Vidéo - En Alsace, le Ried avait besoin d’eau, les crues compensent les années de sécheresse

Le Ried alsacien est un vaste espace naturel constitué de zones humides. Les quatre dernières années de sécheresse ainsi que l'irrigation agricole ont malmené cet écosystème. Bonne nouvelle cette année : la crue de l'Ill permet à la nappe phréatique de retrouver son niveau normal. 

Les plaines du Ried alsacien totalement sous l'eau, ici du côté de Holtzwhir
Les plaines du Ried alsacien totalement sous l'eau, ici du côté de Holtzwhir © Nicolas Meyer / France Télévisions

Ried signifie roseau et aussi par extention, région faite de prairies inondables. Le grand Ried alsacien est situé dans la plaine d'Alsace entre Strasbourg et Colmar. La nappe phréatique y est à fleur de terre. C'est un milieu riche de zones humides, la faune et la flore sont typiques de ce biotope.

Une crue très attendue

L'Ill, la rivière qui sillonne l'Alsace du sud au nord, joue le rôle d'artère principale pour la plaine d'Alsace. Elle est alimentée par les rivières des vallées vosgiennes et traverse le Ried en alimentant la nappe phréatique sur son passage. Les dernières années de sécheresse ont réduit le débit de l'Ill, le niveau de la nappe baisse, un vaste réseau de rivières phréatiques s'assèchent. Le phénomène est accentué par l'irrigation des champs de maïs en plein été. Cette année, néanmoins, la pluviométrie est bonne, une grosse quantité de neige a fondu. L'apport en eau est important et l'Ill sort de son lit.

Un phénomène naturel aux multiples vertus

"C'est un phénomène naturel, c'est même un spectacle attendu par les habitants du secteur", rappelle Patrick Barbier, le maire de Muttersholtz, une commune au coeur du Ried. Elle est protégée par une digue et l'eau peut s'étendre sur les prairies. Les habitants ont l'habitude de venir admirer cette étendue comme s'il s'agissait d'un grand lac. La nature est bien faite, la crue transporte des limons qui enrichissent les prairies, l'eau est ensuite filtrée par l'herbe et les racines. Nettoyée, elle vient alimenter la nappe phréatique.

A l'inverse,  quand l'eau traverse des champs cultivés et labourés en hiver, elle n'est plus filtrée, elle entraine alors avec elle des engrais et des pesticides dans la nappe. Les puits de captage en eau potable peuvent être atteints par ces pollutions. De quoi donner des arguments aux défenseurs d'une agriculture plus raisonnée. Selon, Daniel Reininger de l'association Alsace Nature"si on veut une bonne qualité d'eau, il faut privilégier les zones de prairie". 

 

 

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