Ardennes : les parents manifestent contre la disparition de l'école de Vendresse

Les parents et le corps enseignant ont manifesté devant l'école de Vendresse (Ardennes), le jeudi 3 septembre. L'occasion de dénoncer la disparition de ses deux classes, abritant 44 élèves. Ce qui entraîne la fermeture de cette école située dans un village peuplé d'un peu moins de 500 âmes.

L'école de Vendresse (Ardennes) ferme ses portes : une véritable saignée pour les parents.
L'école de Vendresse (Ardennes) ferme ses portes : une véritable saignée pour les parents. © Daniel Samulczyk, France Télévisions
Il n'y aura pas de rentrée à Vendresse (Ardennes), en 2020. Les portes de cette école n'ouvriront plus : ses deux classes ont été transférées avec leurs 44 élèves au centre scolaire de Chémery-sur-Bar, la ville voisine. Un crèvecoeur pour la population locale, d'à peu près 500 habitantes et habitants. Une manifestation est donc organisée le jeudi 3 septembre, réunissant une trentaine de personnes.

Comme pour signifier à quel point cette fermeture est vue comme un drame humain, les anciennes photographies de classe ont été fixées sur les barrières séparent la cour de la rue de la Halle (voir sur la carte ci-dessous). Beaucoup sont en noir et blanc, preuve de l'ancienneté de l'établissement scolaire. Et de la douleur des familles voyant disparaître ce haut-lieu de leur histoire commune.
 
Cyrielle Alexandre est une maman d'élève. Elle prend la parole, des sanglots dans la voix. "Mes parents habitent La Cassine [lieu-dit au sein du village; ndlr] depuis bientôt 30 ans. L'école, je la connais... Je l'ai connue. Ma fille a eu la chance de la connaître une année. En CP. Maintenant, elle est repartie sur le pôle de Chémery. Avec mon mari, on est revenus vivre à Vendresse il y a cinq ans. Pour certains, ça prêtera sans doute à sourire. Alors que pour nous, parents et habitants, c'est un déchirement."

"Nous savons pertinemment que nous ne sommes pas les premiers, et ne serons certainement pas les derniers, à voir les grilles et les portes d'une école fermer. Dans ce pays qui, en toute connaissance de cause, et consciemment, fait mourir des villages entiers. Nous sommes tristes et en colère. Nous serions uniquement tristes si l'école fermait pour manque d'effectifs. Ce qui n'est pas du tout le cas."
 
Des générations d'élèves ont posé à l'école de Vendresse. Témoins d'une époque révolue.
Des générations d'élèves ont posé à l'école de Vendresse. Témoins d'une époque révolue. © Daniel Samulczyk, France Télévisions

 Il y avait en effet assez d'effectifs pour assurer la pérénnité de cette école, "des maîtresses et les locaux aussi". Cela n'aura pas été suffisant. Dommage pour cette école qui avait spécifiquement attiré des familles dans le village. Ludivine Jacquemard, autre maman d'élève, tient la banderole avec Cyrielle Alexandre pendant la marche qui a traversé le village. "On se mobilise car on aurait aimé entendre jouer nos enfants dans la cour de récré. Mais l'école est vide. Nos deux classes déplacées, on se mobilise pour honorer notre école. Elle a fonctionné depuis 1900 et elle vaut le coup qu'on se batte pour elle."

Thierry Mercier, premier adjoint de la maire de Vendresse, était présent pour apporter son soutien. "La commune d'à côté a investi de ses propres deniers sur un pôle scolaire. Elle a poussé les petites communes aux alentours à voter la fermeture de l'école au sein du Sivu [Syndicat intercommunal à vocation unique; ndlr]. On a la haine. Travailler au Sivu sera maintenant impossible... mais en sortir sera difficile aussi. On a un dossier administratif, on a pris un avocat : on va se battre." Vendresse n'a pas dit son dernier mot.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
manifestation social éducation société jeunesse famille