Une Strasbourgeoise veut gravir le plus haut sommet de chaque continent en hommage à son père, victime du cancer

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Écrit par Loic Schaeffer

Ancienne skieuse de haut niveau, Constance Schaerer s'est lancée le défi de gravir le plus haut sommet de chacun des sept continents. A 23 ans, elle serait la plus jeune Française à réussir ce challenge, un projet fou qu'elle espère concrétiser pour rendre hommage à son père, victime d'un cancer.

Cet été, elle compte escalader le mont Blanc… en guise d’entraînement. C’est dire si son projet est vertigineux et pas loin, même, d’être stratosphérique.Constance Schaerer a 23 ans et a commencé à s’attaquer au challenge que l’alpiniste américain Richard Bass a baptisé le "seven summits" ou, en français, le challenge des sept sommets.

Concrètement, il s’agit de gravir le point culminant des sept continents (en comptant à la fois l’Amérique du Nord et du Sud). La liste comporte ainsi l'Everest en Asie, l'Aconcagua en Amérique du Sud, le Denali en Amérique du Nord, le Kilimandjaro en Afrique, l'Elbrouz en Europe, le massif Vinson en Antarctique et le mont Kosciuszko en Australie. 

A ce jour, environ 450 personnes ont réalisé cet exploit, dont 14 Français. Constance Schaerer serait la deuxième femme de l’Hexagone, après Christine Jeannin, à venir à bout de ce défi colossal. 

Je sais que ça sera difficile, que je vais en c... mais ma force mentale me pousse à vouloir aller au bout.

Constance Schaerer, à propos du challenge des sept sommets

"J’ai eu Christine au téléphone et elle m’a dit que j’allais y arriver, relate la Strasbourgeoise. Je sais que ça sera difficile, que je vais en c…, mais ma force mentale me pousse à vouloir aller au bout et je m’en sens capable", ajoute celle qui a gravi le Kilimandjaro, point culminant du continent africain perché à près de 5.900 mètres d’altitude, en juillet dernier.

Le point de départ : une lettre de son père mort du cancer

"C’est sans doute l’un des plus abordables de la liste mais je me suis sentie très bien, c’est jusqu’à présent la meilleure expérience de ma vie." Si Constance se montre si déterminée, c’est parce que cette aventure, elle la mène avec son cœur et la porte dans sa chair.

Tout bascule en réalité au mois de mai 2021, lorsque sa tante lui remet une lettre de son père, emporté en 2007 par un cancer. "Dans cet écrit, il a formulé un dernier souhait : que ses cendres reposent sur le plus haut sommet de chaque continent. Il avait en tête de réaliser ce défi de son vivant. Il avait même contacté Mike Horn", relate l’Alsacienne, qui a quant à elle rencontré la fille de l’aventurier le 5 décembre dernier, comme elle l’a posté sur Instagram:  

"Je ne me sens absolument pas forcée de me lancer dans un tel projet, car il correspond à mes valeurs, à mon histoire et ça donne du sens à ma vie, bien au-delà du travail et des études", confie celle qui achèvera, après un brillant parcours, son master en école de commerce à Bordeaux.

Une ancienne skieuse de haut niveau, amoureuse de la montagne

L’hommage à son père associé à la lutte contre la maladie, elle qui est soutenue par la Ligue contre le cancer et qui fondera bientôt sa propre association, donnent à sa démarche une rare noblesse. Une démarche qu'elle évoque avec beaucoup de sensibilité, comme ici sur Facebook: 

La Strasbourgeoise, ancienne skieuse de haut niveau, affectionne plus particulièrement le milieu de la montagne. C'est à la station du lac Blanc, dans les Vosges, qu'elle a dévalé ses premières pistes. "C’est mon papa qui m’a mise sur des skis à deux ans et demi, il m’a initié, raconte-t-elle encore. J’ai fait de la compétition au niveau national, voire international jusqu’à mes 18 ans mais au-delà de ça, je me rends compte aujourd’hui à quel point la montagne me ressource, à quel point j’en ai besoin."

Evidemment, avant de se hisser jusque sur le toit du monde, l’Everest, ultime étape de cette odyssée prévue en 2024, le chemin s’annonce très abrupte. Pourtant, méthodiquement, étape par étape, Constance Schaerer se donne les moyens de réussir. "Je fais au moins une heure de sport par jour. J’enchaîne les séances de renforcement musculaire, de footing, de trail et les randonnées pour avaler du dénivelé."

Un projet chiffré à 120.000 euros

Au programme également, des stages d’alpinisme, avec chaussures spécifiques et piolets, puisque le "seven summits" exige une parfaite maîtrise technique, l’altitude et la condition physique étant déjà des facteurs limitants pour le corps humain. "Une fois que j’aurai obtenu mon diplôme, je vais consacrer à 100% au challenge jusqu’à ce que j’arrive à son terme."

Pour ce faire, la jeune femme s’occupe également de récolter des fonds, car l’équipement, l’accompagnement et les voyages coûtent très cher. En tout, l’ensemble des expéditions reviendront à environ 120.000 euros (dont 60.000 pour la seule ascension de l’Everest et ses 8.849 m).

Constance a donc lancé une plateforme de financement participatif, accessible via ce lien. Elle est aussi à la recherche de partenaires qui sauront l’accompagner dans sa quête, d’une raisonnable démesure au regard de la force qui l’anime.