Alsace - Nos plus belles randonnées : à la découverte des tranchées sud du Hartmannswillerkopf

En contrebas du champ de bataille du Hartmannswillerkopf, qui a vu s’affronter les armées française et allemande à l’hiver 1915, les Allemands ont construit à partir de 1916 un réseau de tranchées et de bunkers qui leur permettaient de se ravitailler, de se reposer et de se soigner.

La "Suisse lippique", emmène les promeneurs dans les pas des soldats allemands de la Première Guerre mondiale.
La "Suisse lippique", emmène les promeneurs dans les pas des soldats allemands de la Première Guerre mondiale. © Bernard Stemmer/France Télévisions

Le sommet du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin), bien connu, a vu s’affronter les armées française et allemande à l’hiver 1915. En contrebas du champ de bataille, les Allemands ont construit à partir de 1916 un réseau de tranchées et de bunkers qui leur permettaient de se ravitailler, de se reposer et de se soigner.

La "Suisse lippique", "l’échelle vers le ciel", les noms sont romantiques, mais ils vous emmèneront dans les pas des soldats allemands de la Première Guerre mondiale. Au cœur d’un incroyable complexe de bunkers creusés à même la roche, et reliés entre eux par une longue tranchée qui mène au sommet de la montagne mangeuse d’hommes.

Point de départ : le parking du domaine du Hirtzenstein

Distance : 8 km

Niveau de difficulté : Moyen. Après une petite mise en jambe le long de la route forestière, préparez-vous à une ascension qui nécessitera une bonne condition physique. Mais les nombreux bunkers à explorer sont autant de pauses qui permettront de faire cette randonnée avec des enfants dès 10 ans.

Le parcours est une boucle de 8 km, avec 429 mètres de dénivelé positif.
Le parcours est une boucle de 8 km, avec 429 mètres de dénivelé positif. © Manuel Ruch/France Télévisions

 

Nos coups de cœur : La Suisse lippique, la cantine Zeller, le cimetière des Uhlans

Le départ de notre randonnée historique se fait au parking du domaine du Hirtzenstein, sur les hauteurs de Wattwiller. Vous suivrez les triangles jaunes du club vosgien, sur la route forestière qui s’engage dans la forêt sur la gauche du parking. Le long de cette route, la présence de pervenches, plantées par les Allemands, trahit la celle d’un ancien cimetière, surnommé la plaine des morts, ce que vient confirmer la présence d’une stèle, "Den Tapferen gefallenen" (aux braves tombés).

C’est un peu plus loin sur la gauche que débute la Suisse lippique, cette longue tranchée qui monte vers le sommet. Mais un arrêté préfectoral interdit d’y entrer par sa partie basse qui menace de s’effondrer en plusieurs endroits. Il faut donc continuer sur la route forestière et après quelques centaines de mètres, l’itinéraire balisé quitte la route forestière pour rejoindre la tranchée allemande.

La cantine Zeller.
La cantine Zeller. © Bernard Stemmer/France Télévisions

La Suisse lippique 

Ce secteur aurait été surnommé ainsi par les soldats originaires de la Lippe, une région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui lui trouvaient sans doute une ressemblance avec les secteurs montagneux de leur pays. En suivant la tranchée, vous croiserez de nombreux abris construits à partir de 1916 et de la stabilisation du front. Plusieurs d’entre eux sont encore en bon état et peuvent se visiter, il est même parfois possible de s’aventurer dans un boyau et de ressortir un peu plus loin sur la montagne. Pensez à prendre une lampe de poche !

L'Unterer Rehfelsen

Point névralgique des défenses allemandes, ce gros rocher abritait un important complexe qui formait une hernie au milieu des lignes françaises. Malgré leurs offensives, les soldats français ne parviendront jamais à déloger leurs adversaires. Le sommet du rocher offre un superbe point de vue sur le sud de la plaine d’Alsace, jusqu’aux Alpes Bernoises.

L’Himmelsleiter graben 

Littéralement, l’échelle vers le ciel. A la sortie de la Suisse lippique, le sentier se fait plus raide, et il va falloir gravir des dizaines de marches pour rejoindre le sommet. Les fils de fer barbelés le long du sentier, les queues de cochon, les impacts d’obus trahissent encore les combats qui ont fait rage ici.

Arrivés au sommet, si vous avez encore les jambes, vous pouvez arpenter le champ de bataille et pousser jusqu’au monument national. Sinon, dirigez-vous vers la plaine et le monument du 152e régiment d’infanterie, d’où vous entamerez la descente, en suivant les rectangle rouge-blanc-rouge.

La cantine Zeller

Cet ancien fortin qui hébergeait l’état-major allemand a pris le nom de Joseph Zeller, qui s’y est installé après la guerre. Son épouse, Anna, y a vécu jusqu’en 1971. Aujourd’hui géré par une association, vous y trouverez un musée, quelques tables pour pique-niquer et même quelques boissons pour vous désaltérer.

Le cimetière des Uhlans. 
Le cimetière des Uhlans.  © Bernard Stemmer/France Télévisions

Le cimetière des Uhlans 

En suivant le marquage rouge-blanc-rouge, puis les disques jaunes, vous rejoindrez votre point de départ. Sur le chemin, vous pourrez faire une halte dans le dernier cimetière datant de l’époque des combats. Les pierres tombales qui surmontent des tombes vides, donnent à ce lieu une atmosphère particulière.

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