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11 novembre 1918 : les femmes, ces oubliées de la Grande Guerre

Aux Invalides, le général Parreau décore de la légion d'honneur madame Charlotte Maître, infirmière. / © Agence Roll / Gallica
Aux Invalides, le général Parreau décore de la légion d'honneur madame Charlotte Maître, infirmière. / © Agence Roll / Gallica

Pendant longtemps, les femmes ont été les oubliées de l’histoire alors qu’elles ont joué un rôle, parfois au péril de leur vie comme ce fût le cas pour les infirmières et les espionnes. Sans oublier celles qui ont assuré le quotidien pendant la Guerre 14-18. 

Par Aline Fontoin

Les femmes ont joué un rôle déterminant durant la Première Guerre mondiale. Après le départ des hommes au front, elles ont dû les remplacer à l’arrière. Quel a été le véritable le rôle des femmes pendant cette guerre ?

Des héroïnes de guerre

Près de 72 000 infirmières, dans toutes les structures de soins à l'arrière ou dans les ambulances près du front sont déployées. 105 sont tuées sous les bombardements, 4 600 reçoivent la médaille des épidémies et seulement 950 seront décorées de la Croix de guerre à ce titre.

Parmi elles, Soeur Basilide, supérieure de l'hôpital de Thann en Alsace, ayant bravé le danger pour porter secours aux soldats français blessés. Elle fait partie des rares femmes qui ont obtenu la légion d'honneur pour acte de bravoure. 
 
Histoires 14-18 : Soeur Basilide, héroïne de Thann
Source archives : - Pathé Gaumont - Collection privée des Sœurs de la Toussaint  - France 3 - A. de Chalendar

Les femmes ont dû très vite se mettre au travail dans les exploitations agricoles pour subvenir aux besoins du foyer. Ces paysannes mobilisées soignaient le bétail, récoltaient, vendaient, achetaient, en suivant les conseils épistolaires de leurs époux.  

Conscient de leur rôle de gardiennes du territoire national, le président du Conseil René Viviani lance ainsi un appel aux femmes paysannes, dès le début de la guerre, pour achever les moissons.

Malgré l'aide des enfants et des personnes âgées, la culture des champs s'avère épuisante. Les chevaux sont réquisitionnés pour le front. Certaines femmes se mettent même à plusieurs pour tirer les charrues. La photo ci-dessous fera le tour du monde. Elle sera largement reprise par la propagande américaine pour vanter l'effort de guerre des femmes françaises.
 
Avant juillet 1917, cette photo montre trois paysannes qui s'attellent à l'outil, pour assurer le travail de la terre pendant que les hommes sont au front. / © Wikimedia Commons
Avant juillet 1917, cette photo montre trois paysannes qui s'attellent à l'outil, pour assurer le travail de la terre pendant que les hommes sont au front. / © Wikimedia Commons

150 000 femmes sont à la tête d'exploitations. Certaines paysannes améliorent la valeur des fermes et parviennent même à régler des dettes antérieures à la mobilisation.

 

Des femmes combattantes 

Les femmes françaises deviennent des "Munitionnettes" afin de remplacer les ouvriers partis au combat. Elles sont recrutées sur les chaînes de production des industries d'armement, produisant d'abord 10 000 obus par jour, pour atteindre 55 000 obus par jour en 1917.
 

Des femmes vont trouver une occasion de participer à une autre forme de combat en s’engageant comme espionnes. Mené sans arme à feu, l’espionnage est très dangereux et peut entraîner le sacrifice de sa vie. La lilloise Louise de Bettignies, surnommée "the Queen of Spies" a animé un vaste réseau depuis les territoires occupés du nord de la France et de la Belgique. Elle est morte dans un bagne allemand en septembre 1918.

A partir de 1915, on fait appel à des femmes, souvent polyglottes, pour devenir espionnes. Les commandements veulent remplacer les hommes espions, plus facilement repérables que les femmes. Elles ne font pas l’unanimité dans l’opinion française, compte tenu des méthodes de séduction auxquelles quelques espionnes, comme Mata-Hari, ont recours. 

Les femmes espionnes font preuve d’un redoutable professionnalisme après avoir été formées par les services secrets. 
 

Des femmes solidaires 

Ces femmes ont joué un autre rôle : le soutien moral aux combattants. Les poilus n’ont pas tous une famille avec qui correspondre. En janvier 1915, une initiative voit le jour : les marraines de guerre. Elles deviennent les confidentes des soldats et parfois des objets de fantasme. Les marraines entretiennent une correspondance avec le « filleul ». Il est en principe choisi avec l’accord de l’officier commandant de l’unité. La marraine lui envoie des colis de denrées et à partir de 1916,  elle peut même recevoir le filleul en permission dans sa famille. 
 
 

Une parenthèse d'émancipation ?


L'émancipation des femmes, pendant la durée de la guerre, n'a pas survécu à l'armistice en France. Partout en Europe, les droits des femmes s'élargissent. Les femmes britanniques obtiennent le droit de vote dès 1918. (à partir de 30 ans). En France il faudra attendre 1945 pour qu'elles obtiennent le droit de vote et 1946 pour le principe de l'égalité dans la Constitution entre hommes et femmes. 

À leur retour en 1918, les hommes reprennent leurs places et la majorité des femmes reprennent leurs occupations d’avant-guerre.
 

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