Procès du double assassinat de Bastia-Poretta : les débats reprennent ce lundi

Après cinq jours de pause, le procès du double homicide de Poretta reprend ce lundi matin au palais Monclar d’Aix-en-Provence. La semaine dernière, trois des principaux accusés ont été amenés à s'exprimer sur leur parcours de vie. L’audience du jour sera consacrée à la suite des examens relatifs à la personnalité des mis en cause. Jugée pour "assassinats en bande organisée", l’ex-surveillante de la prison de Borgo, Cathy Chatelain, devrait être interrogée aujourd’hui.

Le procès du double assassinat de Bastia-Poretta reprend ce lundi 13 mai devant les assises des Bouches-du-Rhône.

Depuis lundi 6 mai, 14 personnes y sont jugées, dont cinq pour "assassinats en bande organisée". Selon l’accusation, ce double homicide s’inscrirait dans le cadre d’une vengeance sur fond de lutte intestine au sein de la bande criminelle de la Brise de Mer.

Après une interruption de cinq jours, due au 8 mai et au pont de l’Ascension, la cour se réunit de nouveau ce matin à partir de 9 heures.

Pour l’instant, les débats sont consacrés à la personnalité et au parcours de vie des personnes poursuivies. Les faits en eux-mêmes, qui remontent au 5 décembre 2017, date à laquelle Antoine dit "Tony" Quilichini et Jean-Luc Codaccioni avaient été tués par balles sur le parvis de l’aérogare de Poretta, seront abordés plus tard, dans les prochains jours. Les deux hommes étaient présentés par les services d’enquête comme des membres du grand banditisme insulaire.

La semaine dernière, trois des principaux accusés – les frères Richard et Christophe Guazzelli (34 et 32 ans, jugés pour "assassinats") ainsi qu’Ange-Marie Michelosi (35 ans, jug" pour "complicité d'assassinats") – sont revenus sur leur parcours de vie, de leur enfance jusqu’au jour où ils ont appris le décès de leur père respectif : Francis Guazzelli avait été assassiné en novembre 2009, Ange-Marie Michelosi (père) seize mois auparavant, en juillet 2008. Le premier précité était présenté, selon les autorités policières, comme l’un des fondateurs de la Brise de Mer, le second comme une figure du grand banditisme en Corse-du-Sud.

Face à la cour, les trois accusés ont employé les termes de "basculement", "déchirement", "choc", "traumatisme", ou encore "détresse" pour qualifier ce que la mort violente de leurs pères avait provoqué chez eux. Les trois hommes s’exprimaient alors pour la première fois, après avoir gardé le silence face aux enquêteurs et au magistrat instructeur de la Jirs de Marseille durant toute l’instruction. Face à la cour, ils ont tous contesté être les "héritiers d'une bande criminelle".

Selon l’accusation, le double homicide de Poretta aurait pour mobile la vengeance des proches de Francis Guazzelli, alliés à Jacques Mariani (58 ans), contre ceux de Richard Casanova (assassiné en avril 2008) et de son beau-frère Jean-Luc Germani. Jean-Luc Codaccioni et "Tony" Quilichini étaient tous deux présentés par les services d'enquête comme des proches de ce dernier.

Accusé de "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime", Jacques Mariani - dont le père, Francis, a été tué dans l'explosion d'un hangar en 2009 - devrait être auditionné ce lundi. Idem pour Christophe Andreani, poursuivi pour "assassinats en bande organisée".

Une ex-surveillante de Borgo face à la cour

Également jugée pour ce même chef d'accusation, Cathy Chatelain (ex-épouse Sénéchal) devrait être amenée à s’exprimer sur son parcours face à la cour.

Surveillante au centre pénitentiaire de Borgo au moment des faits, cette mère de cinq enfants connaissait, selon l’accusation, les deux victimes : incarcéré à Borgo, "Tony" Quilichini avait été remis en liberté quinze jours avant la fusillade de Poretta alors que Jean-Luc Codaccioni rentrait de permission et devait regagner sa cellule le jour même. D'après l'enquête, c’est elle qui aurait permis de désigner au tireur les deux victimes dans l’aéroport en leur disant bonjour.

Désormais âgée de 48 ans et incarcérée à Riom, Cathy Chatelain est également accusée de "corruption passive". Durant son interrogatoire par les policiers, celle qui est surnommée "Cathy la matonne" a reconnu "avoir tenu un rôle dans la commission des faits". D'après les enquêteurs, elle aurait agi en échange de la remise d'une somme d'argent. Reste à savoir quelle sera son attitude face à la cour dès ce lundi.

Une enquêtrice de personnalité, ainsi que deux experts (psychiatrique et psychologue) devraient également être appelés à la barre par le président Jean-Yves Martorano.

Cathy Chatelain sera interrogée sur sa personnalité devant son ex-époux, Dominique Sénéchal. Renvoyé aux assises pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime", cet homme de 47 ans comparaît libre. Lundi 6 mai, après que le président Martorano avait effectué une rapide synthèse des faits, Dominique Sénéchal avait déclaré "reconnaître les faits qui [lui] sont reprochés", précisant qu’il avait "agi pour [sa] famille et par peur".

L’examen de sa personnalité pourrait également avoir lieu lors de l’audience de ce lundi, dans l’après-midi.

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