Alsace : la plus grande collection de revues au monde pourrait être numérisée à Hoerdt

A Hoerdt l'entreprise « Numerize » pourrait numériser la plus grande collection de magazines au monde, celle de l'Anglais James Hymann. Elle a franchi le premier stade des tests, reste à lever les fonds pour pouvoir numériser 160 000 exemplaires couvrant deux siècles d’histoire.

La plus grande collection de magazines anglais et américains pourrait bien être numérisée par une entreprise alsacienne
La plus grande collection de magazines anglais et américains pourrait bien être numérisée par une entreprise alsacienne © Catherine Munsch/France télévisions

C'est bel et bien une grande aventure humaine, économique et même historique pour l'entreprise "Numerize" de Hoerdt en Alsace. Elle a commencé par un simple coup de fil, juste avant Noël.  Le directeur général, Julien Gless, nous raconte comment cela s'est passé. "Je suis tombé sur un article qui parlait de la collection James Hymann, le plus grand collectionneur au monde de revues et magazines anglais et américains, et du fait qu'il cherchait à faire numériser sa collection. Alors j'ai pris mon téléphone et je l'ai appelé. On a discuté pendant presqu' un mois et on s'est mis d'accord pour une association, afin de lever des fonds, et si ça marche, pour réaliser le projet ensemble."

Parmi ces magazines et revues, des titres célèbres comme Vogue, Playboy, Rolling stone, National geographic, The Observer ou encore la revue américaine de design "The face". Certains numéros sont rares, d'autres même uniques. Au total, James Hymann en détient 160 000 exemplaires, dans un hangar quelque part à Londres. Ce qui représente tout de même quelques 15 millions de pages à numériser.

James Hymann détient la plus grande collection de revues et magazines papiers dans le monde
James Hymann détient la plus grande collection de revues et magazines papiers dans le monde © Collection Hymag

Designers et créateurs du monde entier viennent consulter la collection de James Hymann, stockée dans un entrepôt à Londres. Les numériser pour les rendre accessibles sur une plateforme en ligne représente un travail de titan. Mais la société alsacienne Numerize est prête à le faire.

James Hymann au milieu de sa collection, témoin de deux siècles d'histoire
James Hymann au milieu de sa collection, témoin de deux siècles d'histoire © Collection Hymag

"Il nous faudrait, dans un premier temps, quatre millions d'euros pour pouvoir numériser l'intégralité de la collection." indique Julien Gless "Une fois digitalisée, il faut tout mettre sur une plateforme de type Spotify, afin que tout le monde y ait accès." Pour l’heure, il n’y a qu’une vingtaine de revues chez ces spécialistes de l’impression numérique. Mais la première étape de test s'est bien passée. Les machines et le savoir-faire de l'équipe alsacienne ont convaincu le collectionneur anglais. 

Il faudrait embaucher quatre à cinq personnes supplémentaires pour cette numérisation, qui est une première à l'échelle mondiale
Il faudrait embaucher quatre à cinq personnes supplémentaires pour cette numérisation, qui est une première à l'échelle mondiale © Catherine Munsch / France télévisions
Une équipe de quatre à cinq personnes pourrait être envoyée à Londres pour réaliser cette numérisation sur place.
Une équipe de quatre à cinq personnes pourrait être envoyée à Londres pour réaliser cette numérisation sur place. © Catherine Munsch / France télévisions

"D'un point de vue technique on pourrait le faire à Hoerdt, mais d'un point de vue logistique et environnemental, ce serait plus cohérent de le faire à Londres dans l'entrepôt de Hymag." estime le directeur général de la société. "On est clairement taillés pour le job, il faudra embaucher bien sûr, mais ce n'est pas un projet qui nous fait peur. Nous estimons pouvoir numériser l'intégralité de la collection en un an." Un nouveau chapitre pour cette entreprise qui numérise habituellement des documents administratifs, des factures, registres d’Etat civil, des plans de tout format, des journaux, des archives ….

Thomas Schmidt, un des opérateurs de numérisation, fait des retouches, mais avec parcimonie : "On rogne les pages pour obtenir l'aspect le plus "magazine" possible, et on fait en sorte de moins pixelliser l'image, pour faire ressortir les couleurs au maximum, tout en gardant l'aspect d'époque du magazine." 

Des sponsors et mécènes recherchés

Reste aux indispensables sponsors et mécènes à se manifester et répondre présents pour apporter les fonds. Ils pourraient ainsi sauver la plus grande collection de magazines, retraçant deux siècles d’histoire, de la presse et du monde. Avis aux investisseurs amoureux de la culture et de l'histoire des médias. Cette première mondiale mettrait aussi en lumière ce savoir-faire industriel alsacien. 

 

 

 

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