Rétrospective 2021 : l'année judiciaire corse en cinq événements marquants

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Écrit par A.A.

Trafic de stupéfiants, assassinats, extorsions de fonds... En Corse, l'année judiciaire 2021 a été marquée par une série de procès et d'enquêtes sur fonds de banditisme.

En début d'année 2021, la justice décide de frapper fort contre la bande dite du Petit Bar, un clan criminel ajaccien présenté comme le plus puissant du moment. Trois mois auparavant, trois membres éminents de la bande avaient échappé à un coup de filet.

Cette fois-ci, c'est le portefeuille qui est visé avec l'ouverture d'une enquête financière. Du blanchiment portant sur 48 millions d'euros d'investissements suspects, instruit à Marseille par la juridiction interrégionale spécialisée contre le crime organisé (JIRS). 20 personnes sont interpellées.

Jacques Santoni, le chef de l'équipe, Antony Perrino, un promoteur ajaccien proche du Petit Bar, sont incarcérés. Ils seront libérés quelques mois plus tard. "Parmi les arguments que nous avions soumis à la cour, naturellement la disproportion entre cette mesure de placement en détention provisoire et la nature réelle des faits reprochés à Monsieur Perrino", indique Maître Julien Pinelli, avocat d'Antony Perrino.

Entre temps un policier de la Sécurité publique d'Ajaccio Yves Robert est mis en examen. Soupçonné d'avoir communiqué des informations qui auraient permis à trois membres du Petit Bar d'échapper à un coup de filet en septembre 2020.

Guy Orsoni devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence

En février, c'est une vielle affaire qui revient devant la cour d'appel à Aix-en-Provence. Guy Orsoni, présenté comme une figure montante du banditisme et rival présumé du petit bar, est jugé pour association de malfaiteurs et de fabrication de faux papiers.

Il est condamné à quatre ans de prison. Quatre de moins qu'en première instance. "Je prends acte d'une décision que je respecte sur le plan de la caractérisation de l'infraction, sur la peine, en revanche et à titre subsidiaire, je pense que l'on a été entendu quant à l'absurdité de la peine précédente", estime Maître Martin Reynaud, avocat de Guy Orsoni.

Procès de l'assassinat de Jean-Michel German

Autre affaire de banditisme, jugé à Ajaccio cette fois, l'assassinat de Jean Michel German, un mécanicien au passé de toxicomane. Mickael Carboni, Ange-Marie Gaffory, Mickael Sanna, Sébastien Caussin et François Cay, présentés comme une équipe montante de la région d'Ajaccio, comparaissent devant la cour d'assises.

Le groupe était suivi par la police depuis plusieurs jours avant le meurtre. Des micros ont été placés dans leur voiture. L'avocate générale demande 25 ans de prison. La défense affirme que les enregistrements ne sont pas fiables. Les cinq accusés sont acquittés, le parquet fait appel.

La barre frappée d'interdit à Ajaccio

Mais Mickaël Carboni, son père Louis, 17 fois condamnés, Mickael Sanna et Ange-Marie Gaffory se retrouvent, en octobre, devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio pour un trafic de stupéfiants. La défense demande le renvoi, le tribunal décide de disjoindre.

Après un débat tendu, les avocats quittent l'audience et la bâtonnière frappe la barre d'interdit. Le procès se poursuit sans avocat. "Le tribunal s'est retiré et a décidé de ne pas faire droit à la demande de renvoi, en contradiction totale et en méconnaissance totale des droits des prévenus pour des peines extrêmement lourde. Et en ma qualité de bâtonnier, j'ai décidé de, malheureusement, frapper la barre d'interdit", précise Maître Julia Tiberi, bâtonnière du barreau d'Ajaccio.

Louis Carboni sera finalement condamné à 12 ans de prison, et son fils Mickael à 6 ans.

Jacques Mariani comparaît pour extorsion de fonds

Autre figure du banditisme insulaire. Jacques Mariani, l'héritier de la Brise de mer, comparaît pour une série d'extorsions de fonds. Il aurait commis des pressions sur des chefs d'entreprise pour récupérer de l'argent ou des biens. Des parts qui auraient appartenu à son père, Francis Mariani, pilier de la Brise de Mer.

Jacques Mariani est condamné à 6 ans de prison. À la barre, les chefs d'entreprise ont tous nié avoir subi du racket. Un fléau qui selon le service d'information de la criminalité organisée se répand en Corse.

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