Haut-Rhin : le groupe Okko s'inspire des plus grands groupes de rock pour composer ses propres chansons, en alsacien

Publié le Mis à jour le
Écrit par Muriel Kaiser
Le groupe Okko existe depuis 2009 à Guewenheim (Haut-Rhin). Ci-dessus, un concert à Cernay en 2018.
Le groupe Okko existe depuis 2009 à Guewenheim (Haut-Rhin). Ci-dessus, un concert à Cernay en 2018. © Okko

Rund um. Du hard rock, en alsacien ! Le groupe Okko, basé à Guewenheim, s'inspire des plus grands groupes de rock comme ACDC, ZZ Top... pour composer des musiques en alsacien. Et leurs chansons sont engagées : elles défendent la langue et la culture alsacienne.

"Encore une belle lubie de nos gouvernements... le diktat de Paris et sans discernernement". Avec la chanson "Elsàss àm Àrsch", le groupe Okko donne le ton. Les paroles tantôt drôles, tantôt engagées, constituent la marque de fabrique du groupe. Le tout sur de la musique rock. "Un style idéal pour faire passer des messages", estime Frédéric Sahner, le chanteur du groupe.

Et le premier message, c'est la défense de la langue et de la culture alsaciennes. Pourtant, le chanteur et fondateur du groupe n'est pas originaire de la région. "Je suis un Allemand qui a grandi à Paris, vous voyez un peu... quand j'allais en Allemagne, on me désignait toujours comme "le Français", et à Paris, on me traitait de "Boche". Quand je suis arrivé en Alsace, je me suis complètement senti en accord avec cette double-culture qui constitue la région. Je me suis immédiatement senti chez moi", raconte-t-il.


Cet attachement à l'Alsace, les membres du groupe le partage. C'est même ce qui les pousse à composer leurs chansons. ""Elsàss àm Àrsch" adresse un message à nos dirigeants", explique Yves Wisselmann, le batteur du groupe. "Pourquoi ne fonctionnerait-on pas comme d'autre pays, avec des décisions prises localement, dans les régions ? Il faut prendre en compte les spécificités de chaque territoire", martèle-t-il. La chanson fait suite à la loi NOTRe. Yves Wisselmann a d'ailleurs rencontré le groupe Okko lors d'une manifestation contre cette réforme, place Broglie à Strasbourg. Et a tout de suite eu envie de le rejoindre. "Cette situation a provoqué une telle colère en moi que je devais l'exprimer. C'est ce que je fais à présent à travers la musique".

Les cinq membres se retrouvent chaque semaine, dans le studio installé chez Frédéric Sahner. Dylan Rey est le dernier à les avoir rejoint. "Avec un groupe, j'ai assuré leur première partie lors d'un festival. Nous, c'était notre dernier concert. J'ai beaucoup aimé leur style et le fait qu'ils chantent aussi en alsacien. Je me suis alors permis de leur demander s'il n'avait pas besoin d'un deuxième guitariste !" dit-il en souriant. Ce qu'il apprécie également, ce sont les influences du groupe. "Depuis petit, j'écoute du ACDC. Un style qu'on retrouve dans notre groupe, tout comme d'autres grands groupes de rock comme ZZ Top..." 


Justement, le groupe a repris certaines chansons en les réadaptant en alsacien. Mais l'immense majorité des chansons du groupe sont des compositions. "Nous comptons plus de 40 morceaux dans notre répertoire, dont cinq reprises", annonce Joachim Grinan, guitariste. C'est lui qui s'occupe de la musique. "Généralement, Frédéric me confie ses paroles et je compose en fonction. Cela peut prendre 10 minutes comme 10 jours !" s'amuse-t-il.

Après un an et demi de crise sanitaire, les cinq membres s'accordent à dire que la scène leur manque. "C'est le meilleur moment !" assure Bernard Waller, bassiste. "Le vrai plaisir, c'est de jouer sur scène, face au public", que ce soit dans des bars, des concerts ou des festivals. Le groupe espère multiplier les concerts prochainement. Il entend proposer toujours plus de chansons rock au public alsacien. 

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