Grand Est  : le recensement de la population se fera en priorité sur internet en raison de l’épidémie de covid

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Écrit par Nadine Ly

Après avoir été annulé en 2021 en raison de l’épidémie de covid, le recensement annuel de la population débute le 20 janvier avec un protocole adapté. Les habitants sont invités à répondre au questionnaire via internet. 448 300 logements sont concernés dans le Grand Est.

C’est un recensement "100% sans contact" ou presque qui débute ce jeudi 20 janvier sur tout le territoire national. En 2021, l’enquête menée par l’Insee, en partenariat avec les collectivités locales, n’avait pas pu se tenir en raison de l’épidémie de covid. Cette année, elle est maintenue au prix d’une modification du protocole de collecte des informations. "Priorité au questionnaire internet pour la sécurité de tous :  les habitants et les agents recenseurs" explique Audrey Eichwald de l’Insee Grand Est. 

Un protocole sans contact

En pratique, si vous habitez une maison individuelle, l’agent se contentera de déposer une notice avec vos identifiants internet. Charge à vous de vous connecter au site de l’Insee et de répondre au formulaire. Pour les appartements en revanche, un agent recenseur, muni d’une carte officielle, se présentera au domicile des personnes recensées pour remettre directement les notices. "Pas question que l’agent rentre dans le logement, si les habitants ont des questions, nous y reprendrons par téléphone", poursuit Audrey Eichwald. Si les habitants n’ont pas accès à internet, l’agent remettra un formulaire papier qu’il reviendra chercher quelques jours plus tard. 

Les responsables de l’Insee Grand Est sont confiants, le protocole a déjà été expérimenté durant 3 ans et les résultats sont encourageants. L’institut mise aussi sur l’évolution récente des pratiques numériques liées au covid. En 2020, le taux de réponse des ménages sur internet atteignait déjà 54% au niveau national. Si la Lorraine et la Champagne-Ardenne restent dans la moyenne, l’Alsace fait figure de bonne élève avec un taux de 61%. 

Evidemment, tous les habitants ne seront pas recensés. Un échantillon, tiré au sort, de 8 % de la population est concerné chaque année dans les villes de plus de 10 000 habitants. Quant aux communes plus petites, elles sont recensées intégralement tous les 5 ans. En 2022, l’enquête va donc concerner, dans le Grand Est, 448 300 logements répartis sur 1088 communes. 

Recensement des sans abris

Outre ce nouveau protocole, l’enquête 2022 présente des spécificités. "Le formulaire s’adapte aux évolutions de la société, on a remplacé les cases « père » et « mère »  par le terme « parent »" indique Audrey Eichwald. Le changement peut paraître anodin mais il souligne une volonté de prise en compte de la diversité des modèles familiaux existants. 

Autre spécificité 2022, le recensement des occupants des habitations mobiles et des personnes sans-abris dans toutes les communes de plus de 10 000 habitants. Il se déroulera les 20 et 21 janvier. "A Strasbourg, pendant ces deux jours, 10 agents recenseurs seront sur le terrain. Ils vont consulter le registre des bateaux-logements, visiter les aires de gens du voyage ou encore passer du temps dans les foyers d’accueil pour sans-abris", précise Dan Liau, responsable du recensement à la Ville de Strasbourg.

Taux de réponse de 96 % au niveau national

Toutes les données collectées sont cruciales. L’INSEE tient à le rappeler. Elles dressent un portrait socio-démographique précis du pays et ce à de multiples échelons géographiques."Le recensement permet à l’Etat et aux collectivités de définir les politiques publiques, d’établir la dotation globale des communes mais aussi d’ajuster le nombre d’élus", déclare l’institut. Il permet aussi de produire de nombreuses études territoriales sur des thèmes variés. Toutes sont librement accessibles sur internet. La toute dernière concerne les jeunes et le monde rural dans le Grand Est.

Dernier rappel : la participation au recensement est obligatoire. "Cela dit, on privilégie la pédagogie, on ne va pas poursuivre les personnes qui refusent de répondre, de toute façon, elles sont minoritaires", affirme Audrey Eichwald. Les chiffres le prouvent. Au niveau national, le taux de réponse s’élève à 96%. Difficile de faire mieux. Reste à savoir s’il se maintiendra en ces temps de crise sanitaire.