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Dégradations, interpellations, gaz lacrymogènes : les “Arcelor” ont manifesté dans une ambiance tendue à Strasbourg

Une manifestation tendue / © AFP
Une manifestation tendue / © AFP

Une manifestation de salariés d'ArcelorMittal venus de France, de Belgique et du Luxembourg s'est déroulée mercredi dans une atmosphère tendue aux abords du Parlement européen de Strasbourg, où la police a fait usage de gaz lacrymogènes. 

Par MC avec AFP


Manifestation des "Arcelor" le 6 février à Strasbourg



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Les "Arcelor" ont manifesté dans une ambiance tendue


dégradations, interpellations, une personne blessée

Des centaines de salariés des sites européens d'ArcelorMittal ont réclamé mercredi dans une atmosphère tendue à Strasbourg le soutien des députés européens, au moment où le géant mondial de l'acier annonçait des pertes colossales. La police, qui avait interdit des voies d'accès aux abords du Parlement européen, a fait plusieurs fois usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants tentant de forcer le passage, dont une poignée lançaient des pierres et des bouteilles.

Les abris en verre de plusieurs arrêts de tramway et de bus, ainsi que des panneaux de signalisation ont été dégradés. Trois manifestants ont été interpellés et un journaliste de l'AFP a été témoin de l'évacuation d'un autre sur une civière, un salarié belge blessé selon ses collègues par les forces de l'ordre. Les métallos avaient convergé depuis des sites d'ArcelorMittal de Florange et Gandrange (Moselle), Schifflange (Luxembourg) et Liège (est de la Belgique). Ces derniers devaient fournir le gros des troupes, les syndicats belges ayant annoncé plus de 1.200 personnes parties de Liège, mais de nombreux cars ont été arrêtés selon eux sur le trajet par les forces de l'ordre.; Casques sur la tête, les salariés de Florange arboraient une banderole intersyndicale portant l'inscription: "L'acier lorrain vivra", et des autocollants: "Touche pas à mon usine".

"L'industrie sidérurgique est en train d'être massacrée par un prédateur, Mittal. La question que nous voulons poser aux députés européens, c'est: +combien de dizaines de milliers d'emplois supprimés faudra-t-il encore avant que l'Europe bouge?+", a déclaré à Edouard Martin, de la CFDT de Florange, avant de rencontrer des députés. Pour son collègue belge Jean-Luc Rader, secrétaire régional du syndicat belge FGTB Métal, les parlementaires doivent comprendre "qu'il y a un problème avec l'industrie en Europe".

 

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La manif des Arcelor le 6 février à Strasbourg


Niveau de restructuration "approprié"


Une délégation de salariés reçus au Parlement, et qui devaient notamment s'entretenir avec le président de l'institution européenne Martin Schulz, ont écourté leur rencontre pour rejoindre les manifestants, quand ils ont eu vent des échauffourées à l'extérieur. "On ne peut pas admettre de parler avec les députés européens quand nos collègues se font tabasser dehors", a dit à l'AFP, Walter Broccoli, délégué FO à Florange. "La réponse de l'Etat français, ce sont les matraques", a lancé de son côté Edouard Martin.

Plusieurs députés, dont les Français José Bové, Jacky Hénin (PCF) et Sandrine Bélier (EELV), sont venus apporter leur soutien aux manifestants et demander aux forces de l'ordre d'alléger le dispositif de sécurité, vécu comme une provocation. La tension est retombée en fin d'après-midi, et les métallos ont commencé vers 17h00 à regagner leurs cars. Cette manifestation à Strasbourg coïncidait avec la publication le même jour par le géant mondial de l'acier d'une perte nette de 3,73 milliards de dollars pour 2012, du fait notamment de la mauvaise santé de ses activités en Europe et du coût des restructurations.

ArcelorMittal a notamment annoncé une perte opérationnelle de 2,2 milliards d'euros au quatrième trimestre pour sa division d'aciers plats carbone Europe, qui inclut les sites de Florange et de Liège. Après les mesures drastiques de réduction de ses capacités de production en Europe, notamment la fermeture des hauts-fourneaux de Liège et Florange, et les turbulences politiques qui ont suivi, le directeur financier, Aditya Mittal, a laissé entendre que le groupe allait s'en tenir là.

"Les éléments essentiels de notre programme d'optimisation des actifs ont aujourd'hui été annoncés. Ce qui veut dire que fondamentalement, le niveau de restructuration que nous avons effectué est approprié", a dit M. Mittal, fils du PDG, Lakshmi Mittal. Ce dernier a pour sa part estimé dans un communiqué être à présent en mesure d'améliorer en 2013 la "rentabilité" de son activité sidérurgique.

Communiqué de la préfecture du Bas-Rhin

 / © Gendarmerie   Une manifestation non déclarée a été organisée ce jour devant le Parlement Européen, à l'initiative de syndicats de sidérurgistes belges. Suite aux informations fournies faisant état de risques de violences à l'image de celles intervenues en Belgique le 29 janvier dernier, et afin de prévenir des actions violentes contre le Parlement Européen et d'autres administrations publiques, il a été décidé, sur réquisition du Procureur de la République de Strasbourg, de procéder à la fouille systématique et préventive des autocars en provenance de Liège. 23 autocars ont donc été interceptés et fouillés.

 / © Gendarmerie

Ont été saisis :
  • un dispositif de brise tympans et 12 pastilles d'explosifs
  • 2 bonbonnes de gaz
  • 1 grenade artisanale à billes
  • 40 kg de boulons de grosse taille et de ferraille coupante
  • 66 fumigènes
  • 147 pétards de types K2 à K4 (interdits à la vente et à l'usage sauf par des artificiers professionnels)
  • des pots de peinture et de nombreuses ampoules remplies de peinture.

Arrivés sur le site du Parlement, le millier de manifestants présents se sont opposés immédiatement aux forces de l'ordre en protection qui ont été la cible de quelques éléments particulièrement violents et déterminés à blesser et à casser. Les forces de l'ordre ont été exposées pendant plusieurs heures aux jets de projectiles divers et d'éléments de mobilier urbain. Douze gendarmes et policiers ont été blessés par ces projectiles.

Afin de préserver et de protéger les institutions publiques environnantes et de maintenir les manifestants à distance du centre ville et des populations qui auraient été exposées aux agissements d'une minorité d'individus violents, les forces de l'ordre ont répliqué en utilisant des gaz lacrymogènes et quatre tirs de flash ball. Deux blessés ont été recensés chez les manifestants, l’un à l’abdomen, l’autre au visage.

De nombreux éléments de mobilier urbain ont été détruits dans le quartier du Wacken. Plusieurs individus ont été interpellés et des procédures judiciaires ont été rédigées.


Communiqué de la fédération du Bas-Rhin du Parti Communiste Français

 

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