Roland-Garros : quand une entreprise alsacienne au savoir-faire unique participe à la rénovation d'un stade mythique

Cinq ans d'un chantier colossal et 400 millions d'euros investis : le relooking du site mythique de Roland-Garros à Paris s'achèvera au plus tard en 2022. Une fierté pour Heinrich & Bock, entreprise alsacienne spécialisée dans les aménagements extérieurs, qui a fabriqué les dalles de tout le stade.

Le stade de Roland-Garros, situé porte d'Auteuil à Paris s'est doté d'un dallage tout neuf, conçu par une entreprise alsacienne: Heinrich & Bock.
Le stade de Roland-Garros, situé porte d'Auteuil à Paris s'est doté d'un dallage tout neuf, conçu par une entreprise alsacienne: Heinrich & Bock. © Arnaud Journois/ Maxppp.

Sur le court des grands... c'est bien là que s'est invitée l'entreprise alsacienne Heinrich & Bock, spécialisée dans les aménagements extérieurs. Un fabricant et concepteur de dalles modeste par la taille, avec trois usines situées à Steinbourg, Krautergersheim et Wittenheim, mais récompensé pour son savoir-faire unique.

La société participe en effet depuis six ans à la rénovation complète du stade mythique de Roland-Garros, porte d'Auteuil à Paris. "On est en première classe mais on reste des petits", sourit Patrick Heinrich, actuel patron et fils de Marcel, le co-fondateur à l'origine de cette saga familiale qui roule depuis 1969. 

C'est le plus gros chantier de ma vie

Patrick Heinrich, président et directeur général chez Heinrich & Bock

Là, il s'agit d'un énorme coup gagnant. Le tournoi parisien n'est en effet ni plus ni moins que l'un des quatre Grands chelems de la saison de tennis, avec l'Open d'Australie, Wimbledon et l'US Open. Impossible de faire plus prestigieux.

"C'est le plus gros chantier de ma vie, déclare sans ambiguïté le président et directeur général de Heinrich & Bock, alors que les travaux s'achèveront cette année ou en début d'année prochaine. Nous avions été sélectionnés en 2014 pour la réfection du court Suzanne Lenglen, le deuxième plus important du site. Puis, on a à nouveau remporté la mise en 2017, pour l'ensemble du stade, dont le court central, le Philippe Chatrier." 

Nadal, Federer, Serena Williams ont foulé ces dalles. Et vous ?

Et c'est bien pour concevoir de nouvelles dalles que la Fédération française de tennis a fait appel à Heinrich & Bock. La société alsacienne emploie environ 110 salariés et réalise autour de 20 millions d'euros de chiffres d'affaires par an. La direction a ouvert ses portes à nos caméras ce 27 avril pour nous narrer l'histoire de cette success story régionale. Vous pouvez revoir ce reportage, diffusé sur France 3 et partagé sur la page Facebook de l'entreprise :

A Paris, il y a 20.000 mètres carrés de surface, des allées aux abords des courts, à remplir avec des dalles mesurant entre un mètre et 50 cm de long. De Nadal en passant par Serena Williams ou Federer, tous ont déjà foulé ces rectangles en béton. Une sorte de walk of fame pour la grande famille des fans de tennis. Et si l'on parle bien du sport individuel par excellence... il s'agit bien cette fois d'une aventure collective. Encore a-t-il fallu saisir la balle au bond.

"Nous avons fait des propositions techniques aux architectes chargés du projet à la fédération française de tennis, et une fois choisis, nous avons fourni le matériau", souligne Patrick Heinrich. Autrement dit, chez Heinrich & Bock, on fait tout de A à Z. Et plus que la qualité de la fabrication, c'est l'audace et l'ingéniosité de la conception qui a séduit les responsables du chantier. 

Une matière première 100% alsacienne, l'autre fierté

Du sur-mesure, car au-delà du public et des stars du tennis mondial, les allées voient également passer des semi-remorques indispensables à la logistique d'un tel événement sportif. Il faut donc du solide. "Le cahier des charges était extrêmement précis, relève Patrick Heinrich. La pierre naturelle fait 4 cm d'épaisseur. On y a ajouté une fine couche de parement qui mixe des pierres naturelles recomposées."

Patrick Heinrich (à gauche) est à la tête d'une entreprise en pleine croissance.
Patrick Heinrich (à gauche) est à la tête d'une entreprise en pleine croissance. © Jérôme Gosset/ France télévisions.

En somme, un bon compromis entre esthétisme et résistance. Aucun trou dans la raquette. D'ailleurs, cerise sur le gâteau, les granulats, c'est-à-dire les fragments de roche qui constituent la matière première, sont également alsaciens. "La vallée du Rhin permet de bénéficier de ressources exceptionnelles. Et si on peut favoriser le local, il faut le faire car on manque d'industrie en France", fait valoir le directeur général, qui n'a jamais songé à "délocaliser".

Les Alsaciens un peu comme chez eux à Roland?

C'est d'autant plus vrai depuis le début de la crise sanitaire, qui a boosté l'activité de l'entreprise. "Les besoins des particuliers et des collectivités ont augmenté car les gens restent davantage chez eux. On a donc envie d'un beau chez-soi. Et nous, on peut contribuer à ça."

Un joli jardin, à commencer donc par celui des fans de tennis à Roland-Garros. "C'est une grande fierté d'avoir participé à l'aventure" conclut Patrick Heinrich, 67 ans, amoureux de ce sport qu'il a lui-même pratiqué.

L'un des hauts lieux du sport français et mondial, construit en 1928, aura bientôt terminé sa mue, début 2022 au plus tard. Elle aura coûté en tout 400 millions d'euros. Et si Nadal, sacré 13 fois à Paris, a sa terre (battue), les spectateurs alsaciens, eux, auront désormais leurs dalles. 

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