Vins d'Alsace : les caves coopératives Wolfberger et Bestheim annoncent leur rapprochement, quel impact pour les producteurs indépendants

Wolfberger et Bestheim, coopératives de vins d'Alsace, comptent se rapprocher. Si cette union est acceptée, elle prendra effet en 2025. Parmi les avantages évoqués : peser dans le marché national et international. Toutefois, il reste un taux important d'indépendants. Comment voient-ils ces unions ?

L'union entre Wolfberger et Bestheim doit d'abord être soumise au vote de 625 viticulteurs. Dans le détail, il y a 300 exploitants d'un côté, et 325 de l'autre. Une fois approuvée, les deux géants du secteur travailleront ensemble dès 2025. Ce rapprochement n'est pas anodin : ils représentent 17% des surfaces du vignoble alsacien.

La moitié des 3 100 viticulteurs d'Alsace fait partie d'une coopérative. Il existe 10 caves coopératives, actuellement. Un mode de fonctionnement courant dans la région, comparé à d'autres territoires connus pour le vin. Dans le Bordelais, 25% des producteurs fonctionnent en coopératives. Ce taux atteint même les 70%, en Champagne.

Les deux exploitants évoquent notamment la volonté de s'unir, pour garder des parts de marché. Ce rapprochement est-il bien perçu par ces producteurs qui travaillent à leur compte ?

Un indépendant bienveillant mais prudent

Francis Backert est président des viticulteurs indépendants. Cet homme de 62 ans est aussi producteur viticole à Dorlisheim (Bas-Rhin), siège du constructeur de la voiture Bugatti. Face à cette future union, ce spécialiste du pinot noir de type Bourguignon se montre prudent. "Ce sont deux mastodontes du vignoble. Chacun commercialise 12 millions de bouteilles, sur une production globale alsacienne moyenne de 950 000 hectolitres, soit l'équivalent de 15 500 hectares en production", relève-t-il.

Ce vigneron depuis 1995, qui ne livre pas de raisin à ces structures, émet quelques réserves : "À elles seules, au terme de la fusion, le groupe représentera 2 700 hectares, c'est assez énorme. En tant qu'indépendant et président des vignerons indépendants, toutes ces concentrations d'opérateurs, ne m'inspire rien de bon. J'estime que la diversité des opérateurs participe au dynamisme et à la richesse des vignobles."

Tout en nuançant tout de même son propos. "Cela ne fait pas non plus rouler par terre : si l'on considère la nouvelle structure, cela représenterait 25 millions de bouteilles, et 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. C'est un énorme mastodonte sur le marché français et international. Ils pourront vraiment jouer dans la cour des grands et être une vraie machine de guerre à l'export, c'est ce que j'appelle de mes vœux", tranche celui qui est à la tête du domaine fondé par son épouse et lui-même. 

Un mode d'organisation avantageux et répandu

En Alsace, 30% des viticulteurs vendent leur raisin à des négociants, quand 20% sont indépendants. Lorsqu'on parle d'une coopérative, cela signifie qu'elle ne produit pas de bout en bout le vin et le raisin. Elles fournissent le vin, avant que ce groupement ne s'occupe ensuite de la vinification et du stockage. Avant qu'il ne soit procédé à la commercialisation du produit : le nom de la coopérative apparaît alors sur l'étiquette.

Ces producteurs réunis en coopérative évoquent plusieurs avantages. Argument principal : limiter les risques, lors d'une mauvaise année. Viennent ensuite la possibilité de réaliser des économies d'échelle, et la sécurisation des productions. Du côté de la renommée, cela permet aux petites parcelles de rester dans le giron familial, pendant que les coopératives de taille importante peuvent voir leurs ventes à l'international augmenter.

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