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Réforme Territoriale : Charles BUTTNER sort de son silence

Charles Buttner, président UMP du conseil général du Haut-Rhin
Charles Buttner, président UMP du conseil général du Haut-Rhin

Charles BUTTNER, Président du Conseil Général du Haut-Rhin, fait connaître sa position sur la nouvelle carte de France avec treize régions. Dans un communiqué, il tient à souligner que réformer l'Etat et consulter le peuple sont les préalables à toute réforme territoriale.

Par Denis Becker

Il ajoute : « La division et le réveil tardif des acteurs politiques alsaciens nous portent préjudice ». Des propos qui interviennent au moment où différentes initiatives sont prises par des élus alsaciens, telles que la pétition lancée par le maire de Mulhouse, Jean Rottner, pétition qui demande un nouveau référendum sur le Conseil unique d'Alsace avant la fin de l'année.

Communiqué de presse de Charles BUTTNER du 23 juillet 2014

Pour Charles BUTTNER, réformer l’Etat et consulter le peuple sont les préalables à toute réforme territoriale.

« La fébrilité et l'agitation nous desservent en Alsace. Quelle que soit la posture adoptée, elle revient à cautionner la démarche du Gouvernement. Celui-ci nous dit comment il nous réforme, alors que la priorité absolue serait qu’il se décide lui-même à se réformer. C'est un préalable incontournable que nous avions d'ailleurs inscrit dans notre " Projet pour l'Alsace ".

La division et le réveil tardif des acteurs politiques alsaciens nous portent préjudice. Tous les observateurs et experts des médias nationaux, géographes, journalistes parisiens, s'étonnent que notre région soit classée dans les « fusionnables » et devienne une variable d'ajustement. La Bretagne, la Corse sont reconnues d'emblée pour leur caractère et n’ont pas eu besoin de mettre dans la balance  un processus quelconque de fusion interne.

Dans ces multiples prises de positions, d'aucuns s'interrogent sur mon silence.

Ce débat se cantonne malheureusement au niveau national et c’est ainsi que j'ai donné mon avis d’élu local, au travers de la presse nationale, sur le massacre opéré par les découpages de la « carcasse » France et de la démocratie de proximité. Ma position de Président d'une collectivité territoriale est celle de ma majorité au Conseil général  et a été exprimée dans la motion du 25 juin dernier : Non à toute fusion.

J'estime ne pas devoir proposer une stratégie de plus. Pourquoi ajouter à cette cacophonie ?

Je constate que toutes les stratégies élaborées par les grands élus alsaciens n'aboutissent pas. N'est-il pas temps de se poser les bonnes questions pour ne pas refaire les mêmes erreurs que lors de la campagne du référendum ? Philippe Richert avait renoncé, lors du premier congrès des trois collectivités alsaciennes, le 1er décembre 2011, à lier l’excellent « Projet pour l'Alsace » à la fusion de ces trois collectivités. Ce même congrès  a voté, un an plus tard, ce projet, probablement bien trop tard pour motiver le vote des Alsaciens. En effet, il n'a été question que d'organisation institutionnelle par fusion et non pas de contenu. En jouant aux apprentis sorciers, n'avait-on pas joué avec le feu ? Aujourd'hui François Hollande fait le même péché originel : il découpe, s'occupe de la forme, réforme les scrutins avant de voir ce qui unit les uns et les autres et ce qu'ils ont comme projets communs.

Alors, faut-il remettre sur le métier le Conseil unique qui a été désavoué par les Alsaciens le 7 avril 2013 par l'abstention ou par le non ? Le déni et la régression démocratique seraient criants et comme élu du peuple, je ne peux m’y résoudre. Le deuxième préalable, pour moi, serait donc un nouveau référendum. D'ailleurs, la consultation des électeurs est aujourd'hui encore obligatoire, en l’état du droit actuel, malgré ce que certaines pétitions affirment.

L'histoire qui s'écrit nous montre, aujourd'hui, que l'Alsace est affaiblie, est partie divisée au combat, qu'elle n'a pas les bons leviers dans la capitale et qu’elle n'a pas été défendue à temps. Une question de fond se pose donc à tous sur notre capacité à être entendus à Paris puisque c’est la triste règle qui s’impose à notre pays centralisé.

Je n'oublie pas que certains collègues, présidents, sénateurs et députés ont dénoncé, il y a peu de temps encore, violemment, mes prises de position directes et frontales avec le Gouvernement, sur le TGV Rhin-Rhône et Fessenheim notamment, mais aussi sur l’EuroAirport ou le déni du fait frontalier, estimant selon leurs expériences que tout se réglait dans les couloirs à Paris. Je constate les résultats sur le devenir de la Haute-Alsace.

Nous les Alsaciens, n’avons pas à endosser la responsabilité de ces mauvaises stratégies. J'y veillerai. Je continuerai à construire l’avenir de notre département avec mon Assemblée car j'ai l'honneur de présider une Collectivité exemplaire et innovante avec mes collègues, élus de terrain et de bon sens.

Les vraies pistes de réorganisation ne sont pas dans les fusions, mais dans le renforcement des identités territoriales existantes,  leur permettant de se fédérer dans des ensembles géographiques plus larges, qui disposeraient de réels pouvoirs transférés par l'Etat, et d’exercer en pleine compétence les fonctions territoriales supérieures (Recherche, Université, Economie, mobilité, multilinguisme et développement transfrontalier…).

Il est, par ailleurs, assez singulier de constater que les volontés de réforme remettent plutôt en cause l’échelon régional qui parait moins adapté désormais. En revanche, de plus en plus de précautions sont prises pour les départements dont on ne parlerait qu'en 2020. Mon département assure un service d’excellence à ses habitants, au coût le plus compétitif. C'est ce modèle que je défends et j'attends de mes collègues alsaciens qu'ils défendent ardemment la proximité.

J'appelle à l'unité, à la fraternité, mais aussi à la fermeté et à la détermination. Il ne faut pas des solutions par dépit mais des solutions de combat qui ont du sens et je laisse le soin aux parlementaires alsaciens, de tout bord, d'actionner leur réseaux et leur expérience pour le devenir des Alsaciens, mon seul objectif et moteur. »

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