas"

Le plan de relance économique de la Corse est au cœur d'une réunion, ce jeudi, entre le préfet de région, le président de l'exécutif et les principaux acteurs de l'économie insulaire. La première depuis des semaines. Nombreux espèrent la prise en compte d'une "spécificité insulaire". 

Le plan de relance économique de la Corse est au cœur d'une réunion, ce jeudi, entre le préfet de région, le président de l'exécutif et les principaux acteurs de l'économie insulaire.
Le plan de relance économique de la Corse est au cœur d'une réunion, ce jeudi, entre le préfet de région, le président de l'exécutif et les principaux acteurs de l'économie insulaire. © Thomas Coex / AFP

Quelles sommes seront allouées à la Corse pour sa relance ? Le sujet sera au cœur des négociations, ce jeudi 18 février, lors du premier rendez-vous entre les socio-professionnels de l'île, le préfet et le président du conseil exécutif de Corse. 

Un temps considérée comme "sous contrôle" par le gouvernement, l'économie insulaire a été fortement impactée par la crise du coronavirus comme le révèle une note de conjoncture de l'Insee publiée en janvier dernier. 

Selon les chiffres de la chambre de commerce et d'industrie (CCI), l'économie insulaire a subi une perte d'1,4 milliard d'euros liée à la crise sanitaire du coronavirus. Si le gouvernement a déjà débloqué, un milliard d'euros de prêts garantis par l'État, auxquels s'ajoutent 240 millions d'euros de report de dettes sociales et fiscales, pour Stefanu Venturini, vice-président de la CCI de Haute-Corse, "le compte n'y est pas."

"Une prise en compte de la spécificité corse"

Invité du Corsica Sera mardi, il réclame, comme de nombreux socio-professionnels, "la prise en compte de la spécificité corse". 

Elle se traduit notamment par une économie principalement composée de toutes petites entreprises avec un PIB fortement dépendant du tourisme. "Nous devons défendre notre spécificité", estime Stefanu Venturini. 

400 millions d'euros pour le plan "Salvezza è Rilanciu" 

Aux demandes de mesures structurelles, notamment sur la formation professionnelle ou la prolongation du crédit d'impôt, cette réunion permettra également de relancer le débat sur le plan "Salvezza è Rilanciu". "Il faut le prendre en considération avec l'ensemble des acteurs économiques. C'est quand même une première, je pense qu'on est sur la bonne voie", déclare Jean-Charles Martinelli, président de la chambre des métiers de Haute-Corse. 

Ce plan de 400 millions d'euros a été voté à l'unanimité à l'Assemblée de Corse le 27 novembre dernier. Il prévoit un financement à hauteur de 100 millions d'euros par la collectivité de Corse et de 300 millions d'euros par l'État. Une demande balayée d'un revers de main par Emmanuel Macron dans une lettre datée du 23 décembre dernier. "En matière de mise en œuvre du plan de relance, la méthode retenue par le gouvernement pour sa mise en place en Corse ne saurait faire exception à celle adoptée pour toutes les autres régions, étant donné qu'elle permet déjà une prise en compte des spécialités territoriales", avait alors écrit le président de la République. 

107,5 millions d'euros pour le Plan France Relance

Cette méthode fait en partie référence au Plan France Relance, qui prévoit une enveloppe de 107,5 millions d'euros pour la Corse sur les 100 milliards prévus par le dispositif. 

Comme pour l'ensemble du territoire national, le dispositif se décline en trois grandes catégories : les mesures impulsées au niveau national et non susceptibles d'une mise en œuvre territorialement différenciée ; les appels à projets déclinés au niveau régional ; des enveloppes territorialisées sous la responsabilité des préfets.

 

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