Haut-Rhin : comment quatre centres de soins non programmés viennent pallier la pénurie de médecins généralistes

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C'est un service intermédiaire entre la médecine générale et les urgences hospitalières : le centre de soins non programmés (CSNP) accueille sans rendez-vous des patients relevant de la médecine générale aigüe. Le Haut-Rhin en compte quatre, à Mulhouse, Pfastatt et Thann.

Le Haut-Rhin manque de médecins généralistes. Pour répondre en partie à cette pénurie, le territoire s'est doté de nouvelles structures médicales : des centres de soins non programmés (CSNP). On y pratique sans rendez-vous la médecine générale aigüe, la petite traumatologie, auprès de patients qui nécessitent une prise en charge rapide ne relevant pas des urgences.

Il en existe ailleurs en France. Ils se développent dans des zones où la pénurie de médecins généralistes se fait criante. Voilà pourquoi le Haut-Rhin compte déjà quatre centres de soins non programmés. Le premier à avoir vu le jour se situe à deux pas des urgences du centre hospitalier de Mulhouse.

"À sa création, l'objectif premier du centre c'était de récupérer les patients qui allaient aux urgences et qui n'avaient rien à y faire, mais ils ne trouvaient pas de médecin traitant alors ils finissaient aux urgences", explique Emmanuel Vilbois, médecin généraliste au CSNP de Mulhouse.

"Ils étaient réorientés ici dans ce centre pour des pathologies la plupart du temps de médecine générale aigüe ou de la petite traumatologie. Cela fait un peu plus d'un an qu'on est ouvert. Les passages sont exponentiels avec parfois 90 consultations par jour. Mais la majorité des patients aujourd'hui ne viennent plus de la redirection des urgences."

Un accès facilité à l'imagerie médicale et aux analyses biologiques

La population s'est emparée petit à petit de ce nouveau service de soins. Même si parfois l'attente est un peu longue, plus d'une heure la plupart du temps. La présence d'un infirmer pouvant prodiguer des soins, l'accès facilité à l'imagerie médicale ou au laboratoire de l'hôpital rendent les consultations efficaces.

Les quatre CSNP de Mulhouse, Pfastatt et Thann fonctionnent de la même façon. Avec des jours de plus grande affluence comme le lundi matin. Au centre Roosevelt, hébergé au sein de la clinique du Diaconat, ce lundi 4 juillet plusieurs enfants sont accueillis à la suite de chutes durant le week-end.

Gabriel, 9 ans, a le poignet gonflé. Il est dirigé vers la radiologie dès son arrivée. Ausculté par un médecin dans la foulée. Et il repart avec une attelle posée par l'infirmier.

"C'est un bénéfice pour le patient, résume Perrine Beaugé, médecin généraliste. Ça lui évite d'aller aux urgences et les urgences peuvent se concentrer sur les cas sévères." La maman de Gabriel confirme : "On a été pris en charge très rapidement. C'est très appréciable. Et pour avoir passé il y a quelques temps une nuit aux urgences pour une radio du coccyx, je vois la différence! Ici en une heure de temps la prise en charge était complète".

Les 2 CNSP basés à Mulhouse sont des structures neuves. Ceux de Thann et de Pfastatt des transformations des anciens services d'urgences et donc accueillis au sein même des deux hôpitaux. Celui de Thann a la particularité d'être ouvert 7j/7. Les autres fonctionnent en jours ouvrables. Le détail des heures d'ouverture des quatre centres est ici.

Et les centres ont déjà montré leur utilité sur le territoire. C'est ce qu'affirme la communauté professionnelle de santé de l'agglomération mulhousienne par la voix de son président Frédéric Trynisziewsky : "Les centres assurent tous entre 30 et 80 passages par jour, ce qui fait 200 patients pris en charge quotidiennement dans le Haut-Rhin. Leur efficacité nous semble évidente d'autant plus que le coût économique de ces centres est beaucoup plusfaible qu'un service d'urgences, donc on a tout à gagner à développer ces centres et à les valoriser."

Les CSNP du Haut-Rhin resteront ouverts tout l'été. A l'heure où les médecins généralistes prennent des vacances et peinent à trouver des remplaçants, ils deviennent une adresse précieuse pour la continuité des soins.