Alsace, vallée de Munster : "Mes nuits sauvages" ou la vie d'une ostéopathe dans des habitacles insolites

Sylvie Pérenne est une ostéopathe de la Vallée de Munster et c’est aussi une aventurière qui vit depuis plusieurs années dans tout, sauf une maison : camion, hamac en pleine forêt et tiny house. Elle vient de sortir un livre pour raconter son expérience. 

Sylvie Perennès : "notre lien avec la nature se renforce lorsqu'on reste à son contact".
Sylvie Perennès : "notre lien avec la nature se renforce lorsqu'on reste à son contact". © Stéphane Kempf, Photoval

Elle vivait dans une grande maison lumineuse. Sylvie Pérenne, ostéopathe de la vallée de Munster a quitté son domicile il y a quelques années suite à une rupture. "J’ai commencé à vivre dans un camion par pur hasard, car il n’y avait pas d’appartement à louer à ce moment de l’année. J’ai donc acheté un 4x4 en me disant que ce serait une solution de courte durée." 

Au final, elle y est restée pendant plus d’un an et demi. Elle s’est ensuite installée en hamac dans la forêt et désormais l’aventure continue dans une tiny house dans la Vallée de Munster. C’est cette "tranche de vie" que Sylvie Pérenne raconte dans son roman, "Mes nuits sauvages" sorti le 23 mars 2021. 

Le roman de Sylvie Perennès disponible sur Amazon ou en librairie sur commande coûte 10,10 euros.
Le roman de Sylvie Perennès disponible sur Amazon ou en librairie sur commande coûte 10,10 euros. © Document remis

Lorsqu’elle a quitté sa maison en 2016, Sylvie Pérenne a dû se séparer de la majorité de ses affaires pour vivre dans 6 m2. "Ce n’était pas facile car j'avais peur de manquer" avoue la jeune femme de 37 ans. En revanche, vivre dans un petit espace ne lui a pas posé de problème. "Le camion m’obligeait à bouger, j’allais découvrir des spots pour y passer la nuit. Je devais faire attention au fait que ce ne soit pas un endroit où il y a trop de vent, car le bruit empêche de dormir. J’avais aussi des tâches à accomplir comme remplir le réservoir, ça m’occupait l’esprit."

C'est en vivant dans ce camion que Sylvie a profité de "vues magnifiques" sur la Vallée de Munster.
C'est en vivant dans ce camion que Sylvie a profité de "vues magnifiques" sur la Vallée de Munster. © Sylvie Perennès

L'aventure se poursuit jusqu'à ce que les normes sur ce type de véhiculent changent. "L’idée de retourner dans un habitat normal me déprimait. J’aime la nature et je suis en perpétuelle expérimentation. Je veux vivre ma vie de la manière qui m’enthousiasme. Alors quand un ami m’a parlé de son voyage en Amazonie, j'ai pensé au film Avatar et ça m’a donné envie de m’installer en hamac dans la forêt." 

Sylvie Pérenne explique avoir une salle de bain et une cuisine dans son cabinet d’ostéopathe. Mais en quittant son camion, elle a quand même dû réduire encore une fois la liste de ce qu’elle possédait. "À ma grande surprise, j’avais encore des affaires dont je ne me servais pas". La jeune femme explique qu’elle a commencé à dormir en pleine nature au courant d’un mois d’avril : "Au début,c’était dur de trouver un bon emplacement, il y a beaucoup de choses à prendre en compte. Au final, j’ai trouvé un peu moins d’une dizaine d’endroits où je pouvais m'installer pour la nuit. Ces endroits étaient ma chambre à coucher en quelque sorte." 

Cette expérience en pleine nature a permis à Sylvie de combattre sa peur du noir.
Cette expérience en pleine nature a permis à Sylvie de combattre sa peur du noir. © Sylvie Perennès

Équipée de son hamac, d'un sac de couchage, d'un repas et d'une liseuse, chaque soir l’ostéopathe se rendait dans l’une de ses  "chambres à coucher". Malgré les préjugés sur les hamacs, Sylvie Pérenne raconte : "C’est bien plus confortable de dormir dans un hamac que je ne le pensais. J’avais un sommeil agité, mais à chaque fois que je bougeais, le hamac me berçait, donc je me rendormais directement." 

Très vite la peur du froid est remplacée par d’amusantes rencontres avec les animaux. "Une nuit, j’étais assez en confiance pour installer mon hamac en hauteur entre les branches d’un arbre. Très vite, il y a des oiseaux qui sont arrivés. Ils avançaient lentement vers moi mais sans me regarder, ils faisaient comme s’ils ne m’avaient pas vu. Et dès qu’ils tournaient la tête et qu’ils me voyaient, ils s’enfuyaient. Une autre fois, j'ai installé mon hamac près de nids de chevreuils sans le savoir. Lorsque l'un d'eux s'est approché de mon hamac, au début j'ai cru que c'était un humain donc j'ai crié pour lui faire peur. Quand j'ai vu que c'était des chevreuils, ça m'a rassuré."

Pour Sylvie, vivre six mois en appartement avant d'emménager dans sa tiny house c'était "triste au possible"
Pour Sylvie, vivre six mois en appartement avant d'emménager dans sa tiny house c'était "triste au possible" © Stéphane Kempf, Photoval

L’aventure en hamac s’arrête huit mois plus tard, en novembre parce qu’il commence à faire froid, mais surtout "à la fin, ça me manquait d’avoir un bout de terre à moi" raconte Sylvie Pérenne. Mais hors de question de revenir à une habitation "normale". Alors l’ostéopathe investie dans une tiny house de 12m2. Il s'agit d'une petite maison faite en bois et qui est transportable. L’amoureuse de la nature explique qu’elle a obtenu une autorisation pour rester sur un terrain, alors que "d'habitude, on se fait virer au bout de trois mois avec ce genre de maisons". Elle vit dedans depuis plus d’un an et demi et souhaite écrire un second livre pour raconter cette fois, sa vie dans une tiny house. 

 

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