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Accueil des mineurs étrangers : l’éducatrice de La Sauvegarde toujours menacée de licenciement

Un premier rassemblement en soutien à Ibtissam Bouchaara a déjà été organisé fin janvier. / © France 3 Champagne-Ardenne
Un premier rassemblement en soutien à Ibtissam Bouchaara a déjà été organisé fin janvier. / © France 3 Champagne-Ardenne

Jeudi 29 juin prochain, devant le siège de l’association La Sauvegarde à Bezannes, un rassemblement est organisé à l’appel de deux syndicats Sud-Solidaires et la CGT. Ils veulent dénoncer la menace de licenciement qui pèse toujours sur leur collègue Ibtissam Bouchaara.

Par Isabelle Forboteaux

L’histoire remonte à janvier 2017. Un jeune malien, Denko Sissoko se suicide du 8e étage du foyer Bellevue de Châlons-en-Champagne.
Quelques jours après le décès du jeune homme, une marche lui rendant hommage est organisée. C'est à cette occasion qu’une éducatrice de l’association La Sauvegarde, par ailleurs déléguée du personnel, s’est exprimée, dénonçant le manque de moyens et les conditions inacceptables de prise en charge de ces jeunes mineurs étrangers.
Suite à ces propos, relayés par les médias, Ibtissam Bouchaara a été mise à pied conservatoire par l’association La Sauvegarde en vue de son licenciement.
En tant que salariée protégée (déléguée du personnel) la procédure est soumise à l’aval de l’inspecteur du travail. Après deux mois d’enquête ce dernier juge irrecevable le licenciement et Ibtissam Bouchaara est réintégrée dans ses fonctions début mars, sous réserve du recours de son employeur.

Plainte sans suite et recours auprès du ministère du Travail

Le 21 mars une plainte contre X, émanant des parents de Denko Sissoko, est déposée pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger notamment. Plainte classée sans suite par le procureur de la République de Châlons-en-Champagne.
Dans le même temps l’association La Sauvegarde a déposé un recours contestant la décision de l’inspecteur du travail, auprès du ministre du Travail. Une nouvelle enquête est donc diligentée et instruite par l’inspection du travail régionale (Grand-Est).
« Une procédure traditionnelle » précise Philippe Colautti, directeur général de La Sauvegarde 51. « Depuis le départ, l’association estime ne pas avoir fait de faute. Les conditions d’accueil à Châlons-en-Champagne sont bonnes et nous ne sommes pas responsables de la mort de ce jeune malien. La Sauvegarde veut être lavée de tous soupçons. La décision du procureur, de ne pas donner suite à la plainte des parents, contredit donc tous les propos de Mme Bouchaara », précise encore Mr Colautti. « Des propos dévastateurs pour notre réputation ».

Rassemblement jeudi 29 juin contre le licenciement

Il faut désormais attendre la réponse de l’inspecteur du travail régional pour savoir si l’éducatrice sera licenciée ou non. Quel que soit sa décision, un dernier recours est possible, devant le tribunal administratif cette fois.
En attendant, les syndicats de La Sauvegarde ont appelé au rassemblement ce jeudi 29 juin à 11 h devant le siège de l’association à Bezannes. Une manifestation pour dénoncer ce qu’ils appellent « un contexte où la direction de la Sauvegarde entend mettre au pas les syndicats et les élus du personnel ». Les syndicats Sud et la CGT ont d’ailleurs intenté une procédure d’entrave.

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