Les grévistes de la faim anti-GCO dénoncent une “distance intolérable” de la part de l'Elysée

En marge de la venue d'Emmanuel Macron, le dimanche 4 novembre, les militants anti-GCO se sont rassemblés parc de l'Etoile, à Strasbourg, en présence des neuf personnes en grève de la faim. / © C. Munsch/France 3 Alsace
En marge de la venue d'Emmanuel Macron, le dimanche 4 novembre, les militants anti-GCO se sont rassemblés parc de l'Etoile, à Strasbourg, en présence des neuf personnes en grève de la faim. / © C. Munsch/France 3 Alsace

Au lendemain de la venue d'Emmanuel Macron en Alsace, pour lancer les festivités du centenaire de l'armistice de la guerre 14-18, les militants anti-GCO en grève de la faim depuis 16 jours, attendent toujours un signe du président. Une délégation a été reçue par l'une des ses conseillères.

Par Karine Gélébart

Avant d'entamer leur grève de la faim, le 22 octobre, les dix grévistes de la faim (ils sont aujourd'hui neuf, l'un d'entre eux, âgé de 79 ans, a dû reprendre une alimentation, pour raisons de santé) avaient interpellé directement le président pour qu'il décide d'une remise à plat du dossier du grand contournement ouest de Strasbourg. Un moratoire qu'ils attendent toujours, quinze jours après avoir cessé de s'alimenter. Une indifférence qu'ils ressentent comme du mépris.

Ils ont également lancé à Emmanuel Macron une invitation à venir les rencontrer, en marge de l'étape strasbourgeoise de son périple mémoriel autour du centenaire de l'armistice de novembre 1918, ce dimanche 4 novembre. Eux s'étaient donné rendez-vous, avec tous les opposants au projet, pour un rassemblement place de l'Etoile, au pied de la statue de Gandhi, loin du centre-ville où ils n'étaient pas les bienvenus pour des raisons de sécurité. 
 

Le président n'a toujours pas entendu leur appel, et ils se disent "affaiblis et marqués, mais toujours déterminés. Notre détermination psychique et militante reste entière, même si nous ressentons une distance intolérable de la part de l'Elysée", affirme Michel Dupont, un des grévistes de la faim, depuis leur lieu de rassemblement, en l'église protestante Saint-Michel de Bischheim.
 

Rencontre avec une conseillère de l'Elysée

La visite présidentielle en Alsace n'aura tout de même pas été totalement inutile pour les militants: l'une des conseillères du cabinet d'Emmanuel Macron, Anne-Claire Mialot, chargée de la cohésion des territoires et du logement, a reçu une délégation de cinq personnes pour une heure d'entretien. Alain Jund, adjoint au maire de Strasbourg, en était et veut y voir une "faible lueur d'espoir".

"Nous avons dénoncé l'indifférence du président à l'égard des grévistes, et des 200 élus qui l'ont interpellé, détaille l'élu. Nous avons pointé le décalage entre les discours de Monsieur Planète et son manque de considération pour ce dossier, alors que les rapports alarmants des experts du Giec, puis de WWF, sont très alarmistes. Il est en capacité de mettre un moratoire sur le GCO, c'est un projet dépassé. Nous espérons encore qu'il réagisse."
 

Un nouveau rassemblement le vendredi 9 novembre

Face à eux, une conseillère "dont ce n'est pas le dossier". "C'est encore un signe d'enfumage, fustige Michel Dupont et ses compagnons de combat. Elle a beau s'être montrée à priori attentive et parfois surprise, elle ne fait pas partie de ceux qui maîtrisent le dossier. C'est surprenant, et en même temps pas surprenant. Ca prouve encore la faible prise en compte de Macron de ce dossier."

Le combat non-violent ne porte pas.


Et tous de dénoncer que leur choix de combat, entièrement non-violent, ne soit pas entendu. "Notre voix ne porte pas au niveau national. Faut-il que l'un d'entre nous fasse un malaise lors de la grève de la faim? Faut-il qu'il y ait un drame pour qu'on parle de notre combat?", s'interroge Michel Dupont.

"Lorsque les bonnets rouges mettent le feu aux portiques de péage sur les autoroutes, dans l'ouest de la France, ils ont gain de cause, renchérit Alain Jund. Il y a eu 7 avis défavorables de commissions d'enquête sur le GCO, il y a des gens en grève de la faim... Force est de constater qu'on continue à nous opposer les mêmes arguments complètement dépassés, de désengorgement de Strasbourg, de diminution de la pollution de l'air... ça ne tient pas, mais la lutte pacifiste ne paye pas."


On est un groupe très soudé, on est déterminé à continuer.


C'est pourtant ainsi qu'ils vont continuer le combat. Les grévistes ont fixé un nouveau rendez-vous solidaire aux opposants aux GCO : un jeûne solidaire et un rassemblement place Kléber ce vendredi 9 novembre à midi.
 

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