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Ardennes : on pourra bientôt relier Charleville-Mézières à Charleroi en moins d’une heure par l'autoroute

Le dernier tronçon d'autoroute en travaux sur 8 kilomètres à travers la forêt belge, entre Couvin et Brûly à la frontière. / © Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne
Le dernier tronçon d'autoroute en travaux sur 8 kilomètres à travers la forêt belge, entre Couvin et Brûly à la frontière. / © Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne

Les travaux du tronçon d'autoroute de huit kilomètres entre Brûly et Couvin en Belgique s'achèvent. On pourra bientôt profiter de ce nouvel axe pour relier Charleville-Mézières à Charleroi en moins d’une heure.

Par Daniel Samulczyk

Depuis des décennies, les automobilistes qui sortent de France à la frontière de Brûly et se dirigent vers Couvin sont obligés de prendre la seule route disponible pour l’instant, la Nationale 5 qui traverse la forêt sur onze kilomètres. Passées la frontière et les joies de la découverte des premiers paysages belges à Brûly, c’est la prudence qui s’impose dans les virages de la forêt dense.

Le temps que l’on a gagné quelques minutes auparavant, côté français, sur la nouvelle A304 toute neuve qui nous a amené jusqu’ici, on le perd dans les lacets dangereux de cette descente vers Couvin. De nombreux poids lourds passent également, pour l’instant encore, par cette route forestière et ralentissent au passage l’arrivée dans la ville.

Mais bientôt, la route à deux fois deux voies se poursuivra en Belgique avec l'ouverture en septembre d'un tronçon autoroutier de 8,1 kilomètres entre Brûly et Couvin sur la E420/N5.
 

C’est la dernière ligne droite pour ce chantier hors normes, évoqué une première fois en 1973 au conseil communal de Couvin avec l’ébauche de deux propositions de tracés pour désenclaver la ville. C'est le 23 juillet 1996 qu'une liaison entre Frasnes en Belgique et Brûly à la frontière française est officiellement décidée par le Conseil européen. Ce chaînon manquant sur le réseau transeuropéen sera donc l’autoroute E420/N5, un choix stratégique pour compléter l’axe autoroutier allant des Pays-Bas à la Méditerranée et réduire ainsi les temps de parcours.
 

Couvin libérée des camions

Si le trajet en voiture par la N5 dans les bois est encore compliqué pour quelques semaines, la traversée de Couvin, quant à elle, s'est vraiment améliorée. Depuis le 17 octobre 2017, la phase 1 des travaux de contournement de Couvin a permis de créer 4,6 kilomètres d’autoroute sur l’extérieur de la ville pour désengorger la rue principale. Voitures et camions évitent ainsi, dès l’arrivée aux portes de la cité belge, les interminables bouchons que l’on a connu et les Couvinois reconnaissants respirent à nouveau.
 
Le centre ville de Couvin libéré de son trafic de camions grâce au contournement de 4,6 kilomètres. / © Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne
Le centre ville de Couvin libéré de son trafic de camions grâce au contournement de 4,6 kilomètres. / © Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne

C'est environ 780 passages de camions en moins par jour ouvrés. 200 000 poids lourds utilisent ainsi chaque année ce premier contournement en extérieur. En attendant la suite des travaux, ce premier contournement donne déjà de bonnes indications sur les retombées économiques pour la ville.
 
Maurice Jennequin, Bourgmestre (Centre Démocrate Humaniste) de Couvin est optimiste pour la suite du projet. / © Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne
Maurice Jennequin, Bourgmestre (Centre Démocrate Humaniste) de Couvin est optimiste pour la suite du projet. / © Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne
 

Tout le monde a envie d’avoir cette autoroute bien sûr ! Au départ, ça a traîné aussi parce que les commerçants n’en voulaient pas en 1998, ils pensaient qu’on allait vider Couvin. Mais ça ne sera pas le cas, on va dynamiser le centre, faire des travaux de voiries et égayer la ville.
Maurice Jennequin, bourgmestre (Centre Démocrate Humaniste) de Couvin

 

Traverser la forêt belge à 120 km/h

C’est le 20 août 2015 que les premiers coups de pelleteuses ont été donnés dans les collines belges entre Couvin et la frontière française. Le pari est en passe d’être réussi malgré des problèmes de terrassement liés à la nature du sol, les opérations de mise en place des talus creusés dans la colline et la construction de trois ouvrages d’art particulièrement imposants.
 
La nouvelle autoroute E4520/N5 en construction à travers les collines et les bois entre Couvin et Brûly. / © Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne
La nouvelle autoroute E4520/N5 en construction à travers les collines et les bois entre Couvin et Brûly. / © Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne
 


Passer sous le train, une idée à creuser

Pour terminer ce projet titanesque de 14 kilomètres au final commencé en 2011, un ouvrage d’environ 800 mètres de long intégrant un tunnel de 80 mètres est construit actuellement à Frasnes. Cette trémie permettra à l’E420 de passer sous les rails de la SNCB et de se connecter à la N5.
 
Héloïse Winandy, porte-parole de la Sofico en charge de la construction, devant l'ouvrage de Frasnes. / © Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne
Héloïse Winandy, porte-parole de la Sofico en charge de la construction, devant l'ouvrage de Frasnes. / © Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne

Il y a une demie-trémie qui est presque terminée […] Au courant du mois de juin 2019, nous allons pouvoir ouvrir ce tunnel avec une configuration d’une bande dans chaque sens. Mais les travaux ne sont pas terminés, il faudra réaliser le second tunnel qui sera opérationnel au second semestre 2020 et on aura là une circulation en deux fois deux bandes.
- Héloïse Winandy, porte-parole de la Sofico, en charge de la construction

Une fois les travaux achevés, on pourra relier Charleville-Mézières à Charleroi, entièrement par autoroute, en moins d'une heure contre 1h30 aujourd'hui.

Quand on aime, on ne compte pas

Le coût du contournement complet de Couvin est estimé à 130 millions d’euros hors TVA. Un investissement important pour la province de Namur et la Wallonie. Mais on comprend, en consultant quelques chiffres, que cette prouesse technique autoroutière a demandé de gros moyens pour sa réalisation :

  • 5 500 000 mètres cubes de terrassement
  • 300 000 mètres carrés de route en béton
  • 300 000 plants forestiers
  • 42 000 glissières de sécurité.
  • 30 000 mètres cubes de béton pour les ouvrages d’art
  • 28 000 mètres de clôtures
  • 36 ouvrages d’art

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