Ardennes : les contaminations au covid-19 en forte hausse inquiètent les autorités sanitaires

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Écrit par Céline Lang
Une professionnelle de santé s'apprête à réaliser un test de dépistage du covid-19 nasopharyngé.
Une professionnelle de santé s'apprête à réaliser un test de dépistage du covid-19 nasopharyngé. © OLIVIER LANRIVAIN / MAXPPP

Dans les Ardennes, le nombre de contaminations au covid-19 a doublé en sept jours. Le seuil critique de 50 cas pour 100.000 habitants a été dépassé, ce qui inquiète les autorités sanitaires.

"Depuis une semaine, tout s'accélère". Guillaume Mauffré, délégué territorial de l'ARS Grand Est pour les Ardennes ne cache pas son inquiétude. Le nombre de contaminations pour 100.000 habitants dans le département, appelé aussi taux d'incidence, était en hausse régulière depuis le 11 octobre. Mais en 24 heures, il a bondi : de 60,6 cas pour 100.000 habitants le 25 octobre, il est passé à 67,8 cas ce 26 octobre.

Voilà donc les Ardennes qui dépassent le seuil d'alerte de 50 cas pour 100.000 habitants, un seuil jugé particulièrement critique par le représentant de l'Agence régionale de santé.

C'est le seuil au-delà duquel les épidémiologistes de Santé publique France considèrent que, collectivement, nous ne parvenons plus à maîtriser la circulation du virus

Guillaume Mauffré, délégué territorial de l'ARS Grand Est pour les Ardennes

"On sait qu'une fois la barre de 50 passée, s'il n'y a pas une évolution significative des comportements, les taux peuvent très, très rapidement retrouver des niveaux que nous avons connu il y a quelques mois", conclut-il. 

Le relâchement des gestes barrière pointé du doigt

Les autorités sanitaires appellent donc les Ardennais à reprendre les bonnes vieilles habitudes acquises au plus fort de l'épidémie. Le port du masque, y compris en extérieur lors de fortes concentrations de population, mais aussi le lavage régulier des mains et le respect de la distanciation sociale, à propos desquels le préfet parle d'un "relâchement" de la part des citoyens.

Mais la météo n'est pas à exclure non plus. "Les conditions climatiques nous conduisent à retrouver des activités en intérieur dans des lieux qui ne sont pas forcément toujours bien aérés", poursuit Guillaume Mauffré. Et le préfet des Ardennes, Jean-Sébastien Lamontagne, de renchérir en rappelant qu'il est important de continuer à ouvrir les fenêtres régulièrement, même si les températures ne nous incitent pas à le faire. 

La forte présence du variant delta en France peut enfin aussi expliquer la rapidité de la propagation du virus. 

Les Ardennes, le plus fort taux d'incidence du Grand Est

Mais ces facteurs explicatifs mis en avant par les autorités sanitaires ne sont pas spécifiques au département ardennais : ils sont valables pour l'ensemble du territoire français. Pourquoi les Ardennes connaissent-elles donc une hausse si importante et si rapide ? Dans le Grand Est, elles présentent en effet le plus fort taux d'incidence, suivies de près par le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle. La piste transfrontalière est donc à prendre en compte. "La Belgique présente un taux d'incidence de plus de 500 cas pour 100 000 habitants, rappelle le préfet. En Allemagne, ils sont à plus de 100. La dynamique à l'œuvre chez nos voisins est donc sans doute l'un des facteurs qui concourt à la dynamique présente dans les Ardennes." 

Les brassages de population, qu'ils soient dus aux déplacements transfrontaliers ou au tourisme, en hausse dans le département en ce mois d'octobre, favorisent dans tous les cas les possibilités de transmission du virus. 

Pas de pression hospitalière pour le moment 

Au 26 octobre, dans les Ardennes, six patients atteints du covid sont admis en méedecine générale à l'hôpital et un patient et en réanimation. Aucune pression sur l'hôpital n'est donc à craindre pour le moment. 

L'impact reste limité du fait du taux de vaccination, qui est quand même très élevé dans les Ardennes

Jean-Sébastien Lamontagne 

"Cette vaccination protège contre les formes graves et contre les risques d'hospitalisation", poursuit le préfet du département. Les Ardennes présentent en effet un taux de vaccination de la population éligible (au-delà de 12 ans) de 90 % ayant reçu une première dose et 88,3 % ayant un parcours vaccinal complet. 

De nouvelles mesures en attente pour faire baisser le taux d'incidence

Le représentant de l'ARS appelle néanmoins à poursuivre les efforts du côté de la vaccination et invite les personnes éligibles à recevoir leur 3e dose. Il s'agit des plus de 65 ans mais aussi des personnes immunodéprimées et leur entourage, ainsi que des professionnels de santé. "17% des plus de 80 ans n'ont par ailleurs toujours pas reçu leur première dose, rappelle Jean-Sébastien Lamontagne. Dans le contexte actuel, il faut absolument qu'ils puissent rentrer dans cette démarche". De nouvelles organisations vont donc être proposées pour faciliter l'accès de ces séniors à la vaccination. 

Les contrôles du pass sanitaire à l'entrée des établissements devraient également, selon le souhait de la préfecture, être renforcés dans le département. Depuis son instauration, police et gendarmerie ont effectué 1.303 contrôles. "L'usage du pass sanitaire sur smartphone est devenu extrêmement commun pour le citoyens, constate Jean-Sébastien Lamontagne. Je ne parviens pas à concevoir qu'un établissement ne le pratique toujours pas. 

Pour celles et ceux qui seraient pris en défaut, il n'y aura donc aucune tolérance, ni aucune mansuétude de ma part, surtout dans ce contexte de reprise du taux d'incidence. 

Jean-Sébastien Lamontagne, préfet des Ardennes

Quant au retour du port du masque à l'école, annoncé dès que le taux d'incidence dépasse les 50 cas pour 100.000 habitants pendant cinq jours consécutifs, les autorités se réservent du temps, en cette période de vacances scolaires. Un nouveau point devrait être fait le 4 novembre sur la situation sanitaire, pour décider des mesures prises au retour des vacances de la Toussaint. 

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