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Ouverture du procès du mosellan Francis Dorffer, insoumis du monde carcéral

La maison centrale de Poissy où Francis Dorffer a pris un surveillant en otage en juillet 2011. / © France 3 Lorraine.
La maison centrale de Poissy où Francis Dorffer a pris un surveillant en otage en juillet 2011. / © France 3 Lorraine.

La cour d'assises de Paris a commencé à juger lundi 17 juin 2013 Francis Dorffer, 29 ans dont 13 passés en prison, en conflit avec l'Administration pénitentiaire contre laquelle il a mené quatre prises d'otage, dont deux sont jugées cette semaine.

Par Jean-Christophe Dupuis-Rémond avec AFP

Le jeune homme brun originaire de Moselle, en jean et chemise rouge, a écouté calmement le président de la cour rappeler les faits à l'ouverture des débats : comment en 2009 à la centrale de Clairvaux (Aube), puis en 2010 à la prison parisienne de la Santé, il a retenu un surveillant puis un psychiatre en otage durant plusieurs heures.

Comme à Poissy en 2011, la prise d'otage en 2010 à la prison de la Santé du psychiatre Cyrille Canetti, 49 ans, praticien expérimenté du milieu carcéral s'est terminée par une reddition sans violence après quelques heures de négociations.

Le Dr Canetti, qui s'est constitué partie civile, avait livré dans les médias une analyse tout en nuances, à l'issue des faits: "médicaliser" dans des unités spécialisées des détenus comme Dorffer n'est "pas la solution".

"Il faut plutôt privilégier les liens qu'ils ont avec l'extérieur, envisager des rapprochements familiaux (...), éviter les transferts" répétés qui provoquent "des ruptures, dans le soin et les contacts avec d'autres détenus, avec les agents...". Dr Canetti.


A la prison de Nancy, en 2006, il s'était déjà attaqué sur le même mode à une psychiatre de l'établissement.
Au terme de quelques heures de négociation, ces agressions conduites sous la menace d'armes artisanales se sont terminées, sans blessé, par la reddition du détenu.

Un souhait répété de rapprochement familial

A chaque fois, ses revendications ont porté sur ses conditions de détention et notamment son rapprochement avec sa seule famille : une femme, soeur d'un ancien codétenu, et un enfant conçu au parloir, domiciliés dans la région de Mulhouse.

Garçon à l'enfance cabossée, placé en foyer à l'âge de huit ans, condamné pour le viol d'un de ses camarades, incarcéré à l'âge de 16 ans, il purge actuellement une peine de 30 ans de réclusion, dont 20 ans de sûreté, pour le meurtre en 2003 d'un codétenu égorgé.

Classé "détenu particulièrement signalé" (DPS) par l'Administration pénitentiaire, présentant des risques pour l'ordre et la sécurité, il a affirmé aux juges ne pas avoir eu l'intention de tuer ses otages. A la Santé, il avait menacé que "ça se termine dans le sang" si l'administration n'accédait pas à ses revendications.

Cet "enfant de la prison", selon l'expression d'un de ses avocats, "enfant illégitime de l'assistance éducative et de la maison d'arrêt" a récidivé en 2011 à la centrale de Poissy où il a pris un surveillant en otage plusieurs heures, pour exiger, de nouveau, son transfèrement.
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Me Thomas Hellenbrandt, avocat de Francis Dorffer
Interview réalisée le 8 juillet 2011 après la prise d'otage d'un surveillant à la maison centrale de Poissy.


Son procès doit se tenir jusqu'à vendredi.

Dorffer, récidiviste de la prise d'otage et "enfant de la prison"

"C'est un pauvre gosse qui a déraillé après la mort de sa soeur par overdose, que ses parents n'ont pas su gérer, qui s'est retrouvé en foyer où une rivalité entre garçons a déraillé. Puis c'est la prison, l'absence de cellule individuelle et le meurtre d'un codétenu par un garçon auquel l'institution n'a pas su tendre la main", selon Me Thomas Hellenbrandt, l'un des avocats de Francis Dorffer.

Au lendemain du meurtre, il avait déclaré à un enquêteur : "Avec ça, je vais prendre perpet' et je vais crever en taule. Alors qu'est ce que je risque ? Je peux tuer, frapper, faire toutes les conneries, ce ne sera pas pire pour moi", rapportait l'Est Républicain en 2009.

Le même quotidien citait la supplique adressée lors de son procès d'appel à une mère qui ne lui rend jamais visite: "Donne-moi la chance de te montrer que j'ai changé, que j'ai un avenir."

L'avocate parisienne de Francis Dorffer, Françoise Cotta, le décrit aujourd'hui "tourné vers le futur, désireux de montrer qu'il a fait ses preuves".
C'est transféré par "trois véhicules de l'administration pénitentiaire toute sirène hurlante, des motards, un chien dans le box", qu'il a été jugé il y a plusieurs mois à Reims pour insulte à un surveillant, raconte Me Hellenbrandt.

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