VIDEO. Légalisation du cannabis en Allemagne : quelles répercussions sur les villes frontalières ?

durée de la vidéo : 00h01mn12s
Le maire de Kehl, commune limitrophe de l'Alsace, ne cache pas son inquiétude. Il veut des signaux plus clairs au sujet des zones frontalières. ©France Télévisions

Le 16 août, le gouvernement allemand a adopté un projet de loi qui doit permettre la légalisation du cannabis avec la création d'endroits dédiés à l'achat, les "Social Clubs". Le maire de Kehl (Allemagne), limitrophe de Strasbourg, s'inquiète des conséquences frontalières qu'aurait une telle loi dans sa commune.

Après le feu vert donné par le gouvernement allemand à un projet de loi qui légaliserait (de manière contrôlée) le cannabis, les réactions s'enchaînent outre-Rhin. Si le maire de la ville frontalière de Kehl estime qu'il s'agit d'une "bonne chose", il craint qu'une légalisation n'entraîne un flux de consommateurs français dans sa commune.

Le texte doit encore être discuté au Parlement, ce qui permettrait aux consommateurs, forces de l'ordre et élus d'y voir plus clair. Car pour le moment, les contours de cette loi sont encore trop flous pour certains, à commencer par Wolfram Britz, le maire de Kehl, commune située de l'autre côté du Rhin et limitrophe de Strasbourg.

La loi permettrait aux personnes majeures de posséder jusqu'à 25 grammes de cannabis sur soi. Elles pourraient faire pousser jusqu'à trois plants pour leur propre usage mais surtout pourraient s'en procurer jusqu'à 50 grammes par mois dans des endroits dédiés : les "Social Clubs".

Il se peut que nous ayons de nombreux Social Clubs ici et cela pourrait attirer beaucoup de Français.

Wolfram Britz

Maire de Kehl

Ces associations à but non lucratif, limitées à 500 membres, permettraient aux Allemands et Allemandes de cultiver du cannabis pour leur propre consommation. Par question de fumer sur place comme dans un Coffee Shop d'Amsterdam. L'Allemagne franchirait donc le pas d'une légalisation particulièrement encadrée.

Ces "Social Clubs" inquiètent le maire de Kehl. "Si le cannabis devient légal, cela pourrait attirer beaucoup de Français. Sauf que pour le moment, on ne sait pas comment contrôler cela. Je demande des règles claires."

Un nouveau "tourisme" vers Kehl ?

Les interrogations sont nombreuses. Est-ce qu'il faudra absolument être allemand pour en être membre de ces clubs ? Ou bien résider sur le sol allemand suffira-t-il ? On estime à 3.000 le nombre de Français qui vivent à Kehl.

Wolfram Britz craint aussi que cette légalisation, qu'il voit comme "une bonne chose pour endiguer la criminalité", entraîne un nouveau type de tourisme à Kehl. Nombreux sont les Alsaciens à s'y rendre pour faire leurs courses, le plein de leur voiture ou bien acheter des cigarettes ou des pétards pour la Saint-Sylvestre. "Qui pourra contrôler cela ? Certainement pas nous, les communes. Ce sera à la police de le faire. J'attends un soutien clair du gouvernement régional mais aussi fédéral", lance l'élu investi par les Verts et le SPD en février 2022.

Le maire veut ainsi attirer l'attention sur les conséquences d'une telle loi avec les villes frontalières. Il a pour cela écrit une lettre avec la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian au ministre allemand de la Santé Karl Lauterbach. "Il faut bien réfléchir aux situations dans lesquelles on peut se retrouver dans ces régions frontalières."

L'Allemagne partage sa frontière avec neuf pays où les législations sont plus ou moins répressives sur la question du cannabis. Wolfram Britz espère que la situation des zones frontalières sera discutée au Parlement avant une entrée en vigueur de la loi prévue pour 2024.

L'actualité "International" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "International" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité