Tueur de DRH : mis en examen et écroué, Gabriel Fortin reste muet sur ses motivations

Gabriel Fortin, meurtrier présumé d'une DRH et d'une employée de Pôle Emploi, dans la Drôme et l'Ardèche, a été mis en examen samedi 30 janvier pour "assassinats" et écroué. Les enquêteurs travaillent toujours sur le lien avec l'assassinat d'Estelle Luce à Wolfganzen.

Estelle Luce, la victime de Wolfgantzen, a été retrouvée le mardi 26 janvier en fin d'après-midi tuée par balles dans son véhicule sur le parking de son entreprise Knauf à Wolfgantzen (Haut-Rhin)
Estelle Luce, la victime de Wolfgantzen, a été retrouvée le mardi 26 janvier en fin d'après-midi tuée par balles dans son véhicule sur le parking de son entreprise Knauf à Wolfgantzen (Haut-Rhin) © P. Kerber

"La préméditation sur les deux faits est parfaitement avérée", a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, ce samedi 30 janvier, ne pouvant cependant confirmer, tout comme ses homologues de Mulhouse et Colmar, le lien entre ce double assassinat et un meurtre, ainsi qu'une agression, survenus dans le Haut-Rhin en début de semaine.

Le parquet de Valence entretient toutefois un contact régulier avec les parquets de Colmar et Mulhouse, afin d'examiner cette "possibilité de lien avec les faits criminels commis le 26 janvier en Alsace".

Côté balistique, "en l'état, nous n'avons pas encore la certitude" que l'arme "légère" qui a servi à tuer Estelle Luce, un Luger de 9 mm, est celle retrouvée sur Gabriel Fortin lors de son interpellation, a indiqué la procureur de Colmar, Catherine Sorita-Minard. "Une expertise balistique va être menée et permettra peut-être de le confirmer", a-t-elle ajouté.

Périple mortel

Jeudi 29 janvier en début de matinée, un homme faisait feu sur une employée de l'agence Pôle Emploi de Valence, la blessant mortellement au niveau de la cage thoracique. Selon le procureur, rien n'établit en l'état que l'agresseur connaissait cette victime. L'individu avait été inscrit à l'agence Pôle Emploi de Valence avant d'en être radié en 2013 mais "rien n'établit en l'état qu'il connaissait" l'employée qu'il a froidement tuée, Patricia Pasquion, 54 ans, a précisé le procureur de Valence.

Trente minutes après ce geste, il se présentait à la société Faun Environnement basée en Ardèche, entreprise où il avait été salarié entre 2008 et 2010, en qualité d'ingénieur, avant d'en être licencié, et blessait mortellement la DRH, Géraldine Calcin, 51 ans, au moyen de son arme automatique. 

Après ce deuxième meurtre, le tueur quittait l'entreprise "sans empressement particulier". Dix minutes plus tard, il était interpellé par les policiers de Valence au volant de véhicule Hyundai de couleur rouge-orangé.

Placé en garde à vue, il s'avère que l'homme de 45 ans est originaire de Nancy, où il demeure. Célibataire sans enfant, cet ingénieur sans emploi est inconnu des services judiciaires et des services de renseignements. Durant tout le temps de sa garde à vue, Gabriel Fortin est resté mutique et a refusé de répondre aux questions des enquêteurs. Il n'a pas non plus souhaité s'exprimer devant le juge d'instruction.

Meurtrier d'Estelle Luce ?

Vendredi 29 janvier, une source proche du dossier a confirmé que Gabriel Fortin était également soupçonné du meurtre d'une autre DRH, Estelle Luce, tuée par balle mardi 26 janvier sur le parking de son entreprise, Knauf, à Wolfgantzen (Haut-Rhin), tout comme de l'agression d'un homme travaillant aussi dans les ressources humaines, attaqué chez lui à Wattwiller, dans le même département. Et ce sur la foi de "la voiture, les armes et les munitions".

Son agresseur, qui l'a raté, a fui dans une voiture de la même couleur - rouge-orangé - que celle utilisée par Gabriel Fortin. Selon une autre source proche du dossier, l'homme attaqué à Wattwiller est employé chez General Electric à Belfort, où il est DRH de la branche Gaz.

 

Extrême gravité des faits

Devant "l'ampleur des investigations à réaliser", le procureur de Valence précise que l'information judiciaire sera dirigée par deux juges d'instruction en co-saisine "en raison de l'extrême gravité des faits commis".

A Valence et Guilherand Granges, des cellules d'urgences médico-psychologiques ont été mises en place en vue d'assister et d'accompagner les familles des victimes et leurs collègues, "fortement et durablement choquées par les faits", a encore précisé le procureur.

Les 900 agences Pôle Emploi de France sont restées fermées au public vendredi. Celle de Valence où a été tuée la conseillère demeurera portes closes "jusqu'à nouvel ordre", comme l'indique un écriteau apposé sur sa porte d'entrée.

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