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Affaire Fourniret et le “gang des postiches”. Prison à perpétuité pour Michel Fourniret

Michel Fourniret et Monique Olivier à l'écoute du verdict dans leur procès, à Versailles / © Thierry Doudoux
Michel Fourniret et Monique Olivier à l'écoute du verdict dans leur procès, à Versailles / © Thierry Doudoux

Dans leur procès pour le meurtre de Farida Hammiche, les deux accusés Michel Fourniret et Monique Olivier sont reconnus coupables. Ils sont condamnés respectivement à la réclusion criminelle à perpétuité et à 20 ans de prison.

Par Brice Bachon

Le couple de criminels est une nouvelle fois condamné. Ils sont reconnus coupables du meurtre de Farida Hammiche ainsi que de recel de biens et d'argent provenant d'un délit ou d'un crime.

Michel Fourniret, 75 ans, écope de la réclusion criminelle à perpétuité, une peine qu’il purge déjà, à la suite du procès de Charleville-Mézières. L’ogre des Ardennes mourra en prison.

Monique Olivier quant à elle, à 70 ans, est condamnée à 20 ans de réclusion.

Ces peines ne pouvant pouvant pas se cumuler à celles qu'ils purgent depuis leur procès de 2008 - perpétuité perpétuelle, c’est-à-dire une peine incompressible pour Fourniret et perpétuité assortie d'une sûreté de 28 ans pour Monique Olivier - ce sont les peines du premier procès qui s'appliquent.

L’histoire se répète, pour le couple qui a fait le choix d'une vie de routine meurtrière. Mais ce n’est pas la fin pour le couple Fourniret, qui sera jugé une nouvelle fois en 2019 et 2020 pour les deux derniers meurtres, ceux de Marie-Angèle Domece et Joanna Parish, commis en 1988 et 1990.
 

Le mal absolu

Les deux accusés n'ont émis aucune réaction. Elle, assise, livide, le teint blafard, presque fantomatique, n’esquisse pas le moindre signe de remords.

Lui, se tient là depuis le début de matinée, écoutant les plaidoiries. Le verdict arrive, il se caresse la barbe blanche et épaisse, qui laisse entrevoir ce visage creusé par l’âge et peut-être une forme de culpabilité malsaine. Le doute persiste. Ressent-il seulement une quelconque culpabilité ?
 

Il semble presque se réjouir que l’on parle (encore) de lui et de son "histoire". Que tout ce petit monde émette (encore) des hypothèses sur l’endroit où est caché le corps, et sur d’éventuels autres crimes qu’il aurait pu commettre, sans les avouer, ceux-là. Ne pas dévoiler où est enterrer Farida Hammiche est sûrement la seule manière qu’il reste à l’"ogre des Ardennes" de faire du mal (encore).

Vous aurez approché le mal absolu, avec ce couple


lance Me Seban, l'avocat des parties civiles, aux jurés lors de sa plaidoirie. "Ces mains de travailleurs sont les mains d’un assassin. Il est la banalité du mal, pourtant, c’est un petit bonhomme qui ne ressemble à rien, qu’on pourrait croiser dans la rue, sans se douter de ce qu’il est."

Le même constat est fait pour son ex-compagne, Monique Olivier, que l’avocat qualifie de femme "inintéressante", mais sans qui toutes ces mises en scène sordides n’auraient pas pu avoir lieu. Sa seule façon d’exister, et de ne pas rester dans l’ombre de Michel Fourniret, est de se rendre complice, de l’assister et de l’aider dans ces actes.
 

 

Un procès expédié

Le procès s'est tenu entre le 13 et 16 novembre 2018. Soit quatre jours de procès seulement, contre 2 mois pour le procès de Charleville et ses 10 victimes. Un rapport que Me Corrine Herrmann, avocate des parties civiles, juge inégal entre les deux affaires qui ont été dissociées. Pour l'avocate, ces deux affaires n'en sont finalement qu’une.

L'interrogatoire du principal accusé n'a duré que 2h30, ce jeudi après-midi. Lorsque l’intéressé semble vouloir emmener la cour sur une piste, celle-ci l’interroge sur un autre sujet. Pas de relance non plus, lorsque Fourniret évoque une carrière de sable "propice à enterrer un corps".

Me Seban, avocat des parties civiles lui aussi, s’interroge pendant sa plaidoirie sur le traitement que la famille Hammiche reçoit dans le procès Fourniret. Ce meurtre, le deuxième du couple Fourniret, est pourtant significatif dans la lourde série criminelle qui a suivi.

Selon les avocats des parties civiles, des recherches vont être à nouveau demandées pour chercher le corps. Mais ce vendredi soir, la famille n’a toujours pas d’idée précise sur l’endroit où se trouve le corps de Farida.

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