Jean-Marc Ayrault botte en touche : "Sur ArcelorMittal, l'Etat prendra toutes ses responsabilités"

Interrogé à l'Assemblée nationale sur le suivi des engagements d' ArcelorMittal à Florange, le Premier ministre n'a rien annoncé de concret en dehors de la réception des syndicats (mercredi) et des élus (jeudi) à Matignon.

Avant le CE extraordinaire à Florange mercredi 5 décembre et la réception des salariés à Matignon dans la foulée, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault était interrogé à l'Assemblée nationale par Michel Liebgott, député de la Moselle.

Deux questions claires de Liebgott, pas de réponses franches d'Ayrault

  • • Quelles assurances pour le redémarrage de la filière liquide de Florange dans le cadre du projet ULCOS ?
  • • Quels moyens de contrôle sur la tenue des engagements de Mittal après l'accord passé avec le gouvernement ?
A ces deux questions du mosellan, le Premier ministre, sur un ton moins mordant que son ministre du Redressement Productif (sagement attentif sur le banc des ministres) une semaine plus tôt et désavoué depuis ou encore que la ministre de la Culture ce matin, a botté en touche.
Rendant hommage tour à tour aux élus locaux et aux salariés de Florange "pour leur détermination, leur courage et leur volonté", il a confirmé  qu'il recevra les syndicalistes demain mercredi vers 18h pour leur transmettre, comme ils le demandaient, "toutes les précisions sur l'accord avec Mittal, en toute transparence" et a annoncé qu'il recevra les élus locaux concernés le lendemain jeudi 6 décembre.

Jean-Marc Ayrault a également martelé que "l'Etat prendra ses responsabilités", sans préciser de quelles façons et en se gardant bien de prononcer le terme qui semble être devenu un gros mot en quelque jours : "nationalisation" ou même d'évoquer la participation de Bernard Serin à la reprise de Florange.
Il a préféré évoquer "l'emploi des 2.800 salariés et l'avenir du site de Florange" sauvegardés dans une "bataille difficile" avec "un engagement obtenu sans conditions". Comprenez sans qu'il soit lié aux aléas du marché de l'acier, tel que cela avait été le cas avec Gandrange sous l'ère Sarkozy, en réponse à une question du député UMP canal historique Christian Jacob.

Le Premier ministre a également insisté sur la mise en place d'un "démonstrateur lié au projet ULCOS pour lequel l'Etat engagera des fonds publics et a déjà réservé 150 millions d'euros", sous réserve que la Commission Européenne retienne le projet et le finance.
Mais comme le révèle le quotidien Le Monde en fin de journée, en publiant l'accord secret qu'il a réussi à se procurer, seul le P6 sera conservé.

Au final, aucune assurance de redémarrage de la filière n'a pu être avancée par le chef du gouvernement. Quant aux moyens de contrôle des engagements de Mittal, pas évoqués non plus, nul ne sait aujourd'hui ce qu'ils seront. Ou même s'il y en aura.

Toutefois le président des députés socialistes Bruno Le Roux a annoncé la mise en place à l'Assemblée Nationale d'un "groupe de suivi, ouvert à tous les groupes politiques, pour que nous vérifiions bien que les engagements qui ont été pris soient réellement tenus".
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