Caddie : 256 salariés ne profiteront pas de la reprise

Des salariés de Caddie devant le site de l'entreprise à Drusenheim / © AFP
Des salariés de Caddie devant le site de l'entreprise à Drusenheim / © AFP

Le tribunal de commerce de Paris a approuvé lundi l'offre de reprise du fabricant de chariots de supermarché Caddie, en liquidation judiciaire, présentée par son ancien directeur général, Stéphane Dedieu. 

Par Avec AFP

La reprise prendra effet au 1er novembre, a précisé le tribunal de commerce. Le tribunal de commerce de Paris a donné son feu vert lundi à l'offre de reprise du fabricant de chariots de supermarché Caddie, en liquidation judiciaire, présentée par son ancien directeur général, Stéphane Dedieu. 

L'offre prévoit de conserver 128 des quelque 380 salariés de l'entreprise. La reprise prendra effet au 1er novembre, a précisé le tribunal de commerce. Le projet de M. Dedieu prévoit de maintenir 105 emplois sur le site historique de Caddie à Drusenheim (Bas-Rhin), et 23 sur le site de revêtement industriel de Oberhausbergen. L'ancien directeur général prendra 65% de la nouvelle société.

L'italien Bertoldi, distributeur de Caddie depuis 1961, et l'allemand Shopbox, spécialisé dans l'entretien et la maintenance des chariots, entreront au capital respectivement à hauteur de 25% et 10%. Les repreneurs visent un chiffre d'affaires de 17 millions d'euros en 2015 (contre 37 millions de ventes réalisées en 2013) et se sont engagés à ne pas effectuer de licenciements économiques pendant deux ans.

Un repreneur, mais des regrets
Reportage de David Meneu et Didier Walter et Isabelle Nommay Interviews : Sébastien Schmitt Opérateur régleur, Emine Baltaci Femme de ménage, Stéphane Dedieu Repreneur de Caddie, Thierry Carl Membre du CE (CFTC)

L'interview de Stéphane Dedieu

Interview de Stéphane Dedieu


Dans une ambiance pesante, les salariés  ont accueilli lundi avec résignation la validation d'un projet de reprise qui prévoit le maintien de 128 des plus de 380 emplois. "Les gens sont résignés: ils savent ce qui les attend", a confié à l'AFP Céline Goehringer, déléguée syndicale Force Ouvrière. "C'est bien qu'il n'y ait pas liquidation, mais il va y avoir une saignée" dans les effectifs de l'entreprise, relève-t-elle. Sous un ciel maussade, une centaine de salariés de l'équipe du matin se trouvaient lundi sur le site au moment où la nouvelle est tombée. Une poignée d'entre eux, en blousons rouge et gris, s'étaient rassemblés devant la porte, tandis que la presse était tenue à l'écart derrière les grilles d'accès au site. L'usine est à l'arrêt depuis plusieurs jours. L'offre retenue par le tribunal de commerce de Paris "était l'unique solution".

Dans la mesure où c'était la seule solution, c'était la meilleure", a commenté devant les journalistes son collègue de la CFTC, Thierry Carl, élu au CE. Pour autant, l'annonce reste "une catastrophe" selon lui, car elle mettra "plus de 250 salariés sur le carreau". Selon Thierry Carl, "les gens sont très démoralisés, ils en ont marre, ils aimeraient qu'on en finisse avec cette histoire de redressement". Mais "l'histoire n'est pas finie: ça ne va pas être drôle pour ceux qui vont partir et ceux qui vont rester", prédit-il.

L'offre de reprise approuvée par le tribunal de commerce de Paris est portée par son ancien directeur général, Stéphane Dedieu. L'offre prévoit de conserver 128 des plus de 380 salariés de l'entreprise. La reprise prendra effet au 1er novembre. La liste des postes que l'offre de reprise partielle retenue prévoit de supprimer a déjà été publiée la semaine dernière, mais elle n'est pas nominative. Thierry Carl espère "que M. Dedieu va avoir les reins assez solides pour repartir sur une base solide". Mais certains, à l'instar de Céline Goerhinger, jugent son plan "trop prudent". "Si la cadence commence à augmenter, le business plan de M. Dedieu risque d'être trop juste", affirme-t-elle.
 

 

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